Un épidémiologiste américain met en garde: "Nous sommes plus proches du début de la pandémie que de la fin"

Larry Brilliant, un éminent épidémiologiste américain, a appelé à mettre les bouchées doubles dans la vaccination à l'échelle mondiale. Selon lui, avec seulement 15% de la population mondiale vaccinée, on est encore loin de mettre un point final à cette crise sanitaire.

Un épidémiologiste américain met en garde: "Nous sommes plus proches du début de la pandémie que de la fin"
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M.R.

Tandis que les contaminations et les hospitalisations sont à nouveau à la hausse dans de nombreux pays européens, les autorités se livrent à une véritable course contre-la-montre pour vacciner leur population. D'autant plus que des scientifiques américains ont tiré la sonnette d'alarme la semaine dernière au sujet du variant delta, qu'ils ont estimé être "aussi contagieux que la varicelle". La mutation du coronavirus, devenue dominante sur le Vieux continent, agirait selon eux comme "un nouveau virus". Ce qu'a confirmé Larry Brilliant, un éminent épidémiologiste américain, qui a notamment participé avec une équipe de l'OMS à éradiquer la variole. "Je pense que le variant delta est peut-être le virus le plus contagieux de tous les temps", a-t-il mis en garde sur CNBC.

Si l'efficacité des vaccins face à la mutation du coronavirus a quelque peu rassuré l'expert, il n'a toutefois pas manqué de souligner que les taux de vaccination étaient loin d'être suffisants actuellement. "Je pense que nous sommes plus proches du début de la pandémie que de la fin", a regretté M. Brilliant. "(...) A moins que tout le monde ne soit vacciné bientôt, de nouveaux variants continueront de voir le jour."

Eviter l'arrivée d'un "super variant"

C'est pourquoi il ne s'est pas montré favorable à la demande de l'OMS de confier les doses prévues pour une éventuelle troisième injection aux pays les plus pauvres. Pour l'épidémiologiste américain, il est tout aussi important désormais de vacciner une troisième fois les personnes âgées et à risque. "C'est précisément dans ces groupes de personnes que les mutations apparaissent, comme l'ont montré des études. C'est pourquoi je pense qu'il faut leur injecter une troisième dose dès que possible", a-t-il ajouté.

Mais il a tout de même insisté sur la nécessité de vacciner le monde entier. Surtout si l'on veut empêcher l'arrivée d'un "super variant" du coronavirus qui résisterait aux vaccins. "Nous devons faire tout notre possible pour éviter une telle chose, ce serait catastrophique si cela venait à se produire. Cela signifie donc qu'il faut vacciner tout le monde."

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