"Le risque est tellement plus élevé maintenant qu'il ne l'était il y a seulement un an": le variant Delta, source d'inquiétude mondiale

L'OMS a invité ce samedi les personnes vaccinées à continuer à porter des masques et à appliquer les mesures de distanciation sociale.

A. Dms

Le variant Delta (autrefois appelé le variant indien), plus contagieux, inquiète. Déjà présent dans plusieurs pays d'Europe, ce variant aurait "le potentiel d'initier un rebond épidémique". En Belgique, il représentait la semaine dernière 6% des infections. "Nous sommes maintenant à 15,7% et tout laisse à penser que nous serons à plus de 20% la semaine prochaine", expliquait vendredi Yves Van Laethem. Le biostatisticien de la KULeuven Geert Molenberghs estime quant à lui que le variant Delta sera responsable de plus de 50% des nouvelles infections d’ici la semaine prochaine ou la semaine d’après.

Au Portugal, il est désormais devenu dominant après avoir provoqué un rebond du nombre des contaminations. Pour lutter contre la propagation de ce variant, de nouvelles restrictions ont été mises en place dans certaines villes du pays. "Il y a des régions où la situation, sur le plan du Covid-19, est préoccupante, mais dans d'autres ce n'est pas le cas", expliquait Augusto Santos Silva, le ministre des Affaires étrangères lors d'une conférence de presse.

Un variant extrêmement contagieux

Selon le Dr Jeannette Young, ministre de la santé du Queensland en Australie, le variant delta est particulièrement contagieux. "Avec ce variant, nous observons des contacts très brefs qui aboutissent malgré tout à une transmission. Au début de cette pandémie, j'ai parlé de 15 minutes de contact étroit comme étant une source de préoccupation. Aujourd'hui, on dirait que c'est cinq à dix secondes qui sont préoccupantes. Le risque est tellement plus élevé maintenant qu'il ne l'était il y a seulement un an", a-t-elle souligné.

Mais pour Hassan Vally, un épidémiologiste britannique, il n'y a pas de raison de s'inquiéter outre mesure. "Le variant se comporte de la même manière que le virus original", a-t-il déclaré à The Guardian. "Toutes les mêmes mesures de prévention comportementale (ndlr; gestes barrières, distanciation sociale, etc.) devraient fonctionner contre ce variant du virus si elles ont fonctionné contre la souche originale".

L'OMS appelle à la prudence

Face à la progression inévitable du variant Delta sur le continent, comment se protéger ? Selon le Dr Mariangela Simao, sous-directrice générale de l'OMS, "les gens doivent continuer à utiliser systématiquement des masques, à se trouver dans des espaces ventilés, à se laver les mains... la distanciation physique, éviter la promiscuité". "Cela continue d'être extrêmement important, même si vous êtes vacciné, lorsque la transmission au sein de la population a lieu", a-t-elle insisté.

"Les gens ne peuvent pas se sentir en sécurité simplement parce qu'ils ont reçu les deux doses. Ils doivent encore se protéger". Selon la sous-directrice générale de l'OMS, "le vaccin à lui seul n'arrêtera pas la transmission au sein de la population".

C'est pour cette raison que les responsables de l'OMS ont demandé aux personnes entièrement vaccinées de continuer à "jouer la sécurité". Autre argument : le taux de vaccination mondial. 

Un réel risque de nouvelles mutations

En effet, une grande partie du monde n'est toujours pas vaccinée et des variants hautement contagieux, comme le variant delta, se propagent dans de nombreux pays, provoquant des rebonds épidémiques.

En Belgique, la campagne se poursuit et le nombre de Belges vaccinés augmente de jour en jour : plus de 70% des Belges ont déjà reçu une première dose et 40% sont totalement vaccinés. Selon Our World in Data, 22,6% de la population mondiale ont reçu au moins une dose de vaccin contre le coronavirus, parmi lesquels 0,9% sont des personnes vivant dans des pays à faible revenu.


Face à ce taux encore trop bas, de nombreux épidémiologistes tirent la sonnette d'alarme. "Plus longtemps les pays à revenu faible ou intermédiaire ne seront pas en mesure de vacciner, plus le virus aura de chances de pénétrer chez des personnes immunodéprimées et d'apprendre à développer une méthode d'infection encore plus efficace", a déclaré la professeure australienne Mary-Louise McLaws dans une interview accordée à newsGP.

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