Plusieurs pays ont récemment modifié ou prolongé leurs mesures pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus. Au total, la pandémie de Covid-19 a fait au moins 1.843.631 morts dans le monde, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles lundi à 11H00 GMT. Plus de 85.051.970 cas d'infection ont été officiellement diagnostiqués.

Royaume-Uni

La Grande-Bretagne réinstaure le confinement mardi pour lutter contre l'accélération de l'épidémie de Covid-19, due notamment au nouveau variant du coronavirus.

Le Royaume-Uni, qui déplore plus de 75.000 morts, est l'un des pays d'Europe les plus endeuillés par la pandémie. Le variant qui sévit sur son sol a aggravé la tendance, avec plus de 50.000 nouvelles contaminations par jour, et même près de 59.000 lundi.

"Il est clair que nous devons faire plus", a lancé lundi le Premier ministre Boris Johnson en annonçant le reconfinement total de l'Angleterre jusqu'à la mi-février. Les écoles ferment dès ce mardi.

L'Ecosse, dans le nord de l'île de la Grande-Bretagne, entame mardi sa première journée de confinement total, avec la aussi la fermeture des écoles. Les deux autres provinces du Royaume-Uni, l'Irlande du Nord et le Pays de Galles, avaient quant à elles déjà instauré juste après Noël leur troisième confinement.


Parallèlement, la campagne d'immunisation bat son plein avec l'introduction en ce début de semaine du vaccin du laboratoire britannique AstraZeneca et de l'université d'Oxford, qui a commencé à être injecté dans le pays.

Alors que le vaccin Pfizer-BioNTech a déjà été administré à plus d'un million d'habitants au Royaume-Uni depuis début décembre, les autorités britanniques ont commandé 100 millions de doses de celui d'AstraZeneca-Oxford, moins coûteux, plus facile à stocker et donc plus adapté à une campagne d'immunisation à grande échelle.

Allemagne

Face à l'épidémie de Covid-19 qu'elle a du mal à endiguer, l'Allemagne va prolonger et renforcer son confinement partiel, incitant notamment les citoyens à réduire encore davantage leurs contacts, jusqu'au 31 janvier, a annoncé la chancelière Angela Merkel mercredi. La plupart des magasins non alimentaires, les bars, restaurants, équipements culturels, de loisirs et les écoles vont rester fermés.

"Nous devons réduire encore nos contacts sociaux afin de combattre" la pandémie, a déclaré la chancelière lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion avec les 16 présidents de régions.

France

"Une dizaine de cas suspectés ou avérés" du variant britannique du coronavirus ont pour l'instant été repérés en France, a indiqué mardi le ministre de la Santé, Olivier Véran, en soulignant que sa transmissibilité vraisemblablement plus importante "inquiète" les autorités.

"A ce stade, nous avons une dizaine de cas suspectés ou avérés de variant anglais", a déclaré M. Véran sur RTL. "C'est un variant qui nous inquiète et pour lequel nous déployons des moyens logistiques et diagnostiques très importants", a-t-il poursuivi.

"Nous regardons cela comme le lait sur le feu", a-t-il insisté, en rappelant que "toutes les personnes qui rentrent en France en provenance d'Angleterre doivent avoir été testées". "Il y a des mises en quarantaine lorsqu'il y a des doutes", a-t-il dit.

A noter qu'en France, seulement 516 personnes avaient été vaccinées au 1er janvier dans les maisons de retraite, selon le ministère de la Santé. D'où de vives attaques de l'opposition. Secoué par le président Emmanuel Macron, le gouvernement a promis lundi une montée en puissance rapide, avec des piqûres pour tous les soignants à risques et non plus seulement dans les maisons de retraite. "Je peux vous dire qu'aujourd'hui nous aurons réalisé plusieurs milliers de vaccinations dans tout le pays, ça va monter en puissance et ça montera encore plus en puissance à partir de mercredi, jeudi, vendredi", a assuré lundi le ministre de la Santé, Olivier Véran.


En attendant, le niveau des contaminations reste préoccupant, avec environ "10.000 cas par jour" début décembre et 15.000 "aujourd'hui", selon le ministère. Et le nombre de patients Covid hospitalisés s'élève à 24.962 --soit 182 de plus que dimanche--, au plus haut depuis le 21 décembre.

Italie

L'Italie a décidé mardi de retarder la réouverture des lycées, dans le cadre du renouvellement des restrictions anti-Covid, au moment même où une ONG s'inquiète que des milliers d'élèves aient abandonné l'école après des mois d'enseignement à distance. Le retour en présentiel au lycée n'aura lieu que le 11 janvier et non le 7 janvier comme prévu initialement. Les élèves plus jeunes feront, eux, leur rentrée le 7, mais seulement pour 50% de leurs cours, selon un décret adopté en Conseil des ministres dans la nuit de lundi à mardi.

En amont de cette décision au niveau national, plusieurs régions avaient déjà décidé de repousser la rentrée dans les lycées jusque fin janvier.

Les élèves italiens ont eu seulement quelques mois de cours en présentiel en 2020 à cause du confinement imposé au printemps et de nouvelles restrictions adoptées à l'automne pour faire face à la deuxième vague du coronavirus.

L'Italie, premier pays européen gravement touché par la pandémie, a enregistré plus de 75.000 morts.

Dans son nouveau décret, le gouvernement a également prolongé l'interdiction de se déplacer entre les différentes régions jusqu'au 15 janvier et a confirmé que bars et restaurant resteraient fermés le week-end des 9 et 10 janvier.

Toute la péninsule a été classée en zone "rouge" à fort risque de contagion durant les fêtes de fin d'année, qui s'achèvent en Italie le 6 janvier à l'occasion de la fête de l'Epiphanie, jour férié en Italie.

Pays-Bas

Les Pays-Bas, eux, ont décidé d'avancer de deux jours, à mercredi, le début de leur campagne de vaccination. Ce pays est le dernier de l'UE à se lancer dans la vaccination.

Australie

En dépit d'une pression de plus en plus forte visant à accélérer la campagne de vaccination en Australie, le Premier ministre Scott Morrison a déclaré mardi ne pas vouloir prendre de "risques inutiles". Alors que de nombreux pays ont commencé à vacciner, l'autorité australienne en charge de la réglementation pharmaceutique ne devrait pas se prononcer sur les candidats vaccins avant environ un mois et les premières doses ne devraient pas être administrées avant la fin mars.

Arménie

Le président arménien Armen Sarkissian a été infecté par le coronavirus et se retrouve confiné à Londres, ont indiqué mardi ses collaborateurs, alors que le pays du Caucase rencontre des difficultés à juguler la pandémie. M. Sarkissian, 67 ans, "a eu des symptômes du nouveau coronavirus. Un test a donné un résultat positif", a indiqué dans un communiqué le bureau de la présidence arménienne, qui précise qu'il se trouvait alors à Londres pour "passer le Nouvel An parmi sa famille et ses petits-enfants" et pour être opéré de la jambe.

"Le président se trouve en confinement et continuera temporairement à remplir ses fonctions à distance", a ajouté la présidence. La fonction de président en Arménie est surtout honorifique et les principaux rouages de l'exécutif dépendent du Premier ministre, Nikol Pachinian, qui avait lui aussi été infecté en juin avec sa famille.

L'Arménie, petit pays du Caucase d'environ trois millions d'habitants, a grand mal depuis des mois à juguler la pandémie de Covid-19. Selon les chiffres officiels disponibles mardi, le pays compte plus de 160.000 cas pour 2.878 morts.

Les autorités arméniennes ont été critiquées pour leur gestion de la crise, des experts estimant ainsi que la décision de fermer les frontières avait été prise trop tard et que les responsables politiques avaient envoyé des messages contradictoires à la population.

Cette situation a été aggravée par six semaines d'un conflit meurtrier avec l'Azerbaïdjan au Nagorny Karabakh, qui a débouché le 10 novembre sur un accord de cessation des hostilités actant une déroute militaire arménienne.

Liban

Lundi, face à la flambée des contaminations, les autorités libanaises ont annoncé un nouveau confinement jusqu'à fin janvier à partir de jeudi.

Israël

Israël est le troisième pays à approuver le vaccin de Moderna, après les Etats-Unis et le Canada. Une décision de l'Agence européenne des médicaments (AEM) est attendue mercredi. L'entreprise du Massachusetts prévoit de produire au moins 600 millions de vaccins. Israël en a commandé six millions de doses. En deux semaines, le pays a déjà vacciné 1,37 million de personnes avec la première dose du vaccin de Pfizer/BioNTech.

Japon

Le gouvernement japonais a pour sa part dit qu'il "envisageait" un nouvel état d'urgence dans la région du grand Tokyo.

Mexique

Le Mexique est devenu lundi le quatrième pays à autoriser l'utilisation de ce vaccin, après le Royaume-Uni, l'Argentine et l'Inde.

Mexico a conclu un accord avec la Fondation du magnat mexicain Carlos Slim, le laboratoire AstraZeneca et l'université d'Oxford pour la production du vaccin sur son territoire et en Argentine, ainsi que sa distribution à but non lucratif en Amérique latine, à l'exception du Brésil. Il prévoit l'acquisition par Mexico de 77,4 millions de doses.

Australie

En dépit d'une pression de plus en plus forte visant à accélérer la campagne de vaccination en Australie, le Premier ministre Scott Morrison a déclaré mardi ne pas vouloir prendre de "risques inutiles". Alors que de nombreux pays ont commencé à vacciner, l'autorité australienne en charge de la réglementation pharmaceutique ne devrait pas se prononcer sur les candidats vaccins avant environ un mois et les premières doses ne devraient pas être administrées avant la fin mars.

Suisse

La Suisse a reçu jusqu'ici quelque 233.000 doses de vaccins contre le coronavirus. Ce chiffre devrait passer à au moins 1,5 million d'ici février, et Berne continue les discussions avec les entreprises pharmaceutiques pour s'assurer davantage de livraisons. Il s'agit cependant de faire preuve de patience, a souligné Nora Kronig, la responsable de la division internationale de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), lors d'une conférence de presse mardi à Berne.

L'objectif reste que toutes les personnes qui souhaitent se faire vacciner puissent l'être d'ici l'été. Les autorités avaient cependant compté sur la rareté du vaccin durant le 1er trimestre. Raison pour laquelle elles ont mis en place des plans de vaccination débutant avec les personnes âgées et à risque.

Danemark

En semi-confinement depuis mi-décembre, le Danemark a annoncé mardi durcir ses restrictions, demandant à sa population d'éviter les contacts sociaux, pour préserver son système de santé face à la multiplication des cas liés à la souche mutante britannique. "Restez le plus possible à la maison, évitez de rencontrer des personnes en dehors de votre foyer, de vos proches", a appelé la cheffe du gouvernement danois Mette Frederiksen lors d'une conférence de presse.

"Chacun d'entre nous doit réfléchir quand nous franchissons la porte", a pour sa part affirmé le chef de la police nationale Thorkild Fogde.

A partir du 6 janvier, il sera interdit de se réunir à plus de 5 personnes, contre 10 auparavant - aussi bien à domicile qu'à l'extérieur - et les distances à respecter entre les gens passent de un à deux mètres.

Si les conditions sont réunies, ces mesures - et celles déjà en vigueur depuis le mois dernier (télétravail généralisé, écoles, bars, restaurants et commerces fermés à l'exception des pharmacies et magasins alimentaires) - seront levées dès le 17 janvier, mais Mme Frederiksen a prévenu qu'elles seraient certainement prolongées ou encore durcies.

"Vous pouvez déjà vous y préparer", a-t-elle dit, affirmant qu'un couvre-feu était "le tout dernier recours".

Les crèches et jardins d'enfants restent pour le moment ouverts.

Bon élève dans la gestion de la pandémie, le pays s'inquiète de la circulation du nouveau variant du virus, qui serait selon les autorités britanniques jusqu'à 74% plus contagieux. Le Danemark a déjà recensé 86 cas mais la proportion double chaque semaine.

Lundi, l'Agence nationale de la Santé a annoncé espacer jusqu'à six semaines les deux doses de vaccin, permettant ainsi à plus de personnes de recevoir une première injection. Au Danemark, 51.512 personnes ont reçu le vaccin depuis le début de la campagne d'immunisation le 27 décembre.

Le Danemark métropolitain compte 172.779 cas et 1.420 décès pour 5,8 millions d'habitants.

Luxembourg

Le Luxembourg assouplit les mesures pour contenir la pandémie de coronavirus. Les magasins rouvriront probablement dans des conditions strictes à partir de lundi, a déclaré mardi le Premier ministre Xavier Bettel. Les écoles pourront à nouveau assurer les cours d'éducation physique et les institutions sportives et culturelles pourront rouvrir sous certaines conditions. Le couvre-feu est également assoupli. Les gens sont autorisés à sortir jusqu'à 23 heures au lieu de 21 heures.

Les restaurants et les cafés resteront fermés jusqu'à fin janvier. Les règles relatives aux contacts sociaux restent également inchangées: au maximum deux personnes d'un autre ménage peuvent venir en visite. Un masque buccal est nécessaire pour les réunions de plus de quatre personnes, a encore déclaré M. Bettel. Le Parlement adoptera la législation correspondante plus tard cette semaine.

Le nombre de nouvelles infections est passé de 550 à 167 par jour dans ce pays de 600.000 habitants par rapport à il y a un mois. Au Luxembourg, 502 personnes sont décédées des suites d'une infection au coronavirus. Il y a 124 patients dans les hôpitaux, dont 34 en soins intensifs.