Le Conseil national de sécurité se réunit une nouvelle fois ce mercredi 13 mai pour discuter et détailler la deuxième phase du déconfinement. Débutant le 18 mai, cette étape prévoit notamment la réouverture des écoles. Si tous les élèves ne reprendront pas le chemin de l'école, la volonté du CNS de permettre aux établissements scolaires de rouvrir leurs portes a été décriée par nombre de parents et certains experts. Mais pour Pierre Smeesters, chef du service pédiatrique à l'hôpital des enfants reine Fabiola à Bruxelles, le retour en classe constitue une réelle nécessité. "Le risque zéro n'existe pas, mais le risque semble vraiment faible, affirme le médecin au micro de La Première. Nous pensons comme pédiatres que le risque sanitaire lié à la transmission est inférieur au risque physique, psychologique, social de laisser les enfants isolés encore pendant de nombreux mois."

Le pédiatre appelle ainsi à la prudence ceux qui appellent à boycotter la "rentrée des classes". "Il faut garder un maximum de bon sens", estime M. Smeesters.

Les enfants peu malades   

Selon le médecin, il existe une certitude au sujet des enfants: ils sont peu malades. "Ça a été confirmé par de nombreuses études avec des chiffres de pathologies pédiatriques qui sont constants, explique-t-il. Qui plus est, quand on va dans le nez des enfants, on voit moins de virus que dans le nez des adultes." 

Il demeure toutefois une interrogation quant à la transmission du virus par les plus jeunes. Une étude menée par le virologue allemand le plus réputé postule que les enfants sont tout aussi contagieux que les adultes. "Il faut absolument porter un regard très critique sur cette étude, avertit M. Smeesters. C'est une étude qui n'a pas encore été revue par des pairs, c'est simplement la voix de son auteur. (...) Cette étude a un biais majeur: elle ne sait pas quel enfant était malade et lequel ne l'était pas. Qui plus est, l'étude ne prenait pas en compte le degré de maladie, ce qui change tout dans les résultats."

Le médecin admet toutefois que la question est intéressante et qu'il faut l'aborder dans d'autres études. "Mais actuellement on ne peut pas dire qu'un enfant porteur de la covid-19 ne peut pas autant la propager qu'un adulte", conclut le chef du service pédiatrique à l'hôpital des enfants reine Fabiola à Bruxelles