Face au variant Delta, "devant la gravité de la situation pour les patients immunodéprimés, l'attentisme n'est plus de mise"

Face au variant Delta, "devant la gravité de la situation pour les patients immunodéprimés, l’attentisme n’est plus de mise" estime le Pr Michel Goldman, professeur en immunologie à l'ULB, qui alerte une fois encore sur les mesures à prendre prioritaire ment et sans tarder à l'égard de ces patients. De qui parle-t-on au juste? Et quelles sont les mesures à prendre d'urgence?

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© afp

Face au variant Delta, "devant la gravité de la situation pour les patients immunodéprimés, l’attentisme n’est plus de mise" estime le Pr Michel Goldman, professeur en immunologie à l'ULB, qui alerte une fois encore sur les mesures à prendre prioritaire ment et sans tarder à l'égard de ces patients.

"Il s’agit non seulement des patients sous dialyse mais aussi de tous les patients dont le système immunitaire est profondément affaibli suite à une transplantation d’organes ou de cellules, un traitement immunosuppresseur administré pour une maladie inflammatoire chronique (sclérose en plaques, arthrite rhumatoïde, entéropathie de Crohn), une immunodéficience sévère.. En Belgique, leur nombre peut être estimé à 40 000 au minimum".

Une réponse vaccinale déficiente

Ces patients se retrouvent en effet particulièrement démunis face au variant Delta dans la mesure où, malgré une vaccination complète à deux doses, leur réponse au vaccin se révèle souvent très faible: parmi les patients greffés, 60% ne développent pas d’anticorps malgré une vaccination considérée comme complète.
"Cette réponse vaccinale déficiente est d’autant plus préoccupante que ces patients sont à haut risque de développer des formes graves avec un taux de mortalité élevé qui peut atteindre 30% lorsqu’une hospitalisation est nécessaire", ajoute l'immunologue.

Que faire en pratique? Pour le Pr Goldman, face à l’augmentation des contaminations par le variant Delta, qui risque bien de s’amplifier encore dans les semaines à venir, "il s’agit aussi de proposer des solutions à ceux qui, bien que vaccinés, restent hautement vulnérables. Les mesures à considérer rapidement consistent à administrer sans attendre une troisième dose de vaccin à ARN messager chez ces patients, comme cela se pratique en Israël et en France. Chez les patients greffés, cette troisième dose fait monter le pourcentage des répondeurs de 40 à 70 %. Il faut aussi assurer leur protection en faisant porter le masque et respecter strictement les gestes barrière dans leur environnement immédiat. Enfin, il est nécessaire de pratiquer un test PCR au moindre symptôme suggestif. En cas de positivité, on devra envisager un traitement urgent par un anticorps monoclonal adapté. Quatre des cinq traitements anti-Covid que la Commission Européenne prévoit d’approuver à l’automne sont des traitements de ce type".

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