Le Conseil supérieur de la santé met en garde : l’e-cigarette n’est pas un bonbon

Le vapotage est déconseillé pour les non-fumeurs et en particulier les jeunes, estime le Conseil supérieur de la santé dans une nouvelle évaluation. Les experts du CSS considèrent néanmoins que la cigarette électronique peut jouer un rôle dans le sevrage tabagique des fumeurs.

Le Conseil supérieur de la santé met en garde : l’e-cigarette n’est pas un bonbon
©AFP

Sollicité par Service public fédéral Santé publique, le Conseil supérieur de la santé (CSS) a publié ce mardi un nouvel état des lieux concernant la cigarette électronique. Une mise à jour bienvenue dans la mesure où la dernière évaluation en date remontait à 2015. Depuis lors, souligne le CSS, l'utilisation des "vapoteuses" a véritablement explosé – même si elle reste plus limitée en Belgique que dans d'autres pays. L'offre de ces produits et des substances aux saveurs diverses qui leur sont associées s'est également largement diversifiée.

Dans le même temps, et si l’on ignore encore beaucoup de choses sur les effets à long terme de leur utilisation, les autorités sanitaires ont connu quelques retours d’expérience notamment aux États-Unis qui ont enregistré en 2019 une vague de décès suite, semble-t-il, à la consommation de cartouches d’arômes illégales contenant un liquide contaminé ; suite également au décès d’un jeune belge lié à des problèmes pulmonaires après avoir utilisé une e-cigarette ou encore à leur popularité croissante auprès du public adolescent.

Les publications scientifiques sur le sujet se sont aussi démultipliées. Publications qui ne sont d’ailleurs par toujours “neutres”, relève le CSS, pointant les différences d’approches selon que les auteurs se focalisent sur les risques associés à l’usage de l’e-cigarette ou sur les bénéfices potentiels que l’on peut en retirer si on substitue le vapotage à la consommation classique de tabac. “L’industrie du tabac, note au passage le CSS, est particulièrement active dans la communication des produits à plus faible risque et semble se réapproprier le cadre de la réduction des risques à son propre profit.”

Une alternative préférable au tabac classique, mais tout de même nocive

Si les cigarettes électroniques présentent des risques, elles sont effectivement “clairement moins nocives que les cigarettes de tabac classique”, juge le CSS, pour qui ces dispositifs peuvent donc être utilisés “comme aide au sevrage tabagique” alors que dans le même temps les pouvoirs publics devraient davantage restreindre “la disponibilité et l’accessibilité aux cigarettes classiques” en combattant le lobbying du secteur ou encore en réduisant drastiquement les nombreux points de vente de tabac dans notre pays.

Pour autant, il ne s’agit pas d’un blanc-seing, embraient les experts du CSS, qui insistent sur le fait que “l’e-cigarette n’est pas sans risque, elle est potentiellement dangereuse”. Les liquides aromatiques contiennent en effet “de nombreuses substances dont les informations sur leur toxicité par inhalation font défaut”. Les données à long terme sur l’utilisation de ces produits sont encore insuffisantes, complètent-ils, appelant un contrôle plus strict de la sécurité des arômes et des ingrédients existants dans ces liquides. Et de préciser par ailleurs que la consommation de substances contenant de la nicotine, même sous forme de vapotage, “est également déconseillée aux non-fumeurs en raison de son effet de dépendance”.

Dans tous les cas, pour les non-fumeurs et en particulier les jeunes, le mieux reste d’éviter la cigarette électronique.

Partageant les conclusions de ce rapport, la Fondation contre le cancer estime que le gouvernement devrait protéger les non-fumeurs, les enfants et les adolescents de l’utilisation de la vapoteuse en prenant des mesures afin de limiter la promotion commerciale et le marketing de ces produits, et en interdisant rapidement les cigarettes électroniques jetables.