"Nous devons reconstruire la ville sur la ville", a plaidé mercredi lors d'une conférence de presse la Confédération Construction (CC). 

Le secteur s'estimant "un atout majeur dans le débat sur le climat" a pour ambition d'être "innovant" et mise sur la rénovation du bâti. S'il propose des mesures concrètes pour contribuer à la transition énergétique, il demande aussi l'aide des autorités, tous niveaux confondus, et du secteur financier. La confédération qui souhaite ainsi prendre ses responsabilités envisage de rénover chaque année 2,5% du parc résidentiel, contre 0,6% actuellement.

Quelque 80% du parc actuel datent d'avant 1985 et "sa performance énergétique laisse donc à désirer", souligne la CC. Au total, 5,5 millions de logements sont responsables de 40% des émissions de gaz à effet de serre. "Arrêtons de construire toujours plus large sur des zones non bâties! Nous devons reconstruire la ville sur la ville. C'est ça qu'on veut aujourd'hui", s'emporte M. de Mûelenaere. "Nous ne nous sommes pas assez investis dans les travaux d'isolation par le passé", concède-t-il. "Il faut maintenant livrer un effort national."

Aucune politique n'a encore été conçue pour promouvoir ou soutenir la rénovation énergétique des bâtiments dans le secteur non résidentiel, regrette encore la confédération. "Le parc est globalement plus vieux que celui de nos voisins. Avec les anciens bassins industriels dans le Hainaut et Liège, le risque de ne pas être aux normes est grand", d'après le CEO.

La CC appelle également le gouvernement à élargir le système des véhicules de société à une option "budget voiture" ou "budget construction". Il présenterait les mêmes avantages fiscaux pour les employeurs et les travailleurs que le régime des voitures de société, mais ces derniers pourraient effectuer une construction ou une rénovation écoénergétiques.

"C'est une proposition bénéfique pour tous: l'employé, l'employeur, le climat, le gouvernement et budgétairement neutre. Nous devons travailler ensemble, avec la même vision", a souligné mercredi le CEO Robert de Mûelenaere, à l'occasion d'une conférence de presse.

La CC plaide en outre pour une généralisation à toute la Belgique du taux de 6% sur la démolition-reconstruction et la mise en place systématique d'un prêt écologique. "Les banques doivent aussi faire un effort en termes de crédit", estime le CEO.

Enfin, la digitalisation devrait permettre de réduire les coûts, à raison de 5 milliards d'euros par an, estime la CC. "Concrètement, le candidat devrait voir ses coûts de construction diminuer de 10 à 15%", grâce à l'utilisation, notamment, de maquettes numériques en 3D. "Les simulations permettent de diminuer les erreurs, les pertes de temps et les coûts de malfaçon. En réduisant les coûts de la construction, on peut répondre au défi de la payabilité de ce plan national de rénovation", a encore noté le patron de la coupole sectorielle.