Faudra-t-il un nouveau vaccin pour lutter contre le variant Omicron? Voici ce que répondent plusieurs études

Depuis fin novembre un nouveau variant du Covid-19 détecté en Afrique du Sud concentre les inquiétudes des scientifiques. Une des craintes est qu'il résiste à l'immunité apportée par les vaccins actuels.

Faudra-t-il un nouveau vaccin pour lutter contre le variant Omicron? Voici ce que répondent plusieurs études
©IMAGO
La Rédaction avec AFP

Le 24 novembre dernier, l'Afrique du Sud alertait sur la découverte d'un nouveau variant, le variant Omicron. Considéré rapidemment par l'OMS comme préoccupant pour ses multiples mutations, de nombreuses études ont été lancées afin de déterminer sa dangerosité. Et pour répondre à cette question l'une des principales inconnues est sa résistance à l'immunité obtenue grâce aux vaccins actuels.

Aujourd'hui, BioNTech a annoncé que son vaccin (Pfizer) était "toujours efficace contre le Covid-19, également contre le variant Omicron, si il a été administré trois fois". La firme a également indiqué espérer arriver à un nouveau vaccin adapté au nouveau variant pour le mois de mars.

En paralèlle, les résultats préliminaires de plusieurs études viennent d'être publiés et vont dans le même sens : elles constatent une baisse importante de l'immunité face à ce nouveau variant.

Des premières recherches menées par l'équipe de la virologue de l'hôpital universitaire de Francfort, Sandra Ciesek, montrent que deux injections ne suffisent plus pour garantir une protection. C'est ce qui ressort après avoir exposé le sang de personnes vaccinées avec différents vaccins à différents variants du coronavirus.

Conclusion : les anticorps générés par deux doses de Pfizer, deux doses de Moderna ou une dose d'AstraZeneca et une dose de Pfizer n'arrêtent pas du tout le virus six mois après la deuxième dose dans le cas du nouveau variant. Quant à la troisième dose du vaccin Pfizer, elle offre bien une protection mais la capacité de réponse en anticorps est 37 fois plus faible face à Omicron en comparaison avec le variant Delta. Trois mois après son injection, la protection ne représenterait plus qu'un quart de celle observée contre le variant delta.

Toutefois, ces résultats ne concernent que la première ligne de défense que constituent nos anticorps. La virologue a ainsi tweeté : "Ces données ne peuvent rien dire sur la protection contre une évolution sévère." "Mais les données dont nous disposons suggèrent qu'il est logique de développer un vaccin spécifiquement adapté à l'Omicron", a-t-elle ,ajouté.

Le virologue allemand Christian Drosten qui a déjà réagi à ces publications n'est pas du même avis : "Tout cela n'est pas très bon pour les vaccinés doublement. Une troisième dose semble nécessaire."

L'Africa Health Research Institute (AHRI) a partagé les premiers résultats de son étude qui indiquent que le niveau d'anticorps efficaces contre Omicron s'effondre chez les vaccinés par rapport à celui observé contre la souche initiale du coronavirus ou d'autres variants apparus entretemps. Ce laboratoire a testé la protection apportée par le vaccin Pfizer grâce au sang de douze personnes qui en avaient reçu deux doses. "Omicron échappe en partie à l'immunité conférée par le vaccin Pfizer", a résumé l'Africa Health Research Institute. L'étude note toutefois que l'immunité par anticorps baisse beaucoup moins chez les personnes qui ont non seulement été vaccinées mais aussi infectées par le coronavirus.

Willem Hanekom, directeur général de l'AHRI, appelle cependant à appréhender ces résultats avec prudence. "Il faut faire extrêmement attention en interprétant ces résultats, car ils sont obtenus en laboratoire; nous avons surtout besoin de données dans la vraie vie pour savoir ce qui est vraiment en train de se passer. Désormais, Omicron représente plus de 90% des (corona)virus observés en Afrique du Sud. Nous allons voir s'il y a du changement dans le degré de protection conféré par les vaccins par rapport aux précédents variants".

C'est aussi ce qu'ont fait remarquer cette semaine plusieurs responsables de santé publique à travers le monde, dont un cadre de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). "Il n'y a aucune raison de douter que les vaccins actuels protègent des formes graves chez les patients infectés par Omicron", a estimé auprès de l'AFP Michael Ryan, le responsable des urgences de l'institution basée à Genève.

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