Bientôt un nouveau vaccin anti-cancer révolutionnaire en Belgique

Un laboratoire de recherche belge qui travaille sur l’immunothérapie vient d’être récompensé d’un Award pour ses recherches sur un vaccin révolutionnaire.

E.W.
Bientôt un nouveau vaccin anti-cancer révolutionnaire en Belgique
©Louis Reed / Unsplash

Un laboratoire de recherche belge qui travaille sur l’immunothérapie vient d’être récompensé d’un Award pour ses recherches sur un vaccin révolutionnaire.

Soutenir les scientifiques qui font progresser doucement mais sûrement la médecine, c’est tout l’objectif de la fondation AstraZeneca (du nom d’un laboratoire pharmaceutique) qui a pour mission première de "rapprocher la science de la société" , d’après le professeur Michel Goldman, son président. Cette année, les disciplines mises à l’honneur sont les maladies rares, la télémédecine dans le traitement des problèmes respiratoires, la santé mentale de l’enfant et l’oncologie.

Deux scientifiques liégeoises viennent de recevoir un AstraZeneca Foundation Award : l’une pour ses recherches sur la récupération après un coma, l’autre pour le développement d’une application révolutionnaire pour mieux traiter l’asthme sévère.

Un autre chercheur va bénéficier des 25 000 € offerts par l’Award et ses recherches sont extrêmement prometteuses concernant tous les types de cancer. Dans son laboratoire d’investigation et de thérapie de la mort cellulaire de l’UGent, Dmitri Krysko et son équipe se concentrent sur la mort des cellules cancéreuses. " En fait, dans ce laboratoire, nous avons découvert que certains types de thérapies anticancéreuses peuvent induire la mort cellulaire immunogène " , explique-t-il, ce qui signifie qu’en mourant, les cellules vont provoquer une réaction du système immunitaire " qui va déclencher l’immunité adaptative contre les cellules cancéreuses " .

Une avancée qui s’avère révolutionnaire : la mort cellulaire immunogène va créer une sorte d’armée de molécules capables d’éliminer le cancer. Le remède proviendra ainsi des cellules du patient lui-même et pourra être administré sous forme de vaccin. En affinant les recherches, le Dr Dmitri Krysko estime que cette méthode pourra être déclenchée pour certains types de cancer.

Des vaccins ont été testés avec succès sur les souris jusqu’à maintenant et " nous faisons maintenant des expériences in vitro sur des cellules dendritiques ( des cellules du système immunitaire, NdlR ) . Mais nous devons transférer nos connaissances sur les cellules humaines, les cellules cancéreuses primaires dérivées de cellules tumorales, et cela pourrait se produire○d’ici cinq ans. "

Et d’ici sept ans, la thérapie pourrait être au point pour l’humain. Plus si loin…

D'autres recherches ont également été récompensées

Un élastique pour venir à bout du trouble de l’attention !

Un élastique attaché au pied d’une chaise peut-il aider efficacement les enfants atteints de troubles déficitaires de l’attention avec hyperactivité à se concentrer davantage en classe ? Il semblerait que oui ! En tout cas, c’est ce qu’a mis en avant le laboratoire ADHDynamic situé à la KULeuven qui travaille sur ce trouble de santé mentale chez les enfants.

"Les enfants atteints du TDAH sont davantage motivés par les récompenses, cela les aide à être performants à un niveau optimal", explique la chercheuse Saskia Van der Oord. Elle et son équipe viennent de recevoir un Award de la Fondation AstraZeneca pour leurs recherches. Saskia Van der Oord explique que bien sûr "en classe, les enseignants disent souvent qu’il faut ‘rester assis sans bouger’, mais, peut-être que c’est contre-productif pour les enfants atteints du TDAH parce que lorsqu’ils bougent, ils peuvent se concentrer. C’est pourquoi nous avons testé un outil de facilitation de mouvement pour voir si quand ils bougent plus, ils sont plus performants." L’objectif étant d’aider à développer des traitements plus efficaces et non médicamenteux pour eux.

Une appli pour mieux traiter l’asthme 

L’asthme est une maladie très présente en Belgique : 10 % de la population est concernée. Dans les cas les plus graves, on parle d’asthme sévère, handicapant et dangereux pour le patient. Bien sûr, les problèmes respiratoires induits par cette maladie peuvent être calmés totalement ou amoindris par la prescription de corticoïdes à inhaler, ce sont les fameux "puffs" que les asthmatiques ont toujours avec eux. Mais ils n’améliorent pas l’état de tous les asthmatiques.

Pour mieux soigner chaque cas, il faut mieux le diagnostiquer.

Et c’est là qu’entrent en jeu les recherches de la chercheuse liégeoise Florence Schleich, pneumologue au CHU du Sart Tilman, récompensées cette année d’un AZ Foundation Award. Le docteur et son équipe ont mis au point une nouvelle méthode d’examen : un ballon que le patient doit remplir d’air en expirant. En analysant les composés organiques de cet air, les chercheurs peuvent déterminer précisément le type d’inflammation et prescrire le traitement adéquat. Actuellement, les analyses sont faites sur une machine qui prend presque une pièce entière… L’équipe liégeoise travaille au développement d’un boîtier que chaque pneumologue pourra avoir dans son cabinet !

Améliorer la récupération après un coma

Comment aider les personnes à mieux récupérer d’un coma ? Cet état où le patient n’est ni éveillé ni conscient concerne 50 nouveaux cas par an en Belgique en éveil non répondant et 100 en état de conscience minimale. La Fondation AstraZeneca a octroyé un Award aux recherches d’Olivia Gosseries, neuropsychologue au Coma Science Group (GIGA Consciousness) de l’ULiège, qui interviennent dans le domaine relevant des maladies rares que la Fondation soutient cette année.

Trouver des traitements qui aident ces patients à être plus conscients et à pouvoir interagir, c’est l’une des voies explorées. Ainsi, en janvier, l’équipe va lancer une étude sur les effets du Zolpidem. Ce somnifère bien connu produit un effet paradoxal chez 5 % des patients en conscience minimale : au lieu de les endormir, cela améliore leur état de conscience. Les chercheurs veulent comprendre ce qui se passe dans le cerveau lorsqu’il y a une réponse paradoxale.