Les animaux de compagnie peuvent être infectés par le variant britannique du coronavirus (B.1.1.7). C’est ce qui ressort d’une enquête menée par une clinique vétérinaire anglaise dont les résultats ont été publiés pour la première fois le 18 mars sur le site BioRxiv et largement relayés dans la presse internationale.

Les vétérinaires ont remarqué, entre décembre et février, une soudaine augmentation des cas de myocardite chez des chiens et des chats dans leur clinique située à Londres.

La fréquence de cette pathologie, dont le principal symptôme est une inflammation du muscle cardiaque, était passée chez des animaux de compagnie de 1,4 % à 12,8 %.

Tous les animaux présentaient des signes cliniques similaires tels qu’une subite léthargie, une perte d’appétit, une accélération du rythme cardiaque et une gêne respiratoire.

Après recherches, les vétérinaires ont découvert que dans la plupart des cas, les personnes qui s’occupaient de ces chiens et chats avaient développé des symptômes respiratoires du Covid dans les trois à six semaines avant que ces animaux de compagnie ne tombent malades.

Suite à ces découvertes, des prises de sang et divers prélèvements ont été effectués sur sept animaux (six chats et un chien) admis dans l’établissement entre le 22 janvier et le 10 février. Au même moment, les vétérinaires ont analysé le sang de quatre animaux (deux chats et deux chiens) qui venaient de se remettre d’une myocardite.

Après analyse : trois prélèvements se sont révélés positifs, confirmant une infection par le variant britannique. Par ailleurs, des anticorps anti-Sars-CoV-2 ont été détectés dans trois échantillons sanguins, l’un recueilli chez un animal à la phase aiguë de la maladie, deux autres chez des animaux au cours de leur guérison.

Pour les chercheurs, "le développement de signes cliniques inhabituels chez ces animaux, en l’occurrence la survenue d’anomalies cardiaques sévères secondaires à une myocardite avec altération de l’état général mais en l’absence de signes respiratoires primaires" représente un "résultat remarquable et inattendu".

"Compte tenu de l’infectiosité et de la transmissibilité accrues du variant B.1.1.7 pour les humains, la découverte de chats et de chiens infectés par le B.1.1.7 met plus que jamais en évidence le risque que les animaux de compagnie puissent potentiellement jouer un rôle significatif dans la dynamique de l’épidémie de Sars-CoV-2, plus important qu’on ne le pensait jusqu’à présent", ont expliqué les chercheurs britanniques et français dans le journal Le Monde.