Chine: le bilan du Covid s'alourdit à Shanghai avec 10 morts

La ville de Shanghai a annoncé mardi sept nouveaux morts du Covid-19 durant les dernières 24 heures, portant à 10 le total des décès dans la capitale économique chinoise confinée depuis le début du mois, où des entreprises comme Tesla ont repris le travail.

Les chaînes d'approvisionnement ayant été bloquées par les restrictions, les entreprises ont dû arrêter la production dans la métropole de 25 millions d'habitants après l'instauration du confinement.

Les autorités locales, comme le reste de la Chine et à rebours de bon nombre de pays qui optent pour une cohabitation avec le virus et lèvent les restrictions, continuent à suivre une politique "zéro Covid" face à la pire flambée épidémique en Chine depuis l'apparition du Covid-19 fin 2019.

Shanghai, où sont implantées de nombreuses multinationales, dispose du plus grand port de Chine et le confinement de la ville la plus peuplée du pays pénalise lourdement l'activité.

Les autorités ont demandé l'établissement d'une "liste blanche" des entreprises et industries stratégiques afin que la production puisse continuer. Plus de 600 sociétés ont été sélectionnées pour une reprise anticipée du travail à Shanghai.

Le géant américain des voitures électriques Tesla "a officiellement relancé la production" mardi, après plus de 20 jours d'arrêt du travail dans sa "gigafactory" ("usine géante") située dans la ville, ont annoncé les médias officiels chinois.

Mais ce processus se fera "dans un système en circuit fermé", avec le personnel mobilisé qui dormira sur place et sera régulièrement testé contre le Covid, a précisé Bloomberg News.

Le producteur automobile chinois SAIC Motor a indiqué cette semaine qu'il procédait à des tests de "reprise de la production".

20.000 cas quotidiens

La mairie de Shanghai avait fait état de ses trois premiers morts lundi, un bilan étonnamment léger dans une ville qui dénombre chaque jour quelque 20.000 contaminations.

Depuis le début de l'épidémie, initialement détectée dans le centre de la Chine fin 2019, Pékin a réussi à limiter le bilan total à moins de 5.000 morts et moins de 190.000 contaminations, si l'on s'en tient aux chiffres officiels, très inférieurs aux décomptes internationaux.

Mais le variant Omicron a frappé de plein fouet les habitants de Shanghai, placés sous confinement pour une durée indéterminée, dans des conditions parfois spartiates.

La faible mortalité interpelle, d'autant que les taux de vaccination sont faibles chez les plus âgés.

Des responsables municipaux des services de santé ont indiqué dimanche que moins des deux tiers des plus de 60 ans avaient reçu deux injections et moins de 40% une dose de rappel.

Les sept personnes décédées au cours des dernières 24 heures étaient âgées de 60 à 101 ans et souffraient de maladies pré-existantes, selon la mairie. Aucune n'était vaccinée.

Toutes sont "tombées gravement malades après leur admission à l'hôpital", ont indiqué mardi les autorités sanitaires.

Selon des messages invérifiables circulant sur les réseaux sociaux, des décès ont déjà été attribués au Covid ces dernières semaines à Shanghai, mais ces informations ont été censurées par les autorités.

Certains habitants se sont également plaints sur internet des pénuries de nourriture et de l'application radicale des restrictions par les forces de l'ordre. Des vidéos de protestation ont circulé plus vite que n'a pu agir la censure gouvernementale.

Les analystes de la banque Nomura estiment qu'environ 350 millions de personnes en Chine subissent actuellement une forme de confinement, à des degrés divers.

Les zones concernées, au moins 44 villes, représentent 40% du PIB du pays, selon leurs calculs.