"C'est inacceptable qu'un enfant qui n'a pas de symptômes, qui n'est pas infecté par le Covid, n'aille pas à l'école"

Les cas Omicron flambent chez les enfants, comme dans le reste de la population, semant la pagaille dans les écoles. Mais que sait-on de ce variant : s'attaque-t-il particulièrement aux plus jeunes ?

Le pédiatre Dimitri van der Linden, pédiatre infectiologue aux cliniques universitaires Saint-Luc, était l'invité de La Première ce mercredi. Il a apporté des éclaircissements quant à l'effet d'Omicron chez les enfants. Dans La DH, il a notamment conseillé aux parents de rester prudent avec les nourrissons.

"Avec Omicron on ne voit pas plus d'enfants malades graves, c'est donc une très bonne nouvelle. Par contre, on voit énormément d'enfants infectés", annonce le médecin. Une vigilance est toutefois de mise, en particulier chez les enfants en bas âge. Si les nourrissons sont directement hospitalisés dès qu'il y a des symptômes, c'est par précaution, explique le pédiatre. "On est prudent avec les jeunes enfants (nourrissons) qui présentent de la fièvre car ils peuvent développer des complications comme des infections bactériennes qui doivent être traitées rapidement."

Alors que la maladie est plus difficile à diagnostiquer chez les plus petits, quels sont les signes ? "Les symptômes sont variables : ça peut être une inflammation respiratoire, ils peuvent avoir une autre pathologie en même temps que le Covid. La seule forme sévère qu'on veut souligner aujourd'hui : c'est le syndrome inflammatoire multisystémique (MIS-C). Il peut arriver plusieurs semaines après une infection, même asymptomatique. Reconnu et traité précocemment, le MIS-C a un excellent pronostic. "C'est rare, mais c'est lorsque tout le corps s'enflamme", précise Dimitri van der Linden.

Même si le lits pédiatriques sont, comme chaque hiver, bien remplis, aucue raison de céder à uen forme de panique. "On a pas assez de recul avec Omicron, mais pour donner des chiffres, entre mars 2020 et février 2021 sur 61 % de lits pédiatriques, il y avait 135 enfants avec ce fameux syndrome. 35 % d'entre eux avaient entre 5 et 11 ans. Cela reste rare finalement"

La vaccination des enfants, une bonne idée ?

La vaccination des plus jeunes fait encore débat. "En France les études ont montré qu'on ne voyait plus le syndrome multi inflammatoire après la vaccination. C'est un outil pour prévenir ces formes sévères, mais on a pas encore assez de recul", indique Dimitri van der Linden. Une étude vient de démontrer que la vaccination réduit de 90% le risque de complications chez les enfants.

"Il y a une immunité préexistante chez les enfants", précise toutefois le pédiatre. "Une étude de Sciensano a montré que 50% des enfants ont des anticorps. On est mieux armés". "La vaccination est extrêmement recommandée chez les enfants avec des comorbidités ou s'ils vivent avec une personnes immunodéprimée. Les autres enfants, c'est une discussion à avoir avec le médecin traitant. Si l'enfant vient d'être infecté, comme pour l'adulte on peut attendre quelques mois."

Les ministres de la Santé se réunissent ce mercredi pour revoir les protocoles sanitaires dans les écoles, face au taux d'absentéisme qui explose. "Ce qui est inacceptable c'est qu'un enfant qui n'a pas de symptômes, qui n'est pas infecté par le Covid n'aille pas à l'école", réagit Dimitri van der Linden. "Il faut tout faire pour limiter les quarantaines. Je soutiens le modèle anglais pour ça : quand un enfant est en contact à haut risque il va quand même à l'école si son auto test est négatif, à raison d'un autotest tous les jours pendant 7 jours. Un enfant infecté reste en isolement 5 jours, et retourne à l'école lorsque son auto test est négatif", prône-t-il.

Le pédiatre se désole de l'impact que peut avoir les fermetures de classe à répétition sur l'éducation des enfants. "Le virus je pense est incontrôlable. On fait tout ce qu'on peut faire actuellement dans les écoles. Si on veut agir sur le virus il faut le faire à d'autres niveaux de la société", avance-t-il.

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