EUROPE

Allemagne

L'Allemagne s'apprêtait lundi à renforcer ses restrictions, avec notamment sur la table d'éventuels couvre-feux, en plein regain de la pandémie, au moment où le laboratoire AstraZeneca défendait l'efficacité et l'innocuité de son vaccin.

Le recours à ce vaccin est crucial au moment où s'accélère la troisième vague de la pandémie de Covid-19, provoquée notamment en Europe par le variant britannique.

La chancelière Angela Merkel et les dirigeants régionaux allemands ont débuté lundi de longues discussions sur un renforcement des restrictions anti-Covid, envisageant d'éventuels couvre-feux d'ores et déjà contestés.

Comme le parti social-démocrate, membre de la coalition au pouvoir, le quotidien Bild, le plus lu d'Allemagne, est vent debout contre une telle mesure, susceptible de concerner, selon lui, "40 millions de personnes".

Le confinement partiel en place en Allemagne depuis fin 2020 et prévu jusqu'au 28 mars, pourrait être prolongé au moins jusqu'au 18 avril.

Ces mesures, qui risquent de susciter la grogne de la population, veulent contenir les contaminations, qui ont augmenté de 14% dans le monde la semaine dernière, en attendant que les campagnes de vaccination produisent une immunité collective.

Italie

La campagne de vaccination vire au "désastre" en raison d'un système de réservation défectueux en Lombardie (nord), la région italienne la plus touchée par la pandémie de coronavirus, ont admis lundi des responsables politiques locaux. La Lombardie était l'épicentre de l'épidémie il y a 13 mois et reste encore aujourd'hui la région comptant le plus grand nombre de cas.

C'est "un désastre, depuis le début", a déclaré la maire de Crema, Stefania Bonaldi, au journal La Repubblica.

À Crémone, le chef-lieu provincial proche de Crema, le centre de vaccination était presque vide pendant le week-end, car les personnes censées se faire vacciner n'ont pas reçu le message leur indiquant de se présenter.

Des fonctionnaires locaux ont dû consulter le registre d'état civil et appeler les gens un par un, et un maire a emprunté un minibus pour aller chercher les personnes âgées à leur domicile.

"Hier, j'ai emmené 20 d'entre eux (pour le vaccin), aujourd'hui 30, plus une quinzaine d'enseignants", a déclaré Giuseppe Papa, maire de San Bassano, dans une autre interview à La Repubblica.

La ministre régionale de la santé de Lombardie, Letizia Moratti, a promis dimanche de prendre des "décisions rapides et drastiques" pour remédier à cette situation "inacceptable".

L'Italie, comme le reste de l'UE, connaît un manque de vaccins, mais les ratés en Lombardie, l'une des régions les plus riches et censée être parmi les plus efficaces, sont particulièrement criants.

Le pays, où près de 105.000 personnes sont mortes du Covid-19, a administré 7,8 millions de doses et vacciné complètement un peu moins de 2,5 millions de personnes, sur une population de 60 millions d'habitants.

Dans un système de santé publique qui laisse une grande marge de manoeuvre aux régions, la coordination des priorités a fait défaut, malgré une recommandation nationale de se concentrer sur les plus de 80 ans.

Le pourcentage d'entre eux ayant reçu au moins une injection de vaccin varie ainsi de 87% dans le Latium, la région de Rome, selon le ministre régional de la Santé, à 2,6% en Sardaigne, selon l'organisme indépendant de réflexion sur la santé GIMBE.

Le Premier ministre Mario Draghi, a promis d'utiliser "tous les moyens" pour lutter contre la pandémie et une augmentation massive des vaccinations.

Le gouvernement s'est fixé pour objectif de tripler le nombre de vaccinations à 500.000 par jour d'ici la mi-avril, et de vacciner complètement 80 % de la population d'ici la mi-septembre.

Vaccins

Le Premier ministre irlandais, Micheal Martin, a exprimé lundi sa vive opposition à un éventuel blocage par l'Union européenne des vaccins anti-Covid fabriqués sur son territoire, estimant qu'il s'agirait d'une "mesure très rétrograde". "Je suis vraiment contre. Je pense que ce serait une mesure très rétrograde", a déclaré le dirigeant irlandais sur la chaîne nationale RTE.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a menacé samedi de bloquer les exportations du vaccin AstraZeneca si l'UE, confrontée à des livraisons nettement inférieures aux attentes initiales, ne recevait pas d'abord les approvisionnements promis par le groupe pharmaceutique suédo-britannique.

Elle a rappelé que le contrat de l'UE avec AstraZeneca prévoyait la livraison de doses produites à la fois sur le territoire de l'Union européenne et au Royaume-Uni.

"Il est absolument vital que nous gardions les chaînes d'approvisionnement ouvertes", a plaidé Micheal Martin, malgré les "tensions énormes" entre Bruxelles et AstraZeneca, qui "n'a pas rempli son contrat".

Il a prévenu que si l'UE commençait à ériger des barrières, d'autres pays pourraient faire de même pour les composants utilisés dans la fabrication des vaccins. "Si chaque pays dans chaque continent commençait à faire cela, nous serions en difficulté à travers le monde", a-t-il souligné.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a de son côté déclaré lundi qu'il avait reçu des assurances, après des entretiens avec des dirigeants européens "ces derniers mois", que l'Union européenne n'imposerait pas de "blocus" sur les vaccins.

"Nous affrontons la même pandémie, nous avons tous les mêmes problèmes", a souligné le dirigeant conservateur. "Les campagnes de vaccination, le développement de vaccins, leur déploiement, ce sont des projets internationaux qui requièrent une coopération internationale", a-t-il estimé en marge d'une visite sur un site du géant britannique de la défense BAE Systems, dans le nord-ouest de l'Angleterre.

Il a souligné que le Royaume-Uni continuerait à déployer sa campagne de vaccination "aussi rapidement que possible" et prévenu que la troisième vague de la pandémie frappant actuellement l'Europe risquait de toucher son pays aussi.

Lancée début décembre, la campagne de vaccination britannique, menée avec les vaccins Pfizer/BioNTech et AstraZeneca/Oxford, a déjà permis d'administrer une première dose à plus de 27,6 millions de personnes, soit plus de la moitié des adultes.

Méfiance envers AstraZeneca

La confiance des Européens dans le vaccin contre le Covid-19 d'AstraZeneca/Oxford a chuté ces deux dernières semaines, sur fond d'inquiétudes quant à d'éventuels effets secondaires, révèle une étude d'opinion YouGov publiée lundi. Le vaccin est perçu comme plus dangereux que sûr en Allemagne, France, Espagne et Italie, indique cette étude réalisée entre le 12 et 18 mars, mais qui ne comporte pas de données belges.

Son utilisation avait été suspendue dans plusieurs pays par crainte qu'il provoque des caillots sanguins, parfois mortels. Jeudi, l'Agence européenne des médicaments (EMA) l'a jugé "sûr et efficace" et l'utilisation du vaccin a repris dans plusieurs pays, mais l'impact sur l'opinion publique s'est fait sentir, souligne YouGov.

"Non seulement nous avons constaté une augmentation considérable du nombre de personnes qui le jugent dangereux au cours des deux dernières semaines en Europe, mais le vaccin AstraZeneca continue d'être considéré comme nettement moins sûr que ceux de Pfizer et Moderna", a commenté Matt Smith, datajournaliste à YouGov dans un communiqué.

"Avec une troisième vague d'infections potentiellement émergente de l'autre côté de la Manche (sur le continent, ndlr), les autorités s'inquièteront (de savoir) si les disputes en cours au sujet du vaccin d'AstraZeneca nuiront à son déploiement", a-t-il poursuivi.

En France, la méfiance envers le vaccin d'AstraZeneca s'est fortement accrue: 61% des personnes qui ont répondu jugent qu'il n'est pas sûr (+18 points par rapport à une étude réalisée en février), contre seulement 23% qui le jugent sûr. En Allemagne, 55% des sondés le jugent dangereux (+15).


En Italie et en Espagne, où une majorité des sondés jugeaient auparavant le vaccin sûr, (respectivement 54% et 59%), ces chiffres ont chuté à 36% et 38%, des chiffres inférieurs à ceux qui l'estiment "non sûr". Au Royaume-Uni, à l'inverse, plus de trois quarts des sondés ont confiance dans le vaccin du groupe suédo-britannique même si ce pourcentage s'est légèrement érodé, passant à 77% (-4).


En Suède, davantage de gens considèrent le vaccin AstraZeneca comme étant sûr (43%) que comme ne l'étant pas (34%) tandis que les Danois sont partagés (42% et 42%).

La confiance dans la sûreté des vaccins de Pfizer et Moderna n'a, elle, pas changé.

L'étude a été menée auprès de 1.672 adultes britanniques, 2.024 adultes allemands, 1.022 adultes français, 1.016 adultes italiens, 1.050 adultes espagnols, 1.004 adultes danois et 1.017 adultes suédois.

Les autorités sanitaires islandaises ont annoncé lundi attendre avant une éventuelle reprise de la vaccination anti-Covid avec AstraZeneca, pourtant déclaré "sûr et efficace" par le régulateur européen. "Tous les pays nordiques, y compris l'Islande, ont (...) décidé de mieux enquêter sur le sujet et de coopérer ensemble avant d'aller plus loin" dans la vaccination avec AstraZeneca, interrompue le 11 mars dernier sur l'île, a expliqué en conférence de presse Alma Möller, directrice générale de la Santé.

"Par la suite, nous tenterons d'évaluer si le risque varie en fonction, par exemple, de l'âge et du sexe, et cela sera alors la base des décisions sur la poursuite de l'utilisation", du vaccin AstraZeneca, a-t-elle poursuivi. La décision de l'Islande a été prise dans l'attente des résultats d'une évaluation nordique concernant les effets secondaires des vaccins - pas uniquement du suédo-britannique AstraZeneca - contre le Covid-19, a-t-elle expliqué.

Swissmedic a autorisé pour une durée limitée le vaccin contre le Covid-19 du groupe pharmaceutique Johnson & Johnson pour les personnes de 18 ans et plus. Trois vaccins peuvent donc être officiellement commercialisés en Suisse afin de prévenir le Covid-19. Le "Covid-19 Vaccine Janssen" à vecteur reposant sur un adénovirus humain ne nécessite qu'une seule administration. Les données d'études soumises révèlent une efficacité moyenne de 66,9% dans les groupes d'âge étudiés, a communiqué lundi Swissmedic.

L'entreprise Janssen-Cilag AG, filiale du groupe actif dans le domaine de la santé Johnson & Johnson, a présenté le 7 décembre 2020 à Swissmedic une demande d?autorisation de mise sur le marché pour son candidat vaccin.

AMÉRIQUE

Cuba

Cuba a débuté lundi la vaccination de 150.000 travailleurs de la santé avec son candidat-vaccin contre le coronavirus Soberana 2, et de 48.000 volontaires avec un autre, Abdala, ont annoncé les autorités.

Les deux candidats sont en phase 3, la dernière étape avant approbation.

L'autorité régulatrice des médicaments de Cuba a approuvé "l'exécution d'une étude d'intervention avec Soberana 2 sur 150.000 volontaires, pour évaluer les effets directs et indirects de la vaccination sur des cohortes de population en risque d'infection, de maladie et de dispersion de l'épidémie", a indiqué sur Twitter le ministère de la Santé.

"Ces volontaires font partie du groupe à risque des travailleurs de la santé", a précisé le groupe pharmaceutique d'Etat BioCubaFarma.

Cette étude à plus grande échelle se rajoute aux tests menés depuis le 4 mars en phase 3 de Soberana 2, auprès de 44.000 volontaires. Tous deux se déroulent à La Havane.

Les essais cliniques d'Abdala sont quant à eux réalisés dans les provinces de Granma, Santiago de Cuba et Guantanamo, dans l'est du pays.

Si l'un ou l'autre de ces candidats parvient à l'autorisation finale, il serait le premier vaccin contre le Covid conçu et produit en Amérique latine.

Sous embargo américain depuis 1962, Cuba a commencé à développer ses propres vaccins dans les années 1980 et aujourd'hui près de 80% des vaccins de son programme d'immunisation sont produits localement.

Le pays travaille sur quatre candidats-vaccins: Mambisa (en phase 1), Soberana 1 (en phase 2), Soberana 2, Abdala (en phase 3) ainsi qu'un cinquième, Soberana +, reformulation du Soberana 1 à destination des personnes convalescentes de la maladie.

Ces projets utilisent une protéine recombinante, une technique également utilisée par l'entreprise américaine de biotechnologie Novavax.

Le pays de 11,2 millions d'habitants reste relativement peu touché par la maladie, avec 67.476 cas dont 397 décès. Selon le ministère de la Santé, il a le taux le plus élevé du continent américain en terme de rétablissement des patients du Covid, à 94,2% au 20 mars.

ASIE

Inde

Le Fonds souverain russe (RDIF) a annoncé lundi avoir conclu un accord avec le groupe pharmaceutique indien Virchow Biotech pour y produire 200 millions de doses du vaccin russe Spoutnik V contre le coronavirus. "Le transfert de technologie doit être achevé au deuxième trimestre 2021, et sera suivi de la mise en production commerciale à grande échelle", a indiqué le RDIF, qui a financé en partie le développement du vaccin et négocie les accords de production à l'étranger.

Japon

Le Japon a levé dimanche l'état d'urgence lié à la pandémie de coronavirus en place à Tokyo et dans des préfectures adjacentes en dépit d'inquiétudes croissantes face à la résurgence de contaminations aux nouveaux variants du virus. Tokyo et les préfectures de Saitama, Chiba et Kanagawa, qui étaient les dernières régions soumises à des restrictions, sont toujours en proie à de nouvelles infections.

Selon Kyodo News, le Japon a confirmé 1.119 nouveaux cas, dont 256 à Tokyo, et 20 morts dûs au Covid-19 dimanche, contre un record de 7.851 en janvier.

Même sous ces restrictions, les trains et magasins étaient bondés à Tokyo toutefois le port du masque était respecté.

Le gouvernement avait déclaré l'état d'urgence dans quatre préfectures début janvier et sept autres préfectures avaient été ajoutées à cette liste les jours suivants.

Les restrictions avaient déjà été levées dans certaines préfectures au nord de Tokyo en février et mars.

Le lancement de la campagne de vaccination, mi-février, a été assez lent et le grand public ne recevra vraisemblablement de doses avant les Jeux olympiques repoussés au 23 juillet.

Le Japon a enregistré à ce jour 457.577 infections et 8.849 décès liés au Covid-19, selon de décompte du média NHK.