Les autorités allemandes se sont alarmées jeudi d'un bond "préoccupant" des infections de Covid-19 et ont mis en garde contre une "propagation incontrôlée" du virus dans le pays, jusqu'ici moins touché que ses voisins.

"Le nombre d'infections augmente, particulièrement aujourd'hui, dans une ampleur préoccupante", a déclaré le ministre de la Santé Jens Spahn lors d'une conférence de presse à Berlin.


Le nombre de nouveaux cas quotidiens confirmés de Covid-19 en Allemagne a dépassé mercredi 4.000 pour la première fois depuis début avril, selon les chiffres publiés par l'autorité sanitaire (RKI). Le record en 24 heures est de 6.500 environ, atteint le 2 avril

Le ministre de la Santé a appelé à ne pas "gâcher" le succès de l'Allemagne jusqu'ici dans le combat de la pandémie, pays proportionnellement moins affecté que ses voisins avec une mortalité en particulier nettement inférieure.

"Nous ne savons pas encore comment la situation évoluera en Allemagne dans les prochaines semaines", a aussi mis en garde le président du RKI, Lothar Wieler.

"Il est possible que nous ayons plus de 10.000 cas par jour, il est possible que le virus se propage de manière incontrôlée", a-t-il mis en garde, tout en disant garder espoir que l'Allemagne parviendra à éviter ce seuil.

Italie: près de 4.500 contaminations quotidiennes, frôlant le record d'avril

L'Italie a enregistré jeudi 4.458 nouvelles infections par le coronavirus, se rapprochant des 4.694 contaminations quotidiennes déclarées le 11 avril. Cela représente une augmentation de près de 800 cas en un jour. Vingt-deux décès se sont en outre ajoutés à la liste des défunts du coronavirus.

Au total, l'Italie a dénombré 338.398 infections et 36.083 morts sur son territoire, d'après un décompte de la protection civile.

La Botte semblait être relativement épargnée par une seconde vague européenne, après avoir été particulièrement touchée au début de l'épidémie sur le Vieux continent. Depuis la semaine dernière, elle fait néanmoins face à un rebond de la maladie.

Mercredi, le gouvernement italien a annoncé une série de mesures afin de contenir la propagation du virus, dont le port du masque en extérieur et la prolongation de l'état d'urgence national jusqu'au 31 janvier.

Le ministre italien de la Santé, Roberto Speranza, a également adopté un décret prévoyant un test coronavirus obligatoire pour les voyageurs en provenance de la Belgique, des Pays-Bas, du Royaume-Uni et de la République tchèque. La mesure était déjà en place pour d'autres pays comme l'Espagne ou la Grèce.

Plusieurs régions dans le rouge

"Les infections augmentent dans toutes les régions" et "la plupart des infections ont lieu en Allemagne" et ne proviennent pas de touristes de retour de congés à l'étranger, contrairement à la première vague d'infections en mars, a ajouté M. Wieler.

Au total, l'institut de veille sanitaire fait état sur son site internet de 310.144 cas confirmés dans le pays, 4.058 de plus que la veille. Le seuil de 4.000 avait pour la dernière fois été dépassé le 11 avril, en plein confinement, selon la base de données historiques de l'AFP.

Le nombre de morts, avec 16 de plus en 24h, ainsi que de patients en réanimation reste cependant "relativement bas" a relevé M. Spahn.

Ce bond intervient alors que les vacances d'automne doivent commencer dans une grande partie du pays et le gouvernement d'Angela Merkel a appelé à limiter les voyages.

Les régions se sont également accordées mercredi sur des restrictions de voyages plus strictes, avec l'interdiction de séjour dans les hôtels ou appartements touristiques pour des voyageurs en provenance de zones à risque nationales.

Le nombre de villes et cantons dépassant les seuils d'infections autorisés et donc menacés par des mesures locales de confinement ne cesse d'augmenter.

Couvre-feu à Berlin

Avec un taux d'incidence dépasse les 50 cas par 100.000 habitants en une semaine, seuil synonyme pour les autorités de nouvelles restrictions, certains arrondissements de Berlin, la ville de Brême ainsi que des circonscriptions au nord-ouest et près de Stuttgart sont de telles zones rouges.

Face à l'augmentation inquiétante du nombre de nouvelles infections, Berlin et le centre financier Francfort, où l'incidence se rapproche de 50, ont déjà annoncé mardi la mise en place d'un couvre-feu et une restriction des contacts sociaux.

Dans la capitale allemande, la plupart des magasins ainsi que tous les restaurants et bars devront notamment fermer de 23 heures à 6 heures du matin à partir de samedi et au moins jusqu'au 31 octobre.

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Nouveau record journalier aux Pays-Bas

Entre mercredi matin et jeudi, 5.831 nouveaux cas de coronavirus ont été signalés aux Pays-Bas, ce qui constitue un nouveau record quotidien. L'ancien n'avait en outre qu'une journée d'ancienneté. Entre mardi et mercredi matin, l'Institut national de la Santé publique et de l'Environnement (RIVM) avait ainsi reçu 4.994 signalements de tests positifs.

Pour la première fois, le nombre de nouveaux cas aux Pays-Bas dépasse la barre des 5.000 en un jour. Près de 32.000 nouvelles contaminations ont été signalées au cours des sept derniers jours.

Le nombre de décès a, lui, augmenté de treize. Toutes ces personnes ne sont cependant pas nécessairement mortes dans les dernières 24 heures, les informations étant parfois transmises avec un certain retard. Entre mardi matin et mercredi matin, 36 décès avaient été signalés.

Depuis le début de l'épidémie de coronavirus, plus de 150.000 personnes ont été testées positives aux Pays-Bas.

Le gouvernement de Madrid demande aux résidents de ne pas quitter la capitale

La présidente de la région de Madrid a demandé jeudi aux habitants de ne pas sortir de la ville en raison de la pandémie, malgré le rejet quelques heures plus tôt par la justice des mesures de bouclage partiel de la capitale espagnole et de neuf communes voisines.

"Nous demandons de nouveau à tous les Madrilènes de ne pas sortir de Madrid et de suivre toutes les recommandations sanitaires, en particulier dans les prochains jours avec le weekend prolongé" en raison de la fête nationale, qui sera célébrée lundi, a déclaré Isabel Diaz Ayuso lors d'une brève allocution.

Un peu plus tôt, un haut tribunal de la capitale "a rejeté la ratification (des mesures), car elles nuisaient aux droits et libertés fondamentales" des 4,5 millions d'habitants concernés par ce bouclage partiel entré en vigueur vendredi soir.

Le port du masque obligatoire dans toute la Pologne à partir de samedi

Le port du masque dans les espaces publics sera obligatoire dans toute la Pologne à partir de samedi en raison d'une hausse record de contaminations, a déclaré jeudi le Premier ministre polonais.

"La deuxième vague est arrivée à nous et nous devons l'affronter de manière ferme", a déclaré Mateusz Morawiecki à la presse, expliquant que l'ensemble du pays de 38 millions d'habitants serait désormais considéré comme une "zone jaune".

La Pologne a enregistré jeudi 4.280 contaminations et 76 décès, portant les chiffres globaux pour ce pays respectivement à 111.599 et 2.867.

La situation se dégrade en Russie et flirte avec des records

L'épidémie de coronavirus en Russie continuait jeudi de rebondir avec plus de 11.400 nouvelles contaminations, niveau équivalent au pic de mai, mais le gouvernement n'a pas prévu de mesures restrictives d'ampleur. Au total, 11.493 nouveaux cas ont été recensés ainsi que 191 morts, un chiffre tout proche du record de 11.656 cas enregistré le 11 mai, quand un confinement strict était imposé dans le pays.

En un mois, le nombre quotidien de nouvelles contaminations a quasiment doublé.

Officiellement, 3.323 nouveaux cas ont été enregistrés à Moscou, la ville la plus touchée en Russie, et 461 à Saint-Pétersbourg, la deuxième agglomération du pays.

Jeudi, le patriarche Kirill, le chef de l'Eglise orthodoxe russe, a annoncé qu'il s'était isolé après avoir été en contact avec une personne testée positive.

"Le temps de ma quarantaine, selon les recommandations médicales, n'est pas encore écoulé", a-t-il affirmé, dans un communiqué annonçant l'annulation d'une visite dans un monastère près de Moscou.

La veille, la cheffe de l'agence sanitaire russe, Anna Popova, a reconnu que la situation épidémiologique "devient plus complexe".

"Nous nous y étions préparés. Nous avons une hausse dans 60 régions. Dans 20 autres, la situation est stable, voire en diminution là où les mesures (de protection) sont observées", a-t-elle affirmé à la télévision.

De son côté, le président Vladimir Poutine a indiqué mardi qu'environ "une cinquantaine de personnes" parmi ses proches s'étaient faites vacciner contre le coronavirus, faisant une nouvelle fois l'éloge du vaccin que la Russie dit avoir inventé.

Les autorités n'évoquent pas de nouveau confinement, jugeant le système de santé capable d'assurer l'accueil des malades et les stocks de moyens de protection et de médicaments suffisants.

Néanmoins, la ville de Moscou a ordonné aux entreprises de placer en télétravail au moins 30% de leur personnel jusqu'au 28 octobre, tandis que les vacances scolaires en cours ont été portées d'une à deux semaines. La mairie recommande aussi aux populations à risque de ne pas sortir de chez elles.

Depuis le début de l'épidémie, la Russie a enregistré 1.260.112 cas de coronavirus, dont 22.056 mortels.

Le Brésil franchit le cap des 5 millions de personnes contaminées

Le Brésil a franchi mardi la barre des cinq millions de personnes contaminées par le nouveau coronavirus et s'approche du cap des 150.000 morts, alors que le pays enregistre une décrue de la pandémie. Avec 31.553 nouveaux cas ces dernières 24 heures, selon le ministère de la Santé, le Brésil comptabilise désormais 5.000.694 cas, le troisième plus haut recensement au monde derrière les Etats-Unis (7,5 millions) et l'Inde (6,7 millions).

Le pays de 212 millions d'habitants a déploré 734 nouveaux décès en 24 heures, portant le total depuis le début de l'épidémie à 148.228 morts, contre 104.555 en Inde et 211.108 aux Etats-Unis.

La moyenne quotidienne de décès sur la dernière semaine est de 610 morts par jour, un niveau qui confirme un tassement de la pandémie après un interminable plateau de 1.000 morts quotidien enregistrés entre juin et début août.

La moyenne quotidienne des nouveaux cas sur une semaine s'affaisse également, à 27.477 contre plus de 40.000 début septembre. Les experts s'accordent cependant à dire que la situation au Brésil est encore "préoccupante".

"La baisse du nombre de cas et de décès est très faible et n'est pas encore soutenue. Il y a donc une première tendance au déclin mais elle reste à confirmer", a déclaré à l'AFP Mauro Sanchez, épidémiologiste à l'université de Brasilia.

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