"Dangereux sur papier", "des vaccins moins efficaces contre lui mais c'est logique": ce que l'on sait du nouveau variant au taux de mutation "inhabituel"

Le variant, connu sous le nom de C.1.2., commence à faire parler de lui.

"Dangereux sur papier", "des vaccins moins efficaces contre lui mais c'est logique": ce que l'on sait du nouveau variant au taux de mutation "inhabituel"
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Des scientifiques sud-africains surveillent un nouveau variant du coronavirus possédant un taux de mutation inhabituel et dont la fréquence a graduellement augmenté ces derniers mois. Ce variant, connu sous le nom de C.1.2., muterait presque deux fois plus vite que les autres variants déjà observés. Il pourrait donc être plus contagieux et échapper plus facilement à l'immunité acquise avec le vaccin ou une précédente contamination au Covid.

S'il a été détecté dans toutes les provinces d'Afrique du Sud ainsi que dans des pays comme la Chine, l'Île Maurice, la Nouvelle-Zélande, la RDC, la Suisse, le Portugal ou le Royaume-Uni, ce variant n'est pas encore assez fréquent, selon les scientifiques, pour être qualifié de "variant digne d'intérêt" ou de "variant inquiétant".

"Dangereux sur papier, mais pas dans la pratique"

Tom Wenseleers, professeur de biostatistique à la KULeuven, a été interrogé au sujet de ce nouveau variant par nos confrères du Nieuwsblad et de Gazet van Antwerpen. S'il admet la dangerosité de ce nouveau variant, le scientifique n'est pas encore inquiet: "Sur papier, cela semble être un variant dangereux, mais dans la pratique, ce n'est pas le cas. J'étudie toutes ces variantes de près et selon mes calculs, ce virus aurait déjà dû avoir un impact plus important que celui qu'il a eu jusqu'à présent. On voit par exemple qu'il n'a pas pris le pas sur le variant delta, qui domine toujours dans la plupart des pays du monde."

Car en virologie règne aussi la loi du plus fort. "Le variant qui présente un pouvoir évolutif plus important par rapport aux variants existants prendra le dessus", explique Tom Wenseleers. "Or, avec ma méthode de calcul, seuls deux variants se détachent: le variant alpha [variant britannique] et surtout le variant delta [variant indien], variant dominant actuellement." Le professeur précise toutefois qu'"avec cette méthode de calcul, il y a un petit décalage car le variant est déjà en train de progresser. Mais jusqu'à présent, il n'y a pas d'autre méthode plus fiable".

Et à l'avenir ?

Mais alors, à quoi faut-il s'attendre avec ce nouveau variant C.1.2.? "La génétique de ce variant semble suggérer que les vaccins seront moins efficaces contre lui. C'est logique", explique Tom Wenseleers. "Les anticorps qui ont été constitués ne reconnaissent pas aussi bien le nouveau virus. Dans le cas du C.1.2., il n'y a pas encore d'avantage évolutif [c'est-à-dire d'importantes mutations qui pourraient lui permettre de se propager plus efficacement par exemple], mais nous voyons souvent que lorsqu'un virus fait un grand bond, qu'à partir de ce moment-là, il peut produire de nouvelles mutations et donc de nouvelles façons de devenir dominant."Des mutations qui peuvent alors devenir plus dangereuses.

Bref, s'il ne faut pas encore dramatiser au sujet du variant C.1.2., il est tout de même important de bien le tenir à l'oeil les prochains mois...