Dans quels cas vacciner les enfants contre le Covid-19 est-il une évidence ?

Réponse et réflexions de Michel Goldman, professeur en immunologie.

Dans quels cas vacciner les enfants contre le Covid-19 est-il une évidence ?
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A quelques jours de la CIM, fixée à lundi, qui devrait approuver la vaccination contre le Covid chez les enfants de 5 à 11 ans, la question est sur toutes les lèvres, celles des parents, des enfants, des médecins, pédiatres et autres : faut-il, oui ou non, vacciner ce public ? Quels en sont les avantages ? Les inconvénients ? Les raisons de le faire ? Ou non ? Pour tous ? Ou pas ? Rapidement ? Ou sans urgence ?

Interrogée ce matin dans le cadre de l'émission "Il faut qu'on parle", sur DH Radio, l'immunologue Muriel Moser, estime cette nouvelle étape est nécessaire. "Je pense que si l'on a un vaccin sûr et efficace, il faut en faire bénéficier les enfants. Ceci afin d'éviter les hospitalisations, bien qu'elles soient rares, et leur permettre de retrouver une vie normale".

Professeur en immunologie à l'ULB, Michel Goldman a, lui aussi, partagé ses réflexions sur la question, en tenant compte de la propagation probable du variant Omicron dans les semaines et mois à venir. A ce jour donc, vu la situation et en l'état des connaissances, il estime avant tout que "le rôle des responsables politiques devrait se limiter à expliquer les raisons de cette approbation du point de vue de la santé publique. Il ne leur revient pas d'exercer une quelconque pression sur les parents qui devraient prendre la décision finale après un dialogue ouvert avec le(s) médecin(s) qui connaissent le mieux l'enfant et son environnement familial" Et il insiste : "La décision finale doit en effet être de nature médicale".

Une information objective par le médecin

Pour le professeur en immunologie, "l'information objective des parents par le médecin doit comporter plusieurs éléments", qu'énumère le spécialiste:

- Les enfants s'infectent facilement et contribuent beaucoup à la propagation du virus.

- Les enfants présentant certaines pathologies (par exemple : immunodéficience congénitale ou induite par des traitements, obésité, maladie chronique touchant les poumons, ....) ont un risque indubitable de présenter une forme grave de l'infection.

- Pour les enfants en parfaite santé, le risque de développer une forme grave de l'infection est infime en pourcentage. Toutefois, compte tenu de la propagation en cours du variant hautement transmissible Omicron, il est possible que quelques cas graves surviennent.

- Le seul vaccin pédiatrique approuvé jusqu'ici est le vaccin à ARN messager de Pfizer/BioNTech dont la dose a été réduite à un tiers.

- Les données disponibles chez l'adulte indiquent que ce vaccin protège indubitablement des formes graves, mais que sa capacité à réduire la transmission du virus au sein de la population est moindre qu'espéré.

- La sécurité du vaccin Pfizer peut être considérée excellente tant chez l'adulte que chez l'enfant selon les données disponibles. Il faut cependant reconnaître qu'il reste nécessaire de poursuivre attentivement le suivi des enfants vaccinés pour s'assurer du niveau de sécurité dans cette population particulière.

En conclusion, "si la vaccination des enfants atteints de certaines pathologies prédisposant aux formes graves est une évidence, il n'y a pas d'urgence à vacciner les enfants en parfaite santé", estime le Pr Michel Goldman, qui s'explique sur les raisons de son point de vue. "D'une part, l'impact de la vaccination des enfants sur la propagation du virus reste à établir avec précision. D'autre part, des vaccins basés sur d'autres technologies seront disponibles très bientôt : Novavax (protéine recombinante+adjuvant), Valneva (virus inactivé+adjuvant). Il sera alors important de les considérer aussi pour la vaccination des enfants".

D'ici là, rappelons que, cette semaine, 336 000 doses du vaccin pédiatrique de Pfizer ont été livrées à la Belgique et 636.000 doses supplémentaires sont attendues pour le mois de janvier. Plus de 5 millions d'enfants ont déjà reçu une première dose aux État-Unis, et près de 2 millions, une seconde dose. Au vu de ces résultats, "les nouvelles sont très bonnes, le vaccin est sûr", assure l'immunologue Muriel Moser, interrogée ce matin au micro de DH Radio. Les effets secondaires sont extrêmement limités et se limitent à un peu de fatigue et à des maux de tête. "Les formes de myocardites, que l'on pourrait craindre, ne se présentent pas", a-t-elle ajouté.

Dans quels cas vacciner les enfants contre le Covid-19 est-il une évidence ?
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