Que faut-il retenir de la conférence de presse de ce mercredi?

Avant de laisser les experts répondre aux questions, Emmanuel André, porte-parole interfédéral, a rappelé l'importance de maintenir les règles d'hygiène. "Nous voyons que la tendance vers une diminution lente mais réelle du nombre de patients hospitalisés se confirme. La prolongation des mesures d'hygiène des mains, de distanciation physique restent capitales car ce que nous faisons aujourd'hui va déterminer l'évolution de cette épidémie dans les semaines à venir."

Benoît Ramacker, porte-parole du centre de crise, a tenu à ajouter: "Le Conseil national de sécurité a prolongé les mesures jusqu'au 3 mai. Cela a pour but de réduire le plus drastiquement possible la courbe. Et nous sommes sur la bonne voie. Il est important maintenant de ne pas sauter les étapes. Nous devons encore tous être patients. Car si nous allons trop vite, le risque est grand de voir resurgir le virus de manière plus belle. Les mesures sont importantes pour tout le monde. En particulier pour les personnes qui vivent seules ou sont isolées. Le Conseil national de sécurité a voulu tenir compte des aspects psycho-sociaux, psychologiques et moraux de ces personnes isolées. Les habitants de ces collectivités résidentielles, par exemple des maisons de repos ou de soins ou les centres accueillant des personnes en situation de handicap, peuvent s'ils le souhaitent organiser des visites. Cette mesure est aussi valable pour les personnes seules chez elles qui ne peuvent se déplacer. Bien évidemment, accepter une telle visite doit se faire sous certaines conditions. Et avant tout, en tenant à l’œil la santé de tous."

Benoit Ramacker précise également que les magasins de bricolage et jardinerie vont rouvrir. "Ces décisions ont pour but de rendre plus facile cette situation déjà difficile. Faites bien attention: ces magasins doivent respecter les mêmes règles que celles en vigueur dans les supermarchés (distance physique, maximum un client par 10m²...). On fait appel à votre sens civique également car s'il y a trop de monde dans ces magasins, il faut rentrer chez vous."

Les experts ont ensuite répondu aux questions des journalistes.

Il semble que le nombre de décès du Covid-19 dans les maisons de repos ait été surévalué. Comment expliquer cela? 

"Il faut bien prendre en considération que, dans la surveillance des maladies infectieuses, il y a plusieurs systèmes pour compter et se rendre compte de la réalité. La comptabilisation des cas qu'on appelle suspects sans test de laboratoire est nécessaire. Et certainement dans une situation où il est difficile de confirmer les cas. Cela a été le cas pendant plusieurs semaines mais, aujourd'hui, nous sommes dans une évolution dans la capacité à réaliser des tests. La proportion de cas qui seront confirmés par un test de laboratoire va évoluer. C'est donc de la bonne pratique que de prendre en considération les cas suspects. C'est nécessaire et nous l'avons fait, en toute transparence. Aujourd'hui, nous cherchons à évoluer vers une proportion plus importante des cas confirmés dans les maisons de repos. C'est d'ailleurs ce que nous voyons dans les chiffres du jour. Aujourd'hui, plus de 289 personnes sont décédées dans les maisons de repos et, parmi ces 289 personnes, plus de 30% ont eu un test qui ont confirmé une infection au Covid-19. Il y a encore un effort à réaliser dans ce sens et la surveillance de ces cas suspects va continuer." 

Est-il vrai que les enfants entre 0 et 1 an peuvent être infectés et que le risque d'infection augmente à partir de 10 ans mais qu'il n'y a pratiquement aucune infection connue chez les enfants entre 1 et 10 ans?

"L'ensemble des tranches d'âge de la population peut être infecté par ce virus car tout le monde peut être exposé. Ce qui va changer en fonction de ces tranches d'âge, c'est la proportion de personnes qui va développer des symptômes, voire des symptômes très sévères. Chez les enfants et petits enfants, cette infection peut exister mais dans la grande majorité, elle est sans symptôme ou avec des symptômes très légers."

Conseillez-vous aux gens de fabriquer des masques chez eux?

"L'utilité de porter des masques est incontestable. Nous les conseillons pour les groupes à risques et les utilisons dans les institutions de soins. Dans une logique de réouverture de notre société, le port du masque sera certainement un des éléments qui permettra de contenir la propagation du virus. En aucun cas toutefois, la production de ces masques ne doit diminuer l'importance accordée aux autres mesures comme la distanciation physique ou le lavage des mains." 

Revoir la conférence de presse: