Faut-il s'inquiéter du nouveau sous-variant, la souche "la plus contagieuse depuis le début de l'épidémie" ? L'avis de Marc Van Ranst

Ce nouveau variant est-il inquiétant? Elements de réponse.

La Rédaction (avec Agences)

Le gouvernement britannique, confronté à une hausse des contaminations au Covid-19, a indiqué mardi "surveiller de très près" un nouveau sous-variant se propageant au Royaume-Uni, sans qu'il soit établi en l'état s'il est plus contagieux. Ce variant "AY4.2" est un sous-variant du très contagieux Delta apparu initialement en Inde et qui avait provoqué une reprise de l'épidémie en fin de printemps et début d'été.

L'émergence de ce nouveau sous-variant malgré la très forte contagiosité du Delta ayant tendance à écarter les nouvelles souches fait toutefois craindre une transmissibilité encore plus forte.

Ce nouveau sous-variant AY4.2 est quasi-inexistant en dehors du Royaume-Uni, mis à part trois cas aux États-Unis, quelques autres au Danemark ou encore un premier cas dernièrement enregistré en Israël. Dans ce dernier cas, il s'agit d'un enfant de 11 ans en provenance d'Europe et qui était porteur du sous-variant. Il a été identifié à l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv et a été mis en quarantaine.

Faut-il s'inquiéter? Marc Van Ranst répond

Ce variant "AY4.2" est-il susceptible d'être la souche de coronavirus la plus contagieuse? Selon les premières études, il serait en effet 10 à 15% plus contagieux que la souche delta d'origine. François Balloux, directeur général de l'University College London Genetics Institute, s'est confié dans le journal économique britannique Financial Times et a évoqué "la souche de coronavirus la plus contagieuse depuis le début de la pandémie". L'expert estime d'ailleurs possible que cette souche devienne bientôt un variant à part entière, avec sa propre lettre grecque attribuée par les scientifiques de l'OMS.

Interrogé par nos confrères du Het Laatste Nieuws, Marc Van Ranst précise que pour l'instant, aucune trace de la souche AY4.2 n'a été découverte en Belgique. "Pour le moment, on ne sait pas encore ce que nous devons vraiment en penser", déclare-t-il. "Il s'agit d'un sous-variant au sein du variant delta, pas encore d'un variant à part entière".

Quant à la possibilité que ce sous-variant soit encore plus contagieux, le virologue flamand explique: "Les virus s'efforcent d'optimiser la contagiosité. Par exemple, le variant alpha était plus contagieux que le variant original de Wuhan. Des variants qui n'étaient pas beaucoup plus contagieux - tels que le variant bêta et le variant gamma - ont été complètement éliminés par le variant delta. Et dans ce variant delta, vous avez des sous-types qui seront encore plus contagieux en raison d'un changement d'acide aminé. Si tel est le cas, ils finiront également par s'imposer. Puis progressivement - si la différence est faible - ou plus rapidement - si la différence est grande - ils remplaceront les autres. C'est littéralement la loi du plus fort."

Van Ranst, qui rappelle qu'une contagiosité plus importante ne signifie pas que la maladie sera plus sévère, estime qu'il sera difficile de contrer ce nouveau sous-variant: "La chance est mince vu qu'il se transmet par voie aérienne ou respiratoire. Il est difficile de maîtriser cela à 100 %. Vous pourrez le ralentir, mais pas l'arrêter."

Le virologue reste toutefois optimiste car pour l'instant, rien ne prouve que cette souche affectera l'efficacité du vaccin. Et Van Ranst de conclure: "C'est la marque de fabrique des virus, qu'ils changent constamment. Cependant, la plupart des changements ne mènent à rien. Et ils disparaissent à nouveau."