Se faire injecter une troisième dose ? Cela ne serait pas nécessaire selon plusieurs experts internationaux

Le troisième piqûre de vaccin ne serait pas nécessaire et nuirait à la confiance envers les vaccins, suggèrent certains experts internationaux.

Se faire injecter une troisième dose ? Cela ne serait pas nécessaire selon plusieurs experts internationaux
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M.Ch

Selon plusieurs internationaux, il n'est plus nécessaire d'administrer à un grand groupe de personnes une troisième dose de vaccin anti-corona. D'après eux les risques seraient même plus importants que les avantages attendus.

C'est ce qu'écrit un groupe d'experts internationaux, associés entre autre à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et à l'autorité américaine chargée des médicaments, la FDA, dans la revue professionnelle The Lancet. Cette troisième dose pourrait même être nocive pour la confiance à l'égard des deux premières doses.

Les différents arguments des experts

Les scientifiques affirment que les vaccins actuellement administrés offrent toujours une excellente protection, notamment contre les formes graves de coronavirus. Les éléments indiquent que la réduction de l'efficacité du vaccin est assez faible.

"Les données actuelles montrent donc qu'il n'est pas nécessaire de procéder à une vaccination supplémentaire de la population générale, chez qui l'efficacité contre les maladies graves reste élevée. Les gouvernements pourraient toutefois envisager une vaccination supplémentaire de certains groupes de patients vulnérables dans des 'circonstances spécifiques'. Mais même pour cela, il faut d'abord approfondir la recherche", disent les experts.

Une autre raison importante pour s'opposer à la troisième injection est la pénurie mondiale de vaccins. "L'offre limitée de vaccins sauvera plus de vies si elle est mise à la disposition des personnes qui présentent un risque important de maladie grave et qui n'ont pas encore eu l'occasion de recevoir le vaccin", a déclaré le groupe d'experts. Pour cette raison, l'OMS a également demandé le mois dernier l'interdiction des troisièmes injections au moins jusqu'à la fin du mois de septembre.

Ensuite la troisième raison avancée par les experts est en rapport avec les résultats de l'étude israélienne. Ils se montrent sceptiques quant à la recherche israélienne, en étroite collaboration avec le fabricant Pfizer, qui présenterait de nombreux vices.

Le groupe fait table rase de la conclusion israélienne souvent citée selon laquelle les vaccins fonctionnent moins bien avec le temps. Les experts analysent que ce n'est pas du tout le cas. Le rapport israélien récemment publié, selon lequel les personnes seraient cinq à six fois mieux protégées après une troisième injection, est également rejeté par ces scientifiques "il est beaucoup trop tôt pour se prononcer", écrivent-ils.

Pour terminer leur rapport, les experts alarment sur la répétition des doses. "Le message selon lequel les rappels sont nécessaires rapidement peut avoir un impact négatif sur la confiance envers les vaccins et miner la communication sur la valeur de la première et de la deuxième injection", disent-ils.

Il semblerait aussi que la troisième injection puisse provoquer des effets secondaires supplémentaires : par exemple, l'effet secondaire rare qu'est l'inflammation cardiaque (myocardite) est plus fréquemment observé après la deuxième injection qu'après la première.

Une pression politique ?

Il est intéressant de noter que deux des auteurs (Krause et Marion Gruber) de ce rapport, ont occupé des postes à responsabilité au sein de la FDA américaine et ont donc été étroitement associés à l'approbation des vaccins contre le coronavirus. À la fin du mois dernier, le duo d'experts a soudainement décidé de quitter le service, peu après une annonce de la Maison Blanche concernant la volonté de distribuer une troisième dose.

L'article paru dans The Lancet, dont Krause était l'auteur principal, semble confirmer que les deux personnes ont démissionné sous la pression politique. Après tout, Joe Biden a déjà décidé de la troisième dose alors que la FDA travaillait encore en coulisses à l'élaboration d'un avis sur la question, écartant ainsi de fait son autorité en matière de médicaments.

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