L'activité professionnelle en hausse après une chirurgie de l'obésité

La chirurgie bariatrique, une intervention visant à traiter les patients souffrant d'obésité, a un impact positif sur l'activité professionnelle de ceux-ci, ressort-il mardi d'une étude de l'agence intermutualiste (AIM) menée en collaboration avec l'hôpital universitaire de Louvain (UZ Leuven).

L'activité professionnelle en hausse après une chirurgie de l'obésité
©Shutterstock

Cette opération consiste en une réduction de l'estomac ou en une déviation d'une partie du système digestif, ce qui entraîne une perte de poids significative et durable. Cette étude rétrospective nationale visait à analyser l'effet de la chirurgie bariatrique sur l'emploi à partir des données de l'AIM relatives au chômage et à l'incapacité de travail. À cet effet, l'activité de 16.276 personnes âgées de 25 à 55 ans ayant subi une intervention bariatrique a été analysée sur une période s'étalant de deux ans avant l'intervention jusqu'à trois ans après celle-ci.

L'analyse montre que trois ans après l'intervention, on compte davantage de patients dont l'activité professionnelle a progressé que de personnes ayant vu celle-ci diminuer. "Le taux de patients qui ne totalisent aucun jour de chômage ou d'incapacité de travail est passé de 49,7% deux ans avant l'intervention à 61,2% trois ans après celle-ci", indique l'AIM dans un communiqué.

L'étude montre encore que l'inactivité (sur une base annuelle) de 12,3% des patients étudiés a diminué de plus de six mois. "Parmi les personnes qui étaient inactives, c'est-à-dire sans droit au chômage ou à des indemnités d'incapacité de travail, 20,9% avaient repris une activité professionnelle trois ans après l'opération", souligne l'agence intermutualiste.

En Belgique, les chirurgies bariatriques ne sont remboursées que pour les adultes dont l'indice de masse corporelle (IMC) est égal ou supérieur à 40 ou d'au moins 35 si la personne présente également un diabète de type 2, de l'hypertension sévère et difficile à traiter ou un syndrome d'apnées obstructives du sommeil, rappelle l'AIM. Depuis l'introduction du remboursement en 2007, un total de 145.470 patients ont subi cette intervention.

L'AIM et l'UZ Leuven font toutefois part de certaines limites à leur étude. Ainsi, ils ne disposaient d'aucune donnée sur l'apparition d'affections liées à l'obésité, telles que le diabète ou l'hypertension, ou du syndrome métabolique, une combinaison de problèmes métaboliques, chez les patients de cette étude. "Il nous est donc impossible de déterminer l'évolution de ces affections à la suite de l'intervention et leur impact sur l'activité", précise l'AIM.

Par ailleurs, aucune information n'était disponible concernant les raisons pour lesquelles les personnes étaient incapables de travailler (raisons médicales, psychologiques ou autres). "De même, il serait intéressant d'étudier de manière plus approfondie le moment où le patient reprend une activité professionnelle et s'il l'exerçait à temps plein ou à temps partiel", conclut l'AIM.