Toutes les 17 secondes, une personne décède de la Covid-19 dans l'UE, rappelle-t-elle. "Les festivités de fin d'année seront différentes, tout comme le reste l'a été cette année", indique la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides. "Nous ne pouvons mettre en péril les efforts que nous avons tous faits dans les récents mois et semaines. Cette année, sauver des vies passera avant les célébrations", a-t-elle poursuivi, en marge d'une vidéoconférence des ministres européens de la Santé.

L'exécutif européen recommande aux 27 États membres vigilance et prudence durant l'hiver et la période des congés de fin d'année. La Commission rappelle le principe qui devrait guider tout relâchement des mesures: "Tout assouplissement des mesures doit tenir compte de l'évolution de la situation épidémiologique et d'une capacité suffisante de dépistage, de recherche des contacts et de traitement des patients". Si la santé reste une compétence principalement gérée par les États, la Commission ne se prive pas d'indiquer la voie à suivre: sur base de simulations établies par l'ECDC, "il est difficile actuellement de justifier une levée des mesures de contrôle", communique-t-elle. Si un assouplissement temporaire est envisagé sur le plan social pour les fêtes, il est conseillé d'introduire une obligation d'auto-isolement de chaque personne avant et après l'évènement.

Maintenir autant que possible la distance entre personnes, et limiter les contacts sociaux, que ce soit durant les fêtes ou en vacances, seront les clés pour que les cas ne se multiplient pas durant l'hiver. Mais la Commission ne recommande pas pour autant d'obliger systématiquement les citoyens à rester chez eux: l'essentiel est de communiquer clairement des mesures proportionnées, rationnelles, stables et transparentes, adaptées à la situation locale, selon sa "stratégie" transmise aux 27. Soucieux de ne pas voir se répéter les déconfinements trop précipités de la première vague, l'exécutif européen s'inquiète en effet parallèlement d'un manque grandissant d'adhésion de la population aux mesures qui restreignent sa liberté.

Il met ainsi en avant l'utilité d'établir des objectifs chiffrés, et ne décourage pas forcément les voyages intra-européens. "Ce n'est pas le voyage en tant que tel qui est risqué, mais plutôt ce qui y est lié, et l'après-voyage", commente Stella Kyriakides. La Commission met là aussi surtout en avant la nécessité d'une communication claire de la part de chaque autorité sur ce qu'elle exige en termes de quarantaine, etc.

Mercredi également, l'ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies) et l'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) ont d'ailleurs publié de nouvelles recommandations communes quant à la gestion des voyages par avion intra-européens en ces temps de pandémie. Dans ce document, les deux instances observent que le coronavirus est actuellement largement répandu en Europe, ce qui fait que les voyageurs intra-européens (Grande-Bretagne comprise) ne sont pas susceptibles d'augmenter de manière significative la propagation du virus. Sauf s'ils ont été en contact récent avec un cas positif, ces voyageurs ne devraient donc pas être considérés ni traités cmme une population à haut risque. L'Europe ne recommande donc pas de test ou de quarantaine systématique, mais plutôt de soumettre les voyageurs aux mêmes règles que la population locale.