Les purificateurs d'air bon marché peuvent-ils réduire la propagation du Covid-19 dans les hôpitaux ?

Une étude réalisée par des chercheurs australiens semble démontrer leur efficacité.

Les purificateurs d'air bon marché peuvent-ils réduire la propagation du Covid-19 dans les hôpitaux ?
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On le sait depuis plusieurs mois déjà : le Covid-19 est un virus qui se transmet par voie aérienne. C'est la raison pour laquelle, depuis le 19 juillet, des compteurs de CO2 sont requis dans les lieux belges à forte fréquentation tels que les établissements de soins, les salles de sports et centres de fitness, les coiffeurs et les établissements de restauration. Les experts préconisent en effet la ventilation pour limiter les risques de contamination en intérieur.

En plus de l'aération, une autre solution est choisie par de nombreux restaurateurs : les purificateurs d'air. Et tous ne se valent pas: le décret ventilation précise d'ailleurs les technologies acceptées. "L'avantage de l'arrêté, c'est qu'il élimine les cow-boys", expliquait en juin Guillaume Ooms, manager de Genano en Belgique, qui a notamment aidé la Task Force ventilation dans la mise en place de l'arrêté ventilation. "Depuis plusieurs mois, on s'arrache les cheveux quand on voit ce qui se vend à bas coût sur le web, on lit que pour 100 euros on peut avoir une efficacité de 100 % sur le Covid, c'est totalement faux."

Des purificateurs d'air domestiques dans les chambres ?

Une équipe de chercheurs australiens a décidé d'étudier l'efficacité des purificateurs d'air domestiques bon marchés, relate le média Financial Review. Selon eux, ceux-ci pourraient contribuer à limiter la propagation du Covid-19 dans les hôpitaux, au sein desquels de nombreux professionnels de santé avaient été infectés lors de la deuxième vague de coronavirus à Melbourne, au milieu de l'année 2020.

Publiée dans la revue Infection Control and Hospital Epidemiology, l'étude a suivi le flux d'air et le mouvement des particules aérosols au sein d'un service de Covid au Royal Melbourne Hospital. Et les résultats sont édifiants. En effet, 99% des aérosols seraient éliminés en moins de 6 minutes avec seulement deux petits purificateurs d'air domestiques, dans une chambre d'un service hospitalier. L'air sortant de la chambre du patient étant beaucoup moins chargé en aérosols, le risque d'infection pour le personnel des zones cliniques environnantes serait réduit.

Selon la responsable de l'étude, Kirsty Buising, du Victorian Infectious Diseases Service, les purificateurs d'air élimineraient les aérosols avant qu'ils ne puissent quitter la chambre du patient. Ils ont donc été testés pour voir s'ils pouvaient protéger le personnel à l'intérieur et à l'extérieur des chambres des patients.

"Alors que le système de chauffage, de ventilation et de climatisation de l'hôpital éliminait les aérosols de l'espace clinique, nous avons constaté qu'en ajoutant des purificateurs d'air portables dans le service, nous pouvions réduire de manière significative le temps nécessaire à l'élimination des aérosols, et donc contribuer à rendre l'espace plus sûr pour le personnel", a-t-elle déclaré.

Sur la base de ces résultats encourageants, l'hôpital a adopté des épurateurs d'air pour les patients dont la présence de COVID-19 est suspectée ou confirmée. Les machines sont nettoyées à l'extérieur avec des lingettes spéciales, et les ingénieurs ne retirent les filtres des machines qu'après le départ d'un patient.