L'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) va "organiser une inspection du flux de la production" de l'usine de Hénogen/Novasep à Seneffe à la demande de l'exécutif européen, a indiqué à l'AFP une porte-parole de l'organisation.

"Comme plusieurs lieux de productions sont impliqués, plusieurs inspectorats/autorités compétentes vont réaliser ensemble cet exercice", une collaboration "habituelle" pour des "chaînes de fabrication (...) réparties sur plusieurs pays", a indiqué la porte-parole, sans autres précisions.

Le site de Seneffe est administré par la société de services pour l'industrie pharmaceutique Novasep, partenaire du géant suédo-britannique AstraZeneca pour la production d'un vaccin contre le Covid-19.

AstraZeneca, qui avait argué la semaine dernière d'une "baisse de rendement" sur un site de fabrication européen, a indiqué à l'UE ne pouvoir livrer qu'"un quart" des doses initialement promises à l'UE au premier trimestre, selon une responsable européenne.

Bruxelles, qui a précommandé jusqu'à 400 millions de doses du vaccin AstraZeneca/Oxford, n'est pas convaincu par ces justifications, les jugeant "insatisfaisantes".

"Aux termes du contrat conclu par l'UE, AstraZeneca devait recourir à quatre usines pour assurer sa production - deux dans l'UE dont une en Belgique, et deux au Royaume-Uni", rappelait mercredi la responsable européenne.

Comme les autres usines du groupe, censées pouvoir produire également les doses destinées à l'UE, ne sont pas affectées, un problème industriel en Belgique devrait donc être compensé ailleurs, a-t-elle fait valoir, jugeant que "les explications (du groupe) manquent de consistance".

L'UE demande désormais à AstraZeneca de recourir à ses usines britanniques, comme prévu dans le contrat signé en août 2020, pour honorer les commandes des Vingt-Sept.

Si les autorités européennes ont reconnu que le contrat avec AstraZeneca, qui n'a pas été rendu public, contient des clauses d'audit sur les sites de production, un porte-parole de la Commission s'est refusé mercredi à commenter la demande d'inspection en Belgique.

L'AFMPS avait déjà effectué une visite du site de Novasep en janvier, pour une inspection de routine doublée d'une inspection d'agrément d'une extension de capacité, mais "sans lien particulier avec la Commission européenne".