Des experts inquiets à cause du variant Omicron: "Cela rend la situation plus difficile qu'il y a un an"

Même si de nombreuses inconnues demeurent, notamment sur sa contagiosité, l'efficacité des vaccins existants, la gravité des symptômes... Paul Hunter (Université d'East Anglia) et Herman Goossens (UAntwerp) ont déjà partagé leurs craintes.

Des experts inquiets à cause du variant Omicron: "Cela rend la situation plus difficile qu'il y a un an"
©AFP

Le 24 novembre dernier, les autorités sanitaires sud-africaines alertaient l'OMS sur la présence d'un nouveau variant du coronavirus : le variant Omicron. Depuis lors, ce variant classé comme "préoccupant" par l'organisation, notamment pour son grand nombre de mutations, a été détecté dans 38 pays dont 17 états européens. La Russie annonçait ainsi ce lundi ses deux premiers cas, tandis que la veille le Danemark s'inquiétait d'un bond important de 18 à 183 cas confirmés en quelques jours. En Belgique, selon Emmanuel André qui a pris la parole dans un tweet ce samedi matin, neuf cas sont actuellement confirmés.

Si l'expert belge invite à la prudence au moment de s'exprimer sur la dangerosité de cenouveau variant, notamment parce que le peu de données actuellement disponibles à son sujet ont été récoltées principalement sur une population qui ne présente pas les mêmes caractéristiques qu'en Europe, d'autres partagent plutôt leurs inquiétudes.

C'est le cas ce lundi du spécialiste des maladies infectieuses anglais Paul Hunter (Université d'East Anglia), qui a affirmé au micro de la BBC qu'il était probable que ce nouveau variant s'impose rapidement, selon l'augmentation rapide des cas constatée en Afrique du Sud. "La manière dont il est susceptible de se propager au Royaume-Uni est encore incertaine. Mais, selon les premiers signes, je pense qu'il se propagera probablement assez rapidement et commencera à surpasser Delta. Il deviendra le variant dominant dans les prochaines semaines ou un mois environ au moins", a-t-il développé. ll estime par ailleurs que le Royaume-Uni compte déjà certainement plus d'un millier de cas du nouveau variant alors qu'à ce jour 246 cas y ont été officiellement confirmés.

Dimanche, le microbiologiste Herman Goossens (UAntwerp) partageait dans De Zevende Dag que le variant Omicron annonçait une nouvelle phase de la pandémie ou "une nouvelle pandémie". Sa contagiosité (plus importante que celle du variant Delta) et sa possible résistance aux vaccins existants et à l'immunité collective représentent une source de danger.

Il met ainsi en garde contre des premiers rapports rassurants formulés sur sa pathogénicité et sa mortalité. "Un variant 50 % plus contagieux est plus dangereux qu'un variant 50 % plus mortel. Parce qu'en chiffres absolus, cela a un plus grand impact. Donc j'ai des réserves pour tous ces messages remplis d'espoir d'Afrique du Sud disant 'ce n'est pas si mal' ".

Il recommande dès lors d'attendre quelques semaines afin d'avoir davantage d'informations à son sujet et conclut que cette incertitude contribue à ce que la situation soit pire qu'il y a un an. "L'année dernière, nous savions que nous sortirions de cette crise si nous prenions certaines mesures. Maintenant, nous voyons que ce virus est capable de beaucoup de choses. Cela rend la situation plus difficile qu'il y a un an."

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