Que reste-t-il pour les patients à haut risque qui ne sont pas protégés par le vaccin contre le Covid ?

Que reste-t-il pour les patients à haut risque qui ne sont pas protégés par le vaccin contre le Covid ?
©MICHEL TONNEAU

Considérée comme une étape importante dans lutte contre la pandémie, la pilule commercialisée sous le nom de Paxlovid par le laboratoire Pfizer pourrait en effet permettre à des millions de patients d'accéder à un traitement. Autorisée en urgence, ce mercredi 22 décembre, par l'Agence américaine des médicaments (FDA), ce médicament antiviral pourra être administré aux patients à haut risque âgés de 12 ans et plus. Elle consiste en une combinaison de deux pilules prise deux fois par jour pendant cinq jours et agit en diminuant la capacité d’un virus à se répliquer, freinant ainsi le développement de la maladie.

Mais en attendant que cette pilule soit autorisée en Europe, et donc en Belgique, quelle solution peut-on proposer pour les patients à haut risque qui ne sont pas protégés par les vaccins? Cela, alors que le variant Omicron non seulement se répand à une vitesse inédite mais en plus résiste aux anticorps induits par les schémas de vaccination habituels, dont on sait à présent que l’administration d’un "booster "s'avère indispensable pour faire apparaître des niveaux suffisants d’anticorps protecteurs.

Quand Omicron fait de la résistance...

"Cette résistance d'Omicron s'observe aussi à l'égard de la plupart des anticorps monoclonaux, ces traitements qui se sont pourtant révélés très efficaces lors des vagues précédentes", fait remarquer le Pr Michel Goldman, professeur en immunologie à l'ULB.

Faut-il pour autant les disqualifier tous? Il semble bien que non, selon ce spécialiste qui fait référence, à deux travaux - cependant pas encore revus par leurs pairs - menés indépendamment par les universités d'Oxford et de Washington. "Ils indiquent que l'anticorps sotrovimab (développé par GSK), qui vient d'être approuvé par l'Agence Européenne du Médicament (EMA), conserve une activité anti-virale à l'inverse des 2 autres anticorps qui avaient été préalablement approuvés par l'agence".

Pour protéger les patients à haut risque qui ne répondent pas aux vaccins, il resterait donc ce traitement par voie intraveineuse. "Il est efficace dans les premiers jours qui suivent l'infection, précise le Pr Goldman. Face au déferlement d'Omicron et dans l'attente du médicament anti-viral de Pfizer, cet anticorps administré par voie intraveineuse devrait en effet permettre de prévenir des hospitalisations et des décès chez des personnes hautement vulnérables qui ne sont pas protégées par les vaccins. Il s'agit en priorité des patients qui n'ont pas répondu au vaccin en raison d'une déficience de leur système immunitaire".

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