En bonne santé, les Belges? Un domaine en particulier s'est aggravé depuis la crise du Covid-19

En combinant, en ligne via le ‘Health Status Report’, depuis 2019, les résultats de plusieurs études et sources, l'Institut de Santé publique Sciensano évalue l’état de santé des Belges. “Cet outil permet aux responsables politiques de développer une politique sanitaire et de l’adapter continuellement à la mesure des besoins actuels”, explique Aline Scohy, chercheuse chez Sciensano. Si, en règle générale, on peut dire que les citoyens belges sont "plutôt en bonne santé", il est en revanche un domaine où, sans réelle surprise, la situation s'est clairement dégradée ces deux dernières années.

En bonne santé, les Belges? Un domaine en particulier s'est aggravé depuis la crise du Covid-19
©Shutterstock

En combinant, en ligne via le 'Health Status Report', depuis 2019, les résultats de plusieurs études et sources, l'Institut de Santé publique Sciensano évalue l'état de santé des Belges. "Cet outil permet aux responsables politiques de développer une politique sanitaire et de l'adapter continuellement à la mesure des besoins actuels", explique Aline Scohy, chercheuse chez Sciensano.

Si, en règle générale, on peut dire que les citoyens belges sont "plutôt en bonne santé", il est en revanche un domaine où, sans réelle surprise, la situation s'est clairement dégradée ces deux dernières années. En l'occurrence, la santé mentale.

Petit tour d'horizon du bulletin de santé de notre population.

Les bons points

La santé subjective : si l'on s'en tient à la perception qu'ont les Belges de leur propre santé, avec un score de 77% des habitants belges jugeant leur santé comme bonne ou très bonne en 2018, notre pays obtient un meilleur résultat que la moyenne de l'UE-15, c'est-à-dire nos pays voisins.

Le tabagisme : bonne nouvelle : nous fumons moins. Avec, en 2018, 15% de la population belge ayant indiqué fumer tous les jours, notre pays, qui enregistre une baisse importante sur les 15 dernières années, fait mieux que la moyenne de l'UE-15. Si les hommes fument toujours plus que les femmes, de moins en moins de jeunes (15-24 ans) étaient des fumeurs quotidiens en 2018 (11% contre 17% en 2013). De quoi se réjouir.

La consommation d'alcool : bien qu'elle reste toujours trop élevée, la consommation d'alcool diminue en Belgique. En 2019, le Belge consommait en moyenne 10,8 litres d'alcool pur par an. 7,4% des hommes et 4,3% des femmes indiquent avoir une surconsommation d'alcool hebdomadaire (c'est-à-dire plus de 21 consommations par semaine pour les hommes et plus de 14 consommations pour les femmes). Quant aux jeunes de 15 à 24 ans, environ 10% signalent "boire de façon risquée en une seule occasion" (binge drinking) chaque semaine, c'est-à-dire consommer au moins 6 boissons alcoolisées en une seule occasion.

Les moins bons points

L'espérance de vie : le taux de mortalité élevé lors de la première année de la pandémie du Covid-19 a fait chuter d'une année notre espérance de vie qui est ainsi passée à 80,8 ans en 2020. Ce qui fait qu'aujourd'hui, nous nous situons en dessous de la moyenne de l'UE-15.

La santé mentale : on l'a assez répété, le Covid-19 n'a pas eu que des conséquences sur la santé physique de nos concitoyens. La santé mentale a en effet pris un sérieux coup et laissé des traces. Chez les jeunes en particulier, on a observé, par rapport à 2018, une forte croissance des troubles dépressifs et anxieux. Sciensano relève "des chiffres inquiétants en ce qui concerne les pensées suicidaires et les tentatives de suicide, un soutien social limité et une satisfaction de vie peu élevée". "Cela semble être lié aux périodes ayant une augmentation de cas Covid-19 et donc des mesures sanitaires renforcées pour lutter contre la pandémie", commente encore l'Institut de santé publique. En décembre 2021, 37% des jeunes de 18 à 29 ans jugeaient leur vie "peu satisfaisante". A cette même époque, un adulte sur cinq (21 %) était sujet à des troubles dépressifs et un sur quatre (24 %) à des troubles anxieux. Plus d'un sur quatre (28%) souffre d'un sentiment de grande solitude. Des prévalences qui représentent un des taux les plus élevés depuis le début de la crise, d'après un rapport de Sciensano.

Les maladies chroniques : si plus des trois quarts des Belges s'estiment "en bonne santé", il n'en reste pas moins que plus d'1 sur 4 indique souffrir d'au moins 1 maladie chronique. Les 6 maladies chroniques les plus rapportées sont les problèmes au bas du dos, l'hypercholestérolémie, l'hypertension, les allergies, l'arthrose et les problèmes au niveau du cou.

Le surpoids : cela reste un problème majeur dans notre pays, tout comme dans la plupart des pays industrialisés. Les chiffres sont plus qu'inquiétants quand on sait tout ce qu'ils impliquent. Ainsi, sur base des données rapportées en 2018 par la population elle-même dans le cadre de l'enquête de santé, un Belge adulte sur deux (49%) était en surpoids et 16% souffraient d'obésité. Des chiffres qui s'avèrent encore plus élevés dès lors que l'on se base sur des mesures objectives prises lors d'une enquête de santé par examen complémentaire à domicile. Il en ressort en effet que plus de la moitié, soit 55% de la population adulte étaient en surpoids et 21% étaient obèses en 2018!

Les recommandations de l'OMS : s'ils sont en surpoids, c'est en partie que nos compatriotes sont peu nombreux à suivre les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) . Moins d'un sur trois en effet, plus précisément 30% de la population adulte, suivait en 2018 la recommandation de l'OMS qui préconise une activité physique d'intensité modérée d'au moins 150 minutes par semaine, en dehors du contexte du travail. Une situation d'autant plus problématique qu'elle est constatée chez les jeunes : seulement 20% des garçons et 13% des filles de 11 à 18 ans ont en effet suivi ces bons conseils, à savoir 60 minutes d'activité physique par jour. Cette même année, seulement 13% de la population de 6 ans et plus respectaient la recommandation alimentaire de l'OMS de consommer au moins 5 portions de fruits et légumes par jour. Et quand on sait qu'en plus, 20% consomment quotidiennement des boissons sucrées...

Les inégalités socio-économiques : elles persistent dans la santé. Sans surprise, une fois encore, Sciensano confirme le fait que les personnes ayant un niveau d'instruction élevé sont généralement en meilleure santé et vivent plus longtemps en bonne santé que les personnes ayant un niveau d'instruction moins élevé. En outre, des inégalités importantes subsistent au niveau de la santé, tant au plan régional qu'au plan socio-économique.

A savoir

Les principales causes de décès : chez les femmes, les démences, les maladies cérébrovasculaires et les cardiopathies ischémiques constituent le top 3 des principales causes de décès. Chez l'homme, il s'agit dans l'ordre des cardiopathies ischémiques, du cancer du poumon et des maladies cérébrovasculaires (+ hypertension).

Selon les régions : à savoir si certaines régions sont mieux loties que d'autres au niveau de la santé, la Flandre enregistre un meilleur résultat que Bruxelles et la Wallonie, et cela pour pratiquement tous les indicateurs de santé analysés.