Coronavirus : Reprise épidémique en France, le gouvernement allemand favorable à une généralisation de la 3e dose

L'Europe est en proie a une reprise épidémique. Un point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19

Coronavirus : Reprise épidémique en France, le gouvernement allemand favorable à une généralisation de la 3e dose
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AFP

"Le gouvernement fédéral et les gouvernements des États-régions sont d'accord pour que toute personne ayant reçu sa deuxième (dose de) vaccination il y a six mois ou plus puisse bénéficier d'un rappel" avec une troisième dose, a indiqué le ministre de la Santé, Jens Spahn, lors d'une conférence de presse.

Le ministre du gouvernement d'Angela Merkel s'exprimait à l'issue d'un sommet, organisé sur deux jours en Bavière, avec les ministres de la Santé des 16 Länder allemands.

Le gouvernement allemand et les régions ont plaidé vendredi pour une généralisation de la troisième dose de vaccin anti-Covid pour faire face à l'intense reprise de la pandémie dans le pays. Personnes âgées, patients atteints d'autres pathologies et personnels soignants devraient selon lui être prioritaires mais au final, c'est l'ensemble de la population éligible aux vaccins anti-Covid qui devrait bénéficier d'une troisième dose.

"Les rappels après six mois doivent devenir la règle, et non l'exception", a-t-il martelé. La vaccination de rappel est actuellement conseillée pour les plus de 70 ans par la commission vaccinale.

"La quatrième vague a clairement pris de la vitesse et frappe de plein fouet", a mis en garde le ministre.

L'Allemagne a enregistré vendredi un nouveau record quotidien de nouvelles infections recensées avec 37.120 cas déclarés en 24 heures, selon l'institut de veille sanitaire Robert Koch (RKI).

"Nous avons des semaines difficiles devant nous", a prévenu le ministre, chargé d'expédier les affaires courantes dans l'attente de la formation d'une nouvelle coalition dans les prochaines semaines.

"Nous avons les outils en main pour briser la vague", a fait valoir M. Spahn en allusion aux vaccinations.

Selon les derniers chiffres du RKI, 55,7 millions de personnes ont reçu deux doses de vaccins, soit 67% de la population.

La reprise épidémique se confirme en France

Baisse des températures, vaccination qui plafonne, relâchement des gestes barrières : les conditions sont réunies pour favoriser une reprise épidémique qui se confirme en France, après avoir déjà gagné une bonne partie de l'Europe.

"Toutes les régions sont touchées", résume Patrick Rolland, de la direction des régions de Santé publique France.

Jeudi, l'agence nationale de santé publique faisait ainsi état de 9.502 nouveaux cas et d'un taux de positivité de 2,2% sur les sept derniers jours. Une semaine auparavant ce taux, qui mesure la proportions de cas parmi les personnes testées, n'était que de 1,8%.

Cette reprise s'est amorcée depuis le mois dernier, comme en témoignent d'autres indicateurs. La semaine du 25 octobre, le taux d'incidence, qui rapporte le nombre de nouveaux cas à l'ensemble de la population, s'inscrivait déjà en hausse de 12% par rapport à la semaine précédente.

"Ce taux d'incidence est en hausse pour la troisième semaine consécutive", précise à l'AFP Nicolas Methy, épidémiologiste à Santé Publique France.

Autre indicateur clé : le taux de reproduction, qui mesure le nombre moyen de cas secondaires provoqués par une seule personne infectée, est "au-dessus de 1" depuis trois semaines également, un seuil qui marque une relance de l'épidémie.

Le masque est d'ailleurs redevenu obligatoire cette semaine dans les écoles de 39 départements où les élèves avaient pu l'ôter.

Comment expliquer ce regain ?

"C'était prévisible" pour plusieurs raisons, a avancé vendredi sur France 2 Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Tenon. "La vaccination : elle plafonne, on n'a pas fait le plein. Les conditions hivernales : moins de ventilation, plus de regroupements, et la baisse des gestes barrières".

Côté vaccination, la France est en avance sur nombre de ses voisins avec près de 75% de sa population ayant reçu un schéma complet.

Mais la cadence de l'été est retombée, avec l'impression d'avoir désormais atteint un plafond de verre.

L'Islande impose de nouvelles restrictions et appelle à une troisième dose

Pour contrer une envolée record des cas de Covid-19, le gouvernement islandais a annoncé vendredi une série de mesures, dont le retour du port obligatoire du masque dans certains endroits ou l'abaissement de la jauge des rassemblements publics. Le chef épidémiologiste du pays a également lancé un appel à l'injection d'une troisième dose pour toutes les personnes de plus de 16 ans entièrement vaccinées "depuis environ six mois", dans un pays où 89% de la population de plus de 12 ans est entièrement vaccinée.

"La situation aujourd'hui est telle que l'utilité d'une dose de rappel pour renforcer l'immunité de chacun et de la société toute entière est désormais devenue très claire", a plaidé Thorolfur Gudnason, cité dans un communiqué.

Au cours des dernières 24 heures, l'Islande a enregistré 179 nouvelles infections, un record depuis le début de la pandémie, selon les autorités sanitaires.

"C'est inconfortable de voir à quel point la courbe est raide et l'augmentation est plus forte que ce que nous avons observé auparavant", a déclaré à la presse Svandis Svavarsdottir, ministre de la Santé, à l'issue d'une réunion ministérielle.

Pour inverser la courbe de cette nouvelle vague, le gouvernement a décidé de réintroduire la règle de distanciation sociale d'un mètre.

Le port du masque partout où cette distance ne peut être respectée - notamment dans les magasins - redevient obligatoire à compter de samedi.

La limite des rassemblements publics repassera mercredi à 500 personnes (contre 2.000 actuellement), tandis que les bars et les discothèques devront baisser le rideau deux heures plus tôt qu'aujourd'hui, à 23H00.

Ces restrictions resteront valables au moins pour quatre semaines.

"Le nombre quotidien de contaminations doit être réduit à 40-50 et cette situation doit être maintenue avec des restrictions jusqu'à ce qu'une meilleure immunité collective soit atteinte grâce au rappel vaccinal et aux infections naturelles", a expliqué le ministère de la Santé dans un communiqué.

Les dernières mesures encore en vigueur -- peu coercitives -- devaient être levées le 18 novembre.

L'Islande, qui compte 375.000 habitants, a dénombré au total 14.255 cas de Covid-19 depuis le début de l'épidémie et 34 décès.

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