Stanley Plotkin, le parrain de la vaccinologie donne son nom à un nouvel institut de recherche en vaccins

Le New-Yorkais de 90 ans a aussi été fait docteur honoris causa de l’ULB et de l’Université d’Anvers ce 24 mai.

So. De.
Stanley Plotkin, le parrain de la vaccinologie donne son nom à un nouvel institut de recherche en vaccins

Déjà considéré comme le "parrain de la vaccinologie", Stanley Plotkin a un nouveau filleul. Ce 24 mai, présent à Bruxelles au Palais des Académies, le spécialiste américain de la fabrication des vaccins a officiellement donné son nom au tout nouvel institut de recherche en vaccins mis sur pied par l'Université d'Anvers et l'Université libre de Bruxelles. Ce New-Yorkais âgé de 90 ans (depuis le 12 mai) a été choisi comme parrain par les deux universités pour sa "passion de la science", son "dévouement au bien commun" et son "parcours impressionnant".

Dans les années 60, Stanley Plotkin a joué un rôle essentiel dans la découverte du vaccin contre la rubéole et ainsi contribué à la disparition de cette maladie aux États-Unis. Il a participé au développement de bien d'autres vaccins : rage, polio, varicelle, rotavirus, cytomégalovirus… "Quand j'ai commencé dans le domaine de la vaccinologie, on avait peut-être deux moyens pour développer un vaccin, maintenant il y en a bien davantage, mais il faut rester prudents : faire des vaccins efficaces bien sûr mais contrôlés, sans réactions importantes", explique dans un français teinté d'accent américain Stanley Plotkin, qui se dit aussi "très fier d'avoir un institut à son nom".

Situé à Bruxelles et Anvers, "l'European Plotkin Institute for Vaccinology" aura pour but d'accélérer l'évaluation et le développement de vaccins et ainsi de permettre une meilleure préparation à une pandémie. Entre autres, l'institut réalisera des études cliniques sur des maladies et pathogènes considérés comme prioritaires par l'OMS : fièvre de Lhassa, virus Nipah… Ou d'autres comme par exemple la variole du singe si cela s'avère nécessaire. Particularité du Plotkin Institute : afin de rendre les études plus efficaces (moins d'individus) et plus informatives (quelle partie du système immunitaire réagit), le pathogène pour lequel on souhaite un vaccin pourrait directement être inoculé à des humains volontaires dans des conditions confinées, du moins s'il existe déjà un traitement efficace. Une méthode d'infection contrôlée déjà pratiquée, par exemple pour des maladies respiratoires. "Une revue de ces études 'challenge humain', déjà faites, constate que seuls 0,2-0,3 % des volontaires avaient une réaction forte", note Stanley Plotkin qui regrette aussi, de manière générale, la désinformation sur les vaccins et "les personnes qui se spécialisent" dans la diffusion de celle-ci. "Mais comme je le dis souvent, malheureusement, il n'y a pas de vaccin contre la stupidité."