Séoul a étendu dimanche à l'ensemble du territoire sud-coréen les mesures déjà en vigueur dans la région de la capitale, fermant plages, restaurants, bars karaoké et musées et suspendant les rencontres sportives à huis clos.

La Corée du Sud, un des premiers pays touchés au printemps après la Chine, a fait état dimanche de 397 nouveaux cas de coronavirus, la plus forte hausse quotidienne depuis début mars. "La situation est très grave car nous sommes au bord d'une épidémie nationale", a déclaré dimanche le directeur des Centres coréens de contrôle et de prévention des maladies (KCDC), Jung Eun-kyeong. Ce pays a jusqu'ici réussi à juguler l'épidémie grâce à une stratégie très poussée de tests et de traçage des personnes contaminées, sans confinement imposé.

Crainte des cas importés 

En Europe, les retours de congés mettent sur le qui-vive des pays qui craignent une flambée de cas importés de l'étranger.

Ainsi, l'Autriche a instauré samedi de stricts contrôles sanitaires à la frontière slovène, qui provoquent d'immenses encombrements : les vacanciers, notamment allemands et néerlandais, ont patienté à certains endroits jusqu'à dix heures cette nuit. Vienne invoque une hausse constante du nombre des contaminations sur le territoire autrichien, un tiers des vacanciers étant testés positifs depuis un mois à leur retour de Croatie. Depuis samedi, l'Autriche arrête chaque voiture en provenance de Slovénie pour enregistrer les données personnelles de tous les passagers, même en transit, afin de pouvoir tracer les contaminations.

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L'Italie, le premier pays européen touché au printemps, craint également une deuxième vague : la région de Rome a enregistré en 24 heures un nombre record de nouveaux cas depuis le début de la pandémie en mars, en majorité liés à des retours de vacances. Sont notamment montrées du doigt les personnes rentrant de Sardaigne (sud), une île épargnée par la première poussée de l'épidémie, mais où les allées et venues de touristes et de fêtards ont contribué à la diffusion du virus. L'Italie organise des tests en "drive-in" pour les vacanciers arrivant de cette île en ferry à Civitavecchia, un grand port à 70 km au nord de Rome. "A bord du ferry, on était serrés comme des sardines, ils n'ont même pas réduit les capacités des navires ou augmenté leur fréquence", regrette Francesco Mazza, un producteur vidéo de 43 ans, maudissant la "désorganisation italienne".

En Allemagne aussi, le nombre des nouvelles contaminations a fortement progressé ces derniers jours, en raison du retour massif de touristes allemands qui ont passé leurs vacances dans des zones à risque à l'étranger, selon les autorités.

L'épidémie "ne s'est jamais arrêtée... Elle a seulement été contrôlée pendant le confinement puis le déconfinement progressif". "Le risque, c'est que, après avoir enlevé doucement le couvercle de la casserole, l'eau se remette à bouillir", a mis en garde le ministre français de la Santé Olivier Véran.

Au niveau mondial, la pandémie a fait au moins 805.470 morts et plus de 23 millions de personnes ont été contaminées dans 196 pays et territoires depuis l'apparition du virus en Chine fin décembre, selon un comptage de l'AFP.

L'Amérique latine et les Caraïbes sont la région la plus endeuillée avec plus de 257.469 morts, avant l'Europe, puis les Etats-Unis. Plus de la moitié des décès dus au Covid-19 sur la planète ont été enregistrés dans quatre pays : les Etats-Unis, le Brésil, le Mexique et l'Inde.