Geert Bourgeois, le ministre-président flamand, a confirmé qu'un accord était proche.

Le gouvernement flamand a fait savoir mercredi à la ministre fédérale de l'Energie, Marie-Christine Marghem, qu'il était prêt à faire des "pas supplémentaires" en vue d'aboutir à un accord sur la répartition des efforts climatiques, a indiqué le ministre-président, Geert Bourgeois (N-VA), devant le parlement flamand. Le ministre-président a contesté les critiques selon lesquelles les discussions buteraient sur des détails. "Il ne s'agit pas de quelques millions mais de centaines de millions", a-t-il lancé. D'après lui, il importe donc que les chiffres soient établis de manière sûre et complète afin de déterminer clairement qui fait quoi. Trois points doivent être tranchés: les accords relatifs à l'énergie renouvelable, la répartition des recettes tirées des enchères et le financement de la politique climatique internationale.

"J'ai le sentiment que nous sommes proches d'un accord mais que l'on en est encore loin", a-t-il ajouté, pour le moins sibyllin.

M. Bourgeois n'a pas précisé ce que recouvraient les "pas supplémentaires" qu'il consent à faire. La séance a été chahutée et suspendue après que le sp.a a demandé la tenue d'un débat d'actualité pour obtenir plus explications du gouvernement. La requête a été refusée par la majorité qui n'a pas voulu compliquer encore les discussions entre les trois Régions et le pouvoir fédéral.

Les critiques de l'oppositions ont été rudes, à l'égard du gouvernement flamand mais encore plus de la N-VA. Des flèches sont aussi parties des bancs de la majorité. Le député Willem-Frederik Schiltz (Open Vld) a parlé d'une "farce" et appelé M. Bourgeois à laisser de côté sa "balance d'apothicaire" pour aboutir à un accord. "Nous sommes votre allié si vous renoncez aux petits jeux politiques", a-t-il déclaré. L'appel était semblable au CD&V auquel ces discussions ont déjà laissé un goût amer. A la fin octobre, la ministre flamande de l'Environnement, Joke Schauvliege (CD&V), a été désavouée par la N-VA alors qu'un projet d'accord venait de voir le jour.


Furlan : "La Wallonie peut fournir un nouvel effort d'énergie renouvelable si l'accord est contraignant"

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La Wallonie est d'accord de relever ses objectifs de production d'énergie renouvelable comme le demande la Flandre dans le cadre des négociations sur la répartition intra-belge de l'effort climatique pour 2020, à condition que l'accord soit contraignant, a affirmé mercredi le ministre wallon de l'Energie Paul Furlan à l'agence Belga. La Flandre a rejeté lundi soir une seconde proposition de compromis entre les trois Régions et le Fédéral et réclamé que chaque partie fournisse un effort supplémentaire.

"Nous voulons faire un pas de plus", a indiqué M. Furlan, interrogé par Belga peu avant l'ouverture de la séance plénière du parlement de Wallonie. Il veut ainsi montrer le "volontarisme" de la Wallonie pour sortir de la "guerre des tranchées" et parvenir à un accord climatique intra-belge.

"Nous y mettons toutefois une condition: que l'accord soit contraignant pour les différentes entités", a ajouté le ministre PS. M. Furlan estime cette demande logique dès lors que la Belgique se bat aux côtés de l'Europe pour imposer un accord contraignant pour l'ensemble de la planète dans le cadre de la conférence mondiale pour le climat de Paris.

Cette contrainte prendrait la forme d'un mécanisme de vérification accompagné de pénalités ou autres sanctions au cas où l'une des entités ne remplissait pas ses objectifs.

Intervenant dans l'après-midi devant les députés en séance plénière, M. Furlan a ajouté que la Wallonie devait pouvoir rester maîtresse des surplus dégagés, éventuellement pour une revente à l'étranger ou aux autres entités.

Il estime aussi que le Fédéral doit retirer sa condition de ne plus investir dans les "politiques et mesures" diverses (PAMs), du type soutien aux biocarburants ou déductibilité fiscale pour les investissements économiseurs d'énergie, qui contribuent à l'effort climatique hors GES (émissions de gaz à effet de serre) et production d'énergie renouvelable.

Sous ces conditions, la dernière proposition de la Flandre serait acceptable, a confirmé M. Furlan.

Il apparaissait en milieu d'après-midi que les services du ministre wallon avaient donc reçu la proposition flamande, transmise par le ministre-président flamand Geert Bourgeois au Premier ministre Charles Michel, avant de passer par l'administration fédérale puis seulement wallonne.

Pour la Wallonie, qui éprouve moins de difficultés que les autres entités en matière de production d'énergie renouvelable, l'aspect contraignant des objectifs intra-belges est important. Car si l'une des entités ne fournissait pas suffisamment d'effort et que la Belgique parvenait tout de même à atteindre les 13% de production d'énergie renouvelable en 2020, ce serait le sud du pays qui aurait fourni les coûteux efforts.

Et si au contraire l'objectif des 13% n'était pas atteint en raison d'efforts insuffisants des autres parties, les pour-cents à combler seraient encore répartis entre toutes les entités, la Wallonie devant assumer une nouvelle charge.