Les femmes belges ne se sentent pas bien dans leur poitrine : une sur trois a honte de ses seins!

A quelques jours d'Octobre Rose, le mois dédié à la lutte contre le cancer du sein, les informations et les initiatives vouées à cette cause, qui mobilise un très grand nombre, fusent de toutes parts. Dans ce cadre, l'organisation belge Pink Ribbon dévoile ce mercredi les résultats détaillés et parfois surprenants d'une vaste étude nationale sur la sensibilisation, la prévention et le dépistage précoce du cancer du sein. Menée au mois d'août dernier par le bureau Ivox, cette enquête a sondé un millier de femmes en Belgique.

Les femmes belges ne se sentent pas bien dans leur poitrine : une sur trois a honte de ses seins!
©D.R.

A quelques jours d'Octobre Rose, le mois dédié à la lutte contre le cancer du sein, les informations et les initiatives vouées à cette cause - qui mobilise un très grand nombre - fusent de toutes parts. Dans ce cadre, l'organisation belge Pink Ribbon dévoile ce mercredi les résultats détaillés et parfois surprenants d'une vaste étude nationale sur la sensibilisation, la perception, la prévention et le dépistage précoce du cancer du sein. Menée au mois d'août dernier par le bureau Ivox, cette enquête a sondé un millier de femmes en Belgique.

En voici les principaux enseignements à retenir.

1 Comment les femmes belges perçoivent-elles leur corps, en général, et leurs seins, en particulier?

Triste - mais pas si surprenant ? - constat : les femmes belges n'aiment pas vraiment se regarder dans le miroir. Six sur 10 évitent de le faire et 1 sur 3 avoue "avoir parfois honte de ses seins", au point d'essayer autant que faire se peut de les dissimuler pour un quart d'entre elles. Pourtant, 7 femmes sur 10 considèrent leurs seins comme "une partie importante de leur identité". Plus regrettable encore, l'acceptation de son corps, en l'occurrence de ses formes féminines, paraît encore moindre chez les jeunes (les moins de 34 ans), davantage insatisfaites que leurs aînées (les plus de 50 ans). A moins que celles-ci aient appris, avec le temps, à s'accepter…

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Reste que plus de la moitié des femmes ne se sentent tout bonnement "pas bien dans leur corps", d'après ce sondage, qui révèle également que les seins semblent encore être un sujet de conversation relativement tabou chez les femmes, surtout du côté néerlandophone : 6 femmes sur 10 n'en parlent jamais.

2 Quelles connaissances nos concitoyennes ont-elles du cancer du sein et de ses signes avant-coureurs ?

Alors que le cancer du sein reste le cancer le plus fréquent chez les femmes en Belgique (1 sur 9, voire sur 8, y sera confrontée à un moment ou l’autre de sa vie) et malgré une médiatisation particulièrement importante depuis plusieurs années déjà de ce cancer en particulier (avec de nombreuses campagnes de sensibilisation et d'information), les connaissances demeurent relativement limitées. Et sont améliorables. En effet, d'après l'enquête effectuée à l'initiative de Pink Ribbon, trois femmes sur dix ne savent pas exactement ce qu'implique le cancer du sein et un quart ne sait pas où trouver des informations fiables sur la maladie. Seules 4 femmes sur 10 s'estimaient correctement informées.

En ce qui concerne les connaissances sur les facteurs de risque, elles sont aussi lacunaires, alors que 7 femmes sur 10 présentent au moins un facteur de risque (les plus fréquents étant le manque d'activité physique (39%) et le surpoids ou l'obésité). Interrogées sur les facteurs de risque susceptibles, d'après elles, d'accroître le cancer du sein, elles citent en premier lieu le tabac, devant la pilule contraceptive, la substitution hormonale à la ménopause, une consommation excessive d'alcool, le surpoids et l'obésité, un manque d'activité physique, le fait d'allaiter brièvement ou pas du tout.

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Quant au facteur héréditaire, si la moitié des femmes pensent que le cancer du sein est avant tout une "affaire d'hérédité", il faut savoir que seul un cancer du sein sur dix est héréditaire.
Pour Jan Lamote, spécialiste en chirurgie mammaire et ex-coordinateur de la clinique du sein de l'UZ Bruxelles, "Ces résultats indiquent qu'il faut investir davantage dans une information abordable et accessible sur le cancer du sein. L'importance d'un mode de vie sain avec suffisamment d'activité physique reste trop mal connu. Il est toutefois difficile d'expliquer pourquoi faire de l'exercice, comme la marche, par exemple, abaisse le risque de cancer du sein".

Pour ce qui concerne les 9 signaux d’alarme du cancer du sein, voici l'état des connaissances dans le détail:

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Soulignons à ce propos que 25% des femmes belges présentent un risque plus élevé de détection tardive du cancer du sein.

3 Dans quelle mesure font-elles un auto-examen?

Ici encore, pour ce qui est de l'auto-examen, on peut mieux faire même si 7 femmes sur 10 ont déjà examiné leurs propres seins à la recherche de signes pouvant trahir un cancer du sein. Bien qu'elles soient 3 sur 10 à le faire tous les mois, 4 sur 10 ne sont cependant pas certaines de s'y prendre correctement.
Alors, pourquoi ne procèdent-elles pas de manière plus systématique à cet auto-examen des seins ? Réponses : "Je me sens bien, je suis sûre qu'il n'y a pas de problème", "Je ne sais pas comment faire" et "Je trouve ça bizarre à faire".

Trois femmes sur dix n'ont jamais fait d'auto-examen, fait encore apparaître l'enquête. "Dans ce groupe, on trouve surtout des femmes relativement jeunes, celles qui n'ont jamais été confrontées à la maladie parmi leurs connaissances, celles qui connaissent mal la maladie et celles qui déclarent ne pas être porteuses d'une prédisposition génétique, notent les auteurs. Les femmes qui ne sont pas satisfaites de leurs seins sont également moins enclines à procéder à l'auto-examen".

A ce propos, Hilde Debackere, directrice générale de l'asbl Pink Ribbon, précise : "Notre étude révèle que trop peu de femmes sont attentives aux signes du cancer du sein, alors que 6 cancers du sein sur 10 sont détectés par les femmes elles-mêmes. Aussi avons-nous mis au point un autotest pour susciter une plus grande prise de conscience. En effet, si le cancer du sein est détecté à un stade précoce, le traitement est généralement moins invasif et les chances de guérison sont plus grandes. Après avoir passé le Mammoquiz, les femmes découvrent elles-mêmes leurs chances de détecterr un cancer du sein à temps."

Le slogan de la campagne : "Chaque sein est normal et a un parcours peu banal"

Les femmes belges ne se sentent pas bien dans leur poitrine : une sur trois a honte de ses seins!
©Pink Ribbon

L'étude montrant clairement qu'un grand nombre de femmes en Belgique ne sont toujours pas satisfaites de leur poitrine, le slogan de la campagne d'octobre de Pink Ribbon est : "Ronds ou pointus, petits ou grands, avec cicatrices ou sans... Chaque sein est normal et a un parcours peu banal". De cette manière, l'organisation veut donner aux femmes un coup de pouce pour s'aimer davantage. Mais le message est également : "Osez regarder et vous faire examiner".

Les personnes qui souhaitent soutenir la campagne peuvent acheter et porter le nouveau ruban rose, créé cette année par d'anciennes patientes atteintes du cancer du sein, pour montrer leur soutien aux autres malades et à leur entourage. Le ruban rose coûte 4 €. Sur cette somme, 2,80 € iront directement aux projets concrets mis en œuvre par l'asbl Pink Ribbon dans sa lutte contre le cancer du sein. Cette année encore, le ruban Pink Ribbon est en vente dans tout le pays chez Carrefour, Multipharma, Standaard Boekhandel/Club, Medi-Market, Hunkemöller, The Fashion Store, Schoenen Torfs, CKS, e5, Casa Shops, AVA, Wibra, Modemakers et dans de nombreux salons de coiffure.