"Les chercheurs se sont éloignés des fondamentaux, de la base de notre survie"

"Ce qui me marque, aujourd’hui, c’est l’état de peur et de fragilité de nos sociétés", confesse Didier Sicard lorsque nous lui demandons de réagir à chaud sur la crise sanitaire actuelle. " Le sentiment de surprise, comme si le risque et la guerre existaient toujours ‘chez les autres’ - en Syrie ou au Congo - et que notre société, qui se croit si confortable et puissante, faisait subitement l’expérience de sa vulnérabilité et de sa dépendance technologique." Cette pandémie n’a pourtant rien d’un événement fortuit ou surprenant. L’accélération permanente de nos sociétés, la destruction chronique de notre environnement, le dérèglement profond de la biodiversité et ses mécanismes créent un terrain idéal pour l’émergence et la multiplication des crises sanitaires de ce type. On le voit, on le sait, et curieusement, on s’y intéresse peu. Pour le spécialiste des maladies infectieuses et professeur émérite de La Sorbonne (Paris), la médecine et la recherche, elles-mêmes, négligent l’origine animale et environnementale des épidémies, alors que c’est précisément là que se trouvent les clés pour les éviter. Les animaux sont à l’origine des épidémies, mais, selon vous, on s’intéresse peu à la source…

"Les chercheurs se sont éloignés des fondamentaux, de la base de notre survie"
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Pour le spécialiste des maladies infectieuses et professeur émérite de La Sorbonne (Paris), la médecine et la recherche, elles-mêmes, négligent

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