56% des 12-17 ans ont déjà reçu une dose de vaccin: "On peut s'interroger sur cet effort peu proportionnel à la situation globale"

La vaccination connaît un certain succès auprès des adolescents.

56% des 12-17 ans ont déjà reçu une dose de vaccin: "On peut s'interroger sur cet effort peu proportionnel à la situation globale"
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E.L

Il y a un mois, le 9 juillet dernier, le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) autorisait la vaccination des adolescents (12-17 ans) en Belgique, moyennant l'autorisation des parents pour les 12-15 ans.

Depuis lors, plus d'un jeune Belge sur deux a déjà reçu une première dose de vaccin Pfizer ou Moderna. En effet, selon les données publiées ce mardi par Sciensano, plus de 440.000 jeunes âgés de 12 à 17 ans en Belgique sont partiellement vaccinés, soit 56% de cette tranche d'âge. 125.000 d'entre eux se sont déjà vu administrer leurs deux doses, soit 16% de la population totale des 12-17 ans.

Disparités régionales

Des chiffres encourageants, mais qui varient toutefois selon les différentes régions du pays. A l'instar des autres tranches d'âge, c'est la Flandre qui fait la course en tête et qui comptabilise le plus de jeunes vaccinés: près de deux tiers d'entre eux ont déjà reçu une première injection, plus précisément 61,4% des 12-15 ans et 78,6% des 16-17 ans. Des chiffres particulièrement élevés comparé à la Wallonie, où près de la moitié des adolescents sont partiellement vaccinés, mais surtout par rapport à Bruxelles. Dans la capitale, seuls 18% des 12-17 ans sont partiellement vaccinés, et moins de 14% des 12-15 ans.

Malgré ces disparités régionales, force est de constater que la vaccination séduit globalement les plus jeunes. Un constat duquel on peut forcément se réjouir, mais qui pose également question.

"Peu de bénéfice individuel"

Dans son rapport publié en juillet dernier, le Conseil Supérieur de la Santé indiquait en effet que la vaccination des adolescents n'apportait que "peu de bénéfice individuel". Le risque d'hospitalisation ou de décès chez ces jeunes tranches d'âge n'étant que très faible, la vaccination n'est donc pas réellement bénéfique à titre personnel, mais peut s'avérer utile dans une démarche globale "pour participer à limiter la circulation du virus de manière générale dans la population et donc protéger des personnes plus fragiles".

Le CSS s'interrogeait dès lors sur le caractère éthique de cette vaccination de masse des adolescents dans les pays développés, "alors que la majorité des patients âgés et fragiles ne sont pas encore vaccinés dans le reste du monde". Une interrogation que partage également le professeur de Santé publique, Yves Coppieters. "On peut s’interroger sur cet effort peu proportionnel à la situation globale où tant de personnes à risque dans le monde ont besoin de vaccins", écrivait-il ce mardi soir sur Twitter.

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