Santé

La cinétose, ou mal des transports, toucherait entre 25 et 30% des personnes pendant leurs déplacements. Vertiges, nausées, vomissements, sueurs froides… La liste des symptômes peut varier du simple malaise à une sensation d'incapacité totale. La solution la plus efficace reste alors les médicaments sur ordonnance.

Lorsque le cerveau détecte un mouvement, il envoie une information à notre centre de l’équilibre, pour lui permettre de s'orienter. L'équilibre se forme alors grâce à des capteurs internes, situés dans nos oreilles, nos yeux et nos membres. Si le cerveau perçoit un mouvement, mais que les capteurs affirment que le corps est immobile, alors les symptômes du mal des transports peuvent apparaître. Ce trouble, plus susceptible d'augmenter avec l'âge, concerne davantage les femmes que les hommes. C'est également une anomalie génétique, qui peut être en corrélation avec les personnes souffrant de migraines.

Pour éviter au maximum les secousses, il est recommandé de s'asseoir dans les parties des véhicules où il y a le moins de mouvement de rotation et de mouvement vertical. Dans les trains et les bus, c'est souvent le niveau le plus bas, et juste au-dessus des ailes pour les avions. Sur un bateau, mieux vaut se rapprocher du centre, et du niveau de l'eau. A l'inverse en voiture, il est préférable de s'asseoir à l'avant du véhicule, de regarder un point fixe à l'horizon et d'incliner la tête dans les virages. Toute activité visuelle trop proche des yeux est évidemment à bannir, comme la lecture, sur livres, tablettes ou smartphones.

La scopolamine peut être prescrite sous ordonnance dès l'âge de 15 ans
La scopolamine peut être prescrite sous ordonnance dès l'âge de 15 ans © REPORTERS

Les remèdes naturels pas tellement efficaces

Selon une étude britannique, les remèdes traditionnels comme le gingembre ou les bandes d'acupression n'offrent aucune efficacité avérée. En revanche, les médicaments qui empêchent les vomissements (antiémétiques) et les nausées (antinauséeux) sont plutôt performants, surtout lorsqu'ils sont pris avant le voyage. Leur principe est de bloquer les effets des neurotransmetteurs, qui transmettent les informations au cerveau, pour les empêcher d'atteindre le centre de contrôle de l'équilibre. Mais leur utilisation a des limites : des effets indésirables, comme la somnolence ou la sécheresse buccale sont souvent inéluctables, car les antihistaminiques non sédatifs sont inefficaces pour traiter le mal des transports.

Une autre étude néo-zélandaise plus récente, menée sur un groupe de 80 marins, a permis de déterminer plus précisément les remèdes vraiment utiles. Selon les chercheurs, ce sont les patchs de scopolamine qui offriraient la solution la plus adaptée. 76 membres de l'équipage ont ressenti une bien meilleure efficacité à ces patchs qu'aux antihistaminiques, qui sont aussi moins susceptible de provoquer la somnolence, une vision floue ou des étourdissements. La scopolamine agit sur l’oreille interne et évite ainsi au cerveau la transmission d'informations perturbantes. En cas d'une réaction plus intense aux mouvements, la dose peut d'ailleurs être doublée en ajoutant un second patch, ce qui a permis à 20 marins d'être totalement soulagés.