Coronavirus: cinq fois plus de contaminations aux Pays-Bas, la Grèce rend aussi obligatoire la vaccination des soignants

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AFP

La pandémie de Covid-19 a contribué à une envolée du nombre de personnes confrontées à la faim en 2020 et aura des effets à long terme sur la sécurité alimentaire mondiale, avertit l'agence des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation dans un rapport publié lundi. Cette aggravation de la faim dans le monde (+18% sur un an), la plus importante depuis au moins 15 ans, compromet plus que jamais l'objectif des Nations unies d'éradiquer la faim dans le monde d'ici 2030.

Europe

Pays-Bas

Quelque 8.522 personnes ont été testées positives au coronavirus entre dimanche et lundi matin aux Pays-Bas, soit cinq fois plus que lundi dernier, lorsque la tendance était déjà à la hausse, indique lundi l'Institut national de santé publique et de l'environnement (RIVM). Le bilan de lundi est légèrement inférieur à celui de dimanche, qui était de 9.369 tests positifs, selon les données corrigées. Samedi, le RIVM avait enregistré 10.281 nouveaux cas, le nombre le plus élevé depuis le 25 décembre.

Avec 1.407 nouveaux cas au cours des dernières 24 heures, la région d'Amsterdam-Amstelland est de loin celle qui présente le plus grand nombre d'infections. La plupart d'entre elles (1.154) ont été enregistrées dans la capitale-même. Elles étaient au nombre de 1.331 dimanche. Une hausse si soudaine n'avait encore jamais été constatée aux Pays-Bas depuis le début de la crise.

En raison de l'augmentation spectaculaire du nombre de contaminations, la moyenne sur sept jours est passée à 6.619. Cette moyenne était inférieure à 1.000 la semaine précédente. Cette hausse fulgurante fait suite à l'assouplissement de certaines mesures sanitaires et coïncide avec le développement du variant Delta, qui est, selon le RIVM, 40 à 60% plus contagieux que le variant Alpha. Le taux de positivité est lui passé à 14,5%, contre moins de 3% à la fin du mois de juin.

Actuellement, 213 patients Covid sont hospitalisés. 84 se trouvent dans des unités de soins intensifs.

Le RIVM n'a enregistré qu'un seul décès lié au coronavirus au cours des dernières 24 heures.

La Grèce

La Grèce va rendre obligatoire la vaccination des soignants et du personnel des maisons de retraite contre le Covid-19, a annoncé lundi le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis dans une allocution à la Nation. La vaccination devient obligatoire à partir du 1er septembre pour les soignants, a précisé M. Mitsotakis.

Les employés des maisons de retraite devront être vaccinés au plus tard le 16 août, faute de quoi ils "seront mis en arrêt temporaire", a-t-il ajouté.

Le gouvernement grec a décidé de prendre des mesures afin d'encourager le plus grand nombre de personnes à se faire vacciner face à la propagation du variant Delta du coronavirus, alors que 99% des malades intubés dans les hôpitaux sont des personnes non vaccinées.

Dès mardi, la vaccination sera ouverte aux 15-17 ans avec le vaccin du laboratoire Pfizer.

Trois Grecs sur quatre de plus de 60 ans sont actuellement vaccinés, a rappelé le Premier ministre. 4,3 millions de personnes sont entièrement vaccinées en Grèce sur une population de 10,7 millions d'habitants.

"Le pays ne va pas se refermer à cause de l'attitude de certains", a insisté Kyriakos Mitsotakis.

À partir de vendredi, et jusqu'à fin août, les lieux de divertissement, les bars, les cinémas et théâtres, et tous les lieux fermés, accueilleront uniquement des personnes vaccinées.

"Nous pouvons fermer aujourd'hui le dernier chapitre de la crise sanitaire, si seulement chacun possède à son bras le vaccin de la liberté", a conclu le Premier ministre.

Lundi, la Grèce a recensé environ 2.000 nouveaux cas de coronavirus contre seulement 800 il y a tout juste une semaine.

Plus de 12.000 personnes sont mortes du coronavirus dans le pays.

Royaume-Uni

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'apprête à confirmer lundi la levée de l'essentiel des dernières restrictions liées au coronavirus en Angleterre la semaine prochaine, déterminé à "restaurer les libertés", tout en appelant à la prudence face à l'augmentation des cas liée au variant Delta.


Le dirigeant conservateur doit tenir une conférence de presse en fin d'après-midi et confirmer qu'à partir du 19 juillet le télétravail ne sera plus recommandé, que les salles de spectacles et les stades pourront ouvrir à pleine capacité et que les discothèques pourront de nouveau accueillir du public.

Le port du masque et la distanciation sociale ne seront plus obligatoires, malgré l'inquiétude d'une partie de la communauté scientifique face à l'envolée des contaminations attribuées au variant Delta qui dépassent les 30.000 chaque jour.

Cette grande étape du déconfinement était initialement prévue le 21 juin mais avait été repoussée en raison de la reprise des contaminations.

Boris Johnson estime cependant que le moment est venu de se reposer sur la responsabilité individuelle de chacun plutôt que d'imposer des règles.

Il a toutefois prévenu en amont de sa conférence de presse que cette nouvelle étape "doit être assortie d'un avertissement".

Même si la campagne de vaccination débutée début décembre a permis d' "affaiblir" le lien entre les cas, les hospitalisations et les décès, "la pandémie mondiale n'est pas encore terminée", a déclaré Boris Johnson dans un communiqué.

"Les cas vont augmenter au fur et à mesure que nous déconfinerons, donc au moment où nous confirmons nos plans aujourd'hui, notre message sera clair. La prudence est absolument vitale", a souligné le chef du gouvernement.

Plus de 128.000 personnes sont mortes du Covid-19 au Royaume-Uni, le pire bilan en Europe après la Russie. La campagne de vaccination a permis à 87% des adultes britanniques de recevoir une première dose et 66% d'être complètement vaccinés mais elle montre des signes d'essoufflement, en particulier chez les jeunes adultes.

La décision du gouvernement d'autoriser plus de 60.000 fans de football à assister à la finale de l'Euro dimanche entre l'Angleterre et l'Italie au stade de Wembley, à Londres, a aussi nourri des inquiétudes quant à son impact en termes de contaminations.

Au Royaume-Uni, chaque nation décide de son propre calendrier face à la crise sanitaire. L'Écosse, le Pays de Galles et l'Irlande du Nord ont opté pour une levée plus lente des restrictions.

Asie

Thaïlande

Plus de 10 millions de personnes sont placées depuis lundi matin sous restrictions sanitaires renforcées et devront respecter un couvre-feu nocturne à partir de lundi soir à Bangkok, la Thaïlande étant confrontée à un pic épidémique sans précédent depuis l'apparition du Covid-19. A ce jour, le royaume totalise officiellement 345.027 cas de Covid-19 et 2.791 décès, dont l'essentiel provient de la vague actuelle apparue en avril à cause des variants Alpha et Delta.

Partie d'établissements de nuit d'un quartier huppé de Bangkok, l'épidémie s'est propagée rapidement et a profité d'un retard dans le lancement de la vaccination et d'une capacité limitée à tester la population.

"La situation est préoccupante", a déclaré le ministre de la Santé, Anutin Charnvirakul lundi. "La souche Delta s'est propagée" à plusieurs provinces.

Les autorités enquêtent sur des cas de double contamination aux variants Alpha et Delta.

Des barrages de police ont été installés dans Bangkok dans la nuit pour vérifier le respect des restrictions de déplacement, interdits entre 21H00 et 04H00 sauf urgence.

Les rassemblements de plus de cinq personnes sont interdits et le télétravail encouragé. Les transports publics seront fermés à partir de 21H00 chaque soir et les centres commerciaux à 20H00.

Le pays a par ailleurs revu sa stratégie vaccinale lundi et va combiner le vaccin chinois Sinovac avec l'anglais AstraZeneca, dans le but d'enrayer la propagation rapide des variants Alpha et Delta.

Les soignants ont commencé à être vaccinés avec Sinovac depuis février en Thaïlande, mais dimanche les autorités ont annoncé que 880 d'entre eux avaient été contaminés malgré leur vaccination. Une infirmière est décédée.

Le personnel médical qui avait déjà reçu deux doses de Sinovac recevra une troisième injection, avec du vaccin AstraZeneca ou du Pfizer, dont des doses doivent arriver prochainement en Thaïlande, envoyées par les Etats-Unis.

Ces nouvelles mesures interviennent alors que le pays, destination touristique majeure avant la crise, a partiellement rouvert ses portes aux voyageurs internationaux le 1er juillet.

Le tourisme représente près d'un cinquième de l'économie du royaume. Avant la fermeture des frontières en mars 2020, 40 millions de voyageurs se rendaient chaque année en Thaïlande.

De grands espoirs ont été placés dans ce que le gouvernement a baptisé le "bac à sable de Phuket", un modèle qui permet à des voyageurs complètement vaccinés de séjourner sur cette île paradisiaque sans passer par une quarantaine.

Le gouvernement thaïlandais a annoncé le mois dernier son intention de rouvrir tout le pays aux visiteurs entièrement vaccinés en octobre.