La contraception masculine a le vent en poupe chez les jeunes: "On reçoit plusieurs demandes d'information chaque semaine"

Si le grand public se montre intéressé, les professionnels de la santé et les étudiants en médecine ne sont pas en reste.

La contraception masculine a le vent en poupe chez les jeunes: "On reçoit plusieurs demandes d'information chaque semaine"
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Bien que la contraception masculine soit encore marginale en Belgique, elle suscite de plus en plus d'interrogations chez les jeunes hommes souhaitant s'investir dans la charge contraceptive. L'Asbl O'Yes, qui avait organisé le premier colloque sur la contraception masculine en Belgique il y a deux ans, reçoit d'ailleurs quotidiennement des demandes à ce sujet. "On ne s'attendait pas à autant d'engouement. Depuis la conférence, ça n'arrête pas", explique Louise-Marie Drousie, chargée de projet en promotion de la santé sexuelle au sein de l'Asbl. "On reçoit plusieurs demandes d'informations chaque semaine. Beaucoup d'hommes entre 23 et 35 ans nous envoient des mails pour nous demander de les renvoyer vers des professionnels de santé dans leur région, pour avoir des informations concrètes sur les moyens de contraception existant ou pour participer à des séances de formation et de sensibilisation."

Les équipes de l’Asbl, qui se rendent régulièrement sur le terrain, constatent que la demande vient de toutes les catégories d’âges. "Que ce soit en secondaire, en haute école ou à l'université, on a beaucoup de jeunes intéressés. Tous et toutes en entendent de plus en plus parler, mais cela reste encore un peu flou pour eux. Quand on parle de contraception, je pense qu'il est essentiel de montrer tout ce qui existe afin que les jeunes puissent faire des choix éclairés. Il ne faut pas seulement parler de la pilule, de l'anneau ou du préservatif. Il faut expliquer les autres possibilités, leurs limites, leurs avantages et leurs inconvénients."

Les professionnels aussi sont de plus en plus concernés

Si le grand public se montre intéressé, les professionnels de la santé et les étudiants en médecine ne sont pas en reste. En 2021, l'Asbl a d'ailleurs organisé des formations à destination des médecins. "On s'est rendu compte que beaucoup d'hommes désireux de se contracepter ne savaient pas où aller. On a donc voulu combler le manquement dans les formations à destination des professionnels de santé. Parallèlement à cela, on a été interpellés par des étudiants et étudiantes, notamment en médecine, qui voulaient en apprendre plus sur la contraception dite masculine. Du coup, on a donné des soirées de sensibilisation. On va certainement refaire ce genre de séances pour les étudiant.e.s en paramédical. La demande est vraiment là." Des discussions sont par ailleurs en cours avec certaines universités et hautes écoles pour inclure ces séances dans les programmes de cours des étudiants en soins de santé.

Les freins restent présents

Malheureusement, il reste encore beaucoup de freins à la contraception masculine. "Il faudrait vraiment développer la recherche afin qu'elle devienne accessible à tous", plaide Louise-Marie Drousie. Même s'il existe beaucoup de méthodes, le préservatif est pour l'instant la seule officiellement reconnue disponible à grande échelle. "C'est difficile pour la communauté scientifique de parler des modes de contraception nouveaux tant qu'il n'y a pas eu assez d'études sur le sujet. Et pour l'instant, il y en a peu."

Pour la chargée de projet, il faudrait également que le politique subsidie davantage les organismes en lien avec les jeunes "de façon à répandre encore plus l'information." Même si on commence à vraiment en parler, la contraception dite masculine reste toujours taboue et n'est utilisée que par un public restreint. "Or, plus on en parle, moins ce sera le cas. Il ne faut pas oublier que la demande est d'abord venue de la population. Beaucoup d'hommes ont eu envie de s'investir dans la contraception après avoir discuté avec leur compagne."

Au vu du succès du premier colloque, l'Asbl espère bien organiser un deuxième "Focus sur les couilles" afin de continuer à faire connaître la contraception masculine à tous ceux qui le souhaitent.

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