Irlande du Nord

Le gouvernement nord-irlandais a décidé jeudi soir d'instaurer après Noël, et pour six semaines, un nouveau confinement face à la forte progression de l'épidémie de nouveau coronavirus dans la province britannique. Après ceux qui ont été instaurés au printemps et à l'automne, l'Irlande du Nord connaîtra ainsi son troisième confinement.

Les nouvelles restrictions entreront en vigueur à partir du 26 décembre et feront l'objet d'une évaluation au bout de quatre semaines, a annoncé la vice-Première ministre Michelle O'Neill, soulignant que la propagation du virus imposait "une intervention urgente".

Les commerces non-essentiels devront fermer, tout comme les pubs et restaurants, qui pourront toutefois faire de la vente à emporter.

La première des six semaines de confinement sera encore plus stricte, avec interdiction de tous les événements sportifs et fermeture des magasins avant 20h00.

Ce nouveau confinement interviendra juste après un assouplissement des restrictions dans tout le Royaume-Uni autour de Noël.

La capacité des hôpitaux nord-irlandais a été dépassée par le nombre de cas de coronavirus. Avec plus de 66.000 morts, le Royaume-Uni est l'un des pays d'Europe le plus durement touché par la pandémie.

Allemagne

L'Allemagne a enregistré un record d'infections au Covid-19 en seulement 24 heures qui ont dépassé pour la première fois depuis l'apparition du virus les 30.000, selon les données définitives annoncées jeudi par l'institut de veille sanitaire RKI.

Après avoir annoncé dans un premier temps 26.923 nouvelles infections en 24 heures, l'institut Robert-Koch a indiqué qu'il fallait ajouter 3.500 cas nouvellement enregistrés dans la région du Bade-Wurtemberg et qui n'avait pas été pour des raisons techniques encore comptabilisés. Cela porte à 30.423 le nombre de nouvelles infections en 24 heures, soit un niveau jamais atteint jusqu'ici.

Angleterre

Plusieurs régions situées dans l'est et le sud-est de l'Angleterre seront soumises aux plus strictes restrictions locales en vigueur pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus, a annoncé jeudi le ministre de la Santé Matt Hancock. Avec ce durcissement concernant huit zones samedi, plus des deux tiers des habitants de l'Angleterre, confinée dans son ensemble en novembre, se verront appliquer ce régime très strict.

Dans ces régions en niveau trois du système d'alerte, pubs et restaurants seront fermés, sauf s'ils font de la vente à emporter. Hôtels, musées et salles de spectacles doivent aussi rester portes closes, mais les établissements scolaires restent ouverts.

Fortement touchée par la seconde vague, la capitale, Londres, a aussi été placée au niveau le plus élevé de restrictions mercredi.

En raison d'une baisse du nombre de cas de Covid-19, la ville de Bristol et la région du Somerset Nord, dans l'ouest, descendent d'un cran, au niveau "élevé", ce qui permet la réouverture des pubs, restaurants et hôtels. Seules des personnes d'un même foyer peuvent cependant s'y retrouver en intérieur.

Situé à la frontière du Pays de Galles, le Herefordshire, tombé à environ 45 cas pour 100.000 habitants, passe au niveau le moins élevé de restrictions.

Le Royaume-Uni, pays d'Europe le plus durement touché avec l'Italie avec plus de 65.000 morts, fait face actuellement à une deuxième vague hivernale.

Etats-Unis

Les Etats-Unis ont enregistré mercredi un lourd bilan de plus de 3.700 morts et 250.000 cas de coronavirus en une seule journée, un double record depuis le début de la pandémie, selon les chiffres de l'université Johns Hopkins. Le pays est confronté depuis plus d'un mois à un rebond spectaculaire de l'épidémie. Quelque 113.000 personnes sont par ailleurs actuellement hospitalisées à cause du virus, selon les données du ministère américain de la Santé. Il s'agit là aussi d'un plus haut.

Début de la campagne de vaccination en Arabie Saoudite

L'Arabie saoudite a commencé jeudi une vaste campagne de vaccination contre le nouveau coronavirus, le ministre de la Santé ayant été parmi les premiers à recevoir devant les caméras une dose du vaccin de l'alliance américano-allemande Pfizer-BioNTech. Outre le ministre Tawfik al-Rabiah, une femme en fauteuil roulant et un autre homme ont été parmi les premières personnes à recevoir le médicament dans un centre de vaccination de Ryad, a constaté un journaliste de l'AFP.

"C'est le début de la fin de la crise", a assuré M. Rabiah à la presse.

"Durant les neuf derniers mois, j'ai suivi avec inquiétude le nombre de personnes contaminées. Aujourd'hui, je vais commencer à compter avec joie le nombre de personnes vaccinées", s'est-il réjoui.

Le royaume avait annoncé mardi une campagne de vaccination massive en trois phases. La première concerne les personnes les plus vulnérables, telles que les personnes âgées de plus de 65 ans, souffrant d'obésité et de maladies chroniques graves, ou encore exerçant des professions particulièrement exposées au virus.

La deuxième bénéficiera aux individus de plus de 50 ans, aux autres praticiens de la santé et à ceux qui souffrent de maladies moins graves.

Enfin, toutes les autres personnes souhaitant être vaccinées pourront l'être durant la troisième phase. Les dates des deux dernières phases n'ont pas été précisées.

Plus de 100.000 personnes, sur une population d'environ 34 millions d'habitants, se sont inscrites via l'application gouvernementale "Sehaty" pour bénéficier du vaccin "gratuit pour tous", a indiqué le ministère de la Santé.

Brésil

Le Brésil est repassé au-dessus des 1.000 morts quotidiennes du coronavirus pour la première fois depuis le 30 septembre, selon le dernier bilan publié jeudi par le ministère de la Santé, qui fait état de 1.092 nouveaux décès.

Le plus grand pays d'Amérique Latine, qui subit de plein fouet la seconde vague de la pandémie, déplore au total 184.827 décès dûs au covid-19, avec 7.110.434 cas confirmés.

Le nombre de nouvelles contaminations reste également extrêmement élevé (+69.826), proche du record historique de mercredi (70.574).

Le pays de 212 millions d'habitants connaît depuis novembre une forte recrudescence des cas et des décès et de nombreux spécialistes craignent que la situation s'aggrave avec les fêtes de fin d'année.

Les courbes de la pandémie avaient baissé nettement après un interminable plateau à plus de 1.000 morts par jour en moyenne de juin à août, avant de remonter de nouveau le mois dernier.

La situation est d'autant plus préoccupante que la vaccination s'annonce chaotique, avec un plan national d'immunisation tardif critiqué de toutes parts.

Le ministère de la Santé vise l'immunisation d'au moins 70% de la population, soit près de 150 millions de personnes, sous 16 mois.

Mais le président d'extrême droite Jair Bolsonaro, qui n'a cessé de minimiser la pandémie, a semé le trouble pour la population en assurant qu'il ne se ferait pas vacciner.

Il a également discrédité à plusieurs reprises le CoronaVac du laboratoire chinois Sinovac, produit localement par l'Institut Butantan sous tutelle du gouverneur de l'Etat de Sao Paulo, Joao Doria, pressenti comme de ses principaux adversaires pour la présidentielle de 2022.

Suède

Malgré un durcissement des autorités ces dernières semaines, la Suède et sa stratégie atypique contre le coronavirus sont de nouveau mises en grande difficulté par une redoutable deuxième vague que le pays nordique a longtemps cru pouvoir éviter.

"L'autorité de santé publique avait préparé trois scénarios cet été. Nous nous étions calés sur celui du pire. Or, il s'avère que c'est deux fois pire" que redouté, explique à l'AFP Lars Falk, un responsable de soins intensifs à l'hôpital Karolinska de Stockholm.

Services de réanimation sous tension, demande de renfort de tout le personnel sanitaire qualifié à Stockholm, mortalité jusqu'à dix fois supérieure à ses voisins nordiques: cet automne, la stratégie suédoise, moins stricte face à l'épidémie, répète son bilan très médiocre du printemps.

"Malheureusement, le niveau de contamination ne diminue pas (...) et c'est très inquiétant", a affirmé à l'AFP le directeur sanitaire de la région de Stockholm, Björn Eriksson, décrivant "une pression extrême sur le système de santé".

Après avoir déjà demandé le renfort à tout le personnel sanitaire qualifié, notamment des cliniques privées, il a ordonné mardi l'annulation de toutes les opérations non urgentes dans la région.

"Maintenant, ça suffit", avait-il pesté la semaine dernière. "Ca ne vaut pas le coup de boire un verre après le travail, rencontrer des gens en dehors de son foyer, faire du shopping de Noël ou prendre un café: les conséquences sont terribles".

En début de semaine, les hospitalisations liées au Covid en Suède ont égalé leur pic du 20 avril, avec près de 2.400 patients traités - même si la proportion en soins intensifs est deux fois moindre qu'au printemps, autour de 10%.

Le nombre de morts a atteint 7.802 mercredi - dont plus de 1.800 depuis début novembre - et celui de nouveaux cas tourne autour d'un niveau record, au-delà de 6.000 par jour en moyenne, selon les données officielles.

Sans masque, ni fermeture des bars, restaurants et magasins, ni quarantaine obligatoire, la Suède s'est distinguée par une stratégie basée essentiellement sur des "recommandations" et très peu de mesures coercitives.

Face à la forte remontée des cas, des recommandations très strictes ont néanmoins été émises - notamment de ne fréquenter que les personnes de son foyer - mais leur non respect n'est pas sanctionné.

Contrairement à une vision répandue, le pays scandinave n'a jamais visé l'immunité collective.

Tokyo

Tokyo a confirmé un record de 822 nouvelles infections au coronavirus jeudi, marquant la plus forte augmentation quotidienne pour la deuxième journée consécutive, la ville hôte des Jeux olympiques n'ayant toujours pas réussi à freiner la propagation du virus. Le dernier nombre en date est nettement supérieur au précédent record quotidien de 678 établi mercredi.

Le Japon a connu une résurgence de nouveaux cas de coronavirus depuis la mi-novembre, les responsables gouvernementaux et les experts appelant les citoyens à prendre des précautions contre les infections et à limiter leurs déplacements.

Le Japon a jusqu'à présent évité une épidémie de virus de l'ampleur de celle observée en Europe et aux États-Unis, avec un total d'environ 187.000 infections connues et plus de 2.700 décès liés au Covid-19.

Afrique du Sud

L'Afrique du Sud a dépassé dimanche la barre de 10.000 cas positifs en 24 heures, atteignant 21% de positivité aux tests Covid, s'est inquiété le ministre de la Santé dans un communiqué. En début de semaine dernière, ce chiffre était déjà de 8.000 nouveaux cas par jour en moyenne, ce qui avait incité le président Cyril Ramaphosa à annoncer de nouvelles restrictions, notamment un couvre-feu anticipé à 23H00 et la fermeture ponctuelle pendant les fêtes de nombreuses plages du sud-est du pays en ce début d'été austral.

Lors du pic de la première vague en juillet, le pays avait compté jusqu'à 12.000 cas/jour.

"Nous avons dépassé la barre des 10.000 cas, nos nouveaux cas quotidiens augmentent de manière exponentielle", s'est inquiété Zweli Mkhize. "Notre taux de positivité s'établit à 21%, bien au-delà du taux idéal de 10%".

Les régions les plus touchées restent celles du Cap, la pointe sud du pays, avec presque un tiers des 10.008 nouveaux cas, souligne le ministre de la Santé, devant le Kwazulu-Natal (sud-est) puis la région de la capitale économique Johannesburg.

"Nos plages sont généralement bondées en cette période de l'année et les gens insouciants", note le ministre. Mais les vacanciers qui se rendront à la plage les jours où cela reste autorisé pendant les fêtes devront prendre les précautions nécessaires. Pour que ces jours de liesse ne se transforment pas en "jours de regret", se traduisant par de nouveaux cas et des morts, plaide M. Mkhize.

Dimanche soir, le pays de près de 58 millions d'habitants comptait 23.827 morts, pour 883.687 cas positifs, depuis le début de la pandémie.

L'Europe, première région à enregistrer plus d'un demi-million de morts

L'Europe est devenue jeudi la première région du monde à enregistrer plus d'un demi-million de morts du Covid-19, selon un comptage réalisé par l'AFP peu avant 15H00 GMT à partir de bilans fournis par les autorités de santé. Les 52 pays et territoires de la région européenne (qui va à l'est jusqu'à l'Azerbaïdjan et la Russie) totalisaient au moins 500.069 décès (pour 23.059.233 contaminations déclarées), devant l'Amérique latine et les Caraïbes (477.404 morts, 14.229.617 cas), les Etats-Unis/Canada (321.287, 17.463.834), l'Asie (208.149, 13.258.651), le Moyen-Orient (85.895, 3.713.430) et l'Afrique (57.423, 30.634).