Le gouvernement du Québec a donné jeudi son feu vert à l'exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti, dans le golfe du Saint-Laurent, afin de réduire potentiellement sa dépendance énergétique.

Grande comme la Corse, cette île avec seulement 200 habitants et surtout occupée par 200.000 cerfs de Virginie, regorgerait de 30 à 40 milliards de barils de pétrole.

Le gouvernement québécois veut "favoriser l'indépendance énergétique du Québec", a déclaré Pauline Marois, première ministre du Québec lors d'une conférence de presse. La moitié du déficit commercial de la province sur les dix dernières années est à mettre au compte des achats de produits pétroliers.

"Nous devons réduire notre dépendance au pétrole étranger", a-t-elle ajouté en lançant cette exploration prévue pour l'été prochain avec des investissements publics et privés, dont la société para-pétrolière français Maurel et Prom.

Avec cet accord avec le privé, "le gouvernement du Québec reprend ses droits sur des ressources naturelles".

Pour l'île d'Anticosti, les deux sociétés Pétrolia et Corridor Ressources qui détiennent les droits de forage vont apporter ces droits dans une société commune détenue à 34,9% par la société publique Ressources Québec. Maurel et Prom, Pétrolia et Corridor Ressources détiendront chacun 21,7% de cette co-entreprise au capital de 100 millions de dollars canadiens (67 millions d'euros).

Si l'exploration devait se concrétiser par une mise en production, une autre société serait créée. Les retombées économiques potentielles pour le gouvernement pourraient atteindre 45 milliards de dollars canadiens sur trente ans, a indiqué le ministre québécois des Finances, Nicolas Marceau.

Il a ajouté que le montage financier permettrait "pour chaque dollar, 61 cents" de recettes pour le budget du Québec sous forme de redevances, impôts et de commercialisation.