C'est un rapport qui a fait l'effet d'une bombe ce lundi soir. Les experts de l' Imperial College London  ont publié un document de vingt pages intitulé "Impact des interventions non pharmaceutiques pour réduire la mortalité du Covid-19 et la demande de soins".

Deux modèles y sont opposés : le confinement et l'immunité collective.

1. Le confinement

C'est la situation que vivent déjà les Italiens, les Français, les Espagnols ou les Belges, avec plus ou moins de souplesse selon les pays. Les citoyens ne peuvent sortir de chez eux que pour se rendre au travail, pour raison impérieuse (dans les cas les plus strictes, comme en Italie), ou pour courir seul (en France par exemple). La logique : en restant chez soi, en n'ayant quasiment aucune interaction, on ne fait pas circuler le virus et on ne contamine personne.

Cette mesure a un impact économique énorme, mais il permet de sauver plus de vies. 

2. L'immunité collective

C'est le choix opéré par les Pays-Bas ou le Royaume-Uni (qui va certainement revenir sur sa décision). Pour favoriser le développement d'une immunité collective dans l'attente d'un vaccin, les autorités misent sur le fait que les citoyens non vulnérables seront contaminés par le nouveau coronavirus. Les personnes âgées et les malades, eux, doivent être davantage protégés. Le confinement n'est donc pas total même si cette mesure peut s'accompagner de la fermeture des écoles, bars, restaurants...

Ce choix-ci est moins radical pour l'économie du pays car de nombreux secteurs restent en activité, mais le coût humain est bien plus élevé et les hôpitaux sont engorgés. En outre, rien n'indique qu'une personne reste immunisée après avoir été atteinte du nouveau coronavirus.

Dans son rapport, l'Imperial College s'est concentré sur les conséquences des mesures prises dans deux pays : le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Avec l'immunité collective, 81% de la population serait touchée par le virus. Dans le scénario du pire, où aucune mesure ne serait prise, le nombre de décès serait de 510.000 outre-Manche et de 2,2 millions outre-Atlantique. Etant donné les mesures imposées actuellement par ces deux pays, le nombre de morts avoisinerait plutôt les 250.000 au Royaume-Uni et 1,1 à 1,2 million aux Etats-Unis.

Quid en Belgique ?

Sur base des données concernant le Royaume-Uni, Marius Gilbert, épidémiologiste de l'ULB, a évalué l'impact des deux scénarios en Belgique. Contacté par nos confrères de L'Echo, il signale que, vu la différence de population, il "suffit de diviser par six". Il estime donc que le confinement entraînerait entre 1.600 et 7.000-8.000 décès, alors que l'immunité collective ferait entre 80.000 à 90.000 morts.