Visite royale en RDC : "La variole du singe est l'exemple type d'une maladie qui est négligée tant qu'elle ne touche que les pays pauvres"

Le Dr Muyembe, directeur de l'Institut national de recherche biomédicale de Kinshasa, a profité de la visite du roi Philippe et d'Alexander De Croo, pour appuyer la collaboration belgo-congolaise en matière de santé.

Belga

"La variole du singe est l'exemple type d'une maladie émergente qui est négligée tant qu'elle ne touche que les pays pauvres", a souligné jeudi le Dr Muyembe, directeur de l'Institut national de recherche biomédicale de Kinshasa, en marge de la visite du couple royal dans son établissement. L'INRB collabore avec l'Institut de médecine tropicale d'Anvers (IMT) depuis 2002, ainsi qu'avec des universités de Flandre et de Wallonie. Au fil du temps, il a grandi pour devenir un centre multidisciplinaire de diagnostic, de traitement et de prévention des maladies transmissibles.

Jeudi matin, le Dr Muyembe a pu présenter ses installations au couple royal, accompagné du Premier ministre Alexander De Croo, de la ministre de la Coopération au développement Meryame Kitir et du secrétaire d'État à la Politique scientifique Thomas Dermine.

À l'issue de la visite, le directeur s'est félicité que la première génération de chercheurs formés par son établissement, notamment grâce à un outil en ligne développé en collaboration avec l'IMT, soit désormais en mesure de prendre en main la relève.

"Nous profitons de la visite pour demander à la Belgique de continuer à nous appuyer car nous voyons que si les Congolais sont mis dans de bonnes conditions, ils peuvent être performants. Nous voulons être capables de résoudre les problèmes de santé de nos concitoyens. Nous avons les compétences scientifiques. Cessons de nous plaindre de nos autorités alors que nous avons la capacité de résoudre les problèmes, de relever les défis", a déclaré le Dr Muyembe devant la délégation.

"Que notre amitié soit le socle du développement de notre pays, et de celui de la Belgique", a-t-il conclu. "Cette visite historique sera comme un enzyme qui va renforcer notre collaboration", a-t-il poursuivi ensuite face à la presse.

Interrogé sur la variole du singe, il a souligné que la RDC était le premier pays à faire des études sur le sujet. "Maintenant que la maladie est arrivée en Europe, cela devient un sujet intéressant, l'argent arrive. Nous avons déjà commencé à travailler à un vaccin et nous avons les capacités de poursuivre nos recherches. Nous avons 95% des cas, le monde a les yeux rivés vers nous, et nous sommes prêts."

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