Le gouvernement fédéral a annnoncé que 53 personnes seront évacuées dimanche de Wuhan, la ville chinoise mise en quarantaine en raison du coronavirus. Ces personnes seront rapatriées en Belgique, à Melsbroek. Parmi elles, il y a neuf Belges.

La ministre de la Santé Maggie De Block et le ministre des Affaires étrangères Philippe Goffin l'ont annoncé lors d'une conférence de presse organisée vers 16h ce vendredi: "La France envoie un avion aujourd’hui. Il va décoller à 22 heures de Paris. Si tout se passe comme prévu, le retour se fera en Belgique dimanche. L’avion atterrira d’abord près de Marseilles pour déposer les Français, il viendra ensuite à Melsbroek."

Sur ces 53 passagers, il y a 41 personnes de différentes nationalités et douze Belges (précisément 9 Belges et leurs trois proches chinois). Ces individus ont tous été soumis à des tests médicaux en Chine, les Belges seront une nouvelle fois testés à leur arrivée en Belgique, afin de détecter d'éventuels malades dont les symptômes ne se seraient pas encore développés.

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Maggie De Block a précisé que le risque d'infection chez les personnes rapatriées est très faible: "C’est moins grave qu’une grippe mais il faut prendre des mesures pour éviter des surinfections. Il faut traiter les symptômes. Il n’existe pas encore de traitement antiviral en Belgique, on cherche aussi pour cela. Les mesures prises sont peut-être un peu exagérées mais ce sont des précautions nécessaires. Mais les personnes qui reviennent sont toutes en bonne santé."

En quarantaine

Plus concrètement, à Melsbroek, les 11 Danois, 23 Néerlandais, cinq Tchèques et deux Slovaques seront très rapidement pris en charge par leur pays respectif qui les ramènera chez eux. Les 9 Belges et leurs proches seront quant à eux placés en quarantaine à l’hôpital militaire de Neder-over-Hembeek. “C’est une mesure de précaution, insiste Maggie De Block. Normalement, ils sont en bonne santé, ils seront testés par les Chinois (température, symptômes…) et par les services de voyage français, avant le décollage. Mais on veut protéger la santé de la population et on prendra donc des mesures de quarantaine, comme ils ont été en quarantaine en Chine, on va continuer cela.” Lors de la quarantaine belge, sera fait un second test (frottis) pour détecter le coronavirus, “ce qui permettra de savoir en quelques heures combien de personnes sont infectées. Cela influencera la période de quarantaine.” On ignore en effet encore sa durée. “On va s’aligner sur les recommandations de l’OMS mais aussi sur les mesures qui seront prises dans les pays autour de nous, en Europe.” France ou Royaume-Uni ont mis sur pied une quarantaine de 14 jours.

À Neder-over-Hembeek, il s’agira d’une quarantaine dite de groupe – les personnes ne seront pas isolées individuellement même si elles disposeront bien sûr de leurs propres chambres. Les Belges rapatriés pourront se retrouver pour manger, par exemple. Les visites seront interdites et ils devront porter des masques, pour éviter que ceux qui sont asymptomatiques infectent les autres. “La probabilité que ces gens soient infectés est vraiment très faible. La quarantaine, c’est pour exclure chaque risque”, insiste encore le virologue Steven Van Gucht (Sciensano). Des médecins les examineront régulièrement et si quelqu’un montre des symptômes, le malade sera alors transporté vers un centre de référence (CHU Saint Pierre et hôpital universitaire d'Anvers) où il sera traité. “Nos procédures coronavirus ont été bien testées puisque 15 à 20 personnes ont déjà été vues, et tous les tests étaient négatifs”, note d'ailleurs la ministre. Mais le risque est réel. On pourrait très bien avoir l'un ou l'autre jour un cas de contamination au coronavirus en Belgique. ”