S'il y a bien une chose que chacun d'entre nous veut à tout prix éviter, c'est de contaminer son entourage en cas d'infection au coronavirus. Mais il semblerait que certains, malgré leurs efforts, soient plus enclins à transmettre le virus que d'autres. C'est ce que des chercheurs ont récemment établi grâce à une étude s'intéressant aux risques de transmission du Covid-19 par aérosol, en fonction de différentes caractéristiques physiques et physiologiques. Leur objectif était avant tout d'établir dans quelles circonstances la personne infectée était la plus à même de propager le virus. S'intéressant au nez, à la dentition et à la salive des individus, les chercheurs de l'UCF (University of Central Florida) ont remarqué que la probabilité de propagation du virus pouvait grandement augmenter en fonction de la variation de ces trois éléments. 

Grâce à la modélisation 3D, les scientifiques ont pu étudier les éternuements de personnes présentant des caractéristiques physiologiques différentes et la distance à laquelle se répandaient les gouttelettes émises par ces individus. Ils se sont ainsi intéressés à quatre cas de figures: une personne avec une dentition complète et un nez dégagé, une personne avec une dentition incomplète et un nez dégagé, une personne avec une dentition complète et un nez congestionné, et enfin, une personne avec une dentition incomplète et un nez congestionné. 

Selon les résultats de l'étude, un nez congestionné aurait un important impact sur la probabilité de contamination puisqu'il augmenterait de 300% la quantité de gouttelettes émises et de 60% la distance sur laquelle elles se répandent. Le fait d'avoir une dentition complète augmenterait également les risques de propager le virus. Pour les scientifiques, ces deux données semblent logiques au regard de la mécanique des fluides. Au moment d'éternuer, un nez bouché va restreindre la sortie des fluides par les narines. Cela va entraîner une propulsion de gouttelettes par la bouche à une vitesse plus importante. Il en va de même pour les dents qui viennent rétrécir la zone de sortie de l'éternuement et impactent également la vitesse à laquelle sont expulsées les gouttelettes. 

Votre salive est-elle fine ? Aïe...

Le troisième point sur lequel se sont concentrés les chercheurs concerne la salive et plus particulièrement sa texture. Ils se sont ainsi rendus compte que plus la salive était fine, plus elle allait être à même de propager le coronavirus. En effet, une salive épaisse tomberait plus rapidement sur le sol, alors que si elle est plus fine elle flotterait plus longtemps dans l'air représentant davantage une menace en termes de contamination. Le risque serait réduit de 47% quand la salive est épaisse, selon les simulations effectuées par les chercheurs. 

Ces travaux vont de pair avec les recherches de l'UCF au sujet d'une pastille contre la toux Covid-19 qui rendrait plus épaisse la salive des patients afin de réduire la propagation du virus. 

Les scientifiques ont affiché leur satisfaction quant aux résultats obtenus présentés dans la revue Physics of Fluids. "Cette étude montre que les niveaux d'exposition dépendent fortement de la dynamique des fluides qui peut varier en fonction de plusieurs caractéristiques physiques", a réagi l'un des chercheurs, K. Ahmed. "Ces caractéristiques peuvent être des facteurs sous-jacents expliquant que certaines personnes sont des super-propagateurs." 

Plus encore, selon un autre des co-auteurs de l'étude, cette dernière permettra d'adopter des mesures sanitaires plus appropriées pour éviter les contaminations. "Ces conclusions devraient offrir de meilleures conditions pour faire face aux maladies traditionnelles ou aux potentielles pandémies à venir", a conclu Douglas Fontes.