La pandémie a fait au moins 3.272.332 morts dans le monde depuis fin décembre 2019, selon un bilan de l'AFP à partir de sources officielles samedi.

Après les États-Unis (581.504 morts), les pays les plus endeuillés sont le Brésil (421.316), l'Inde (238.270), le Mexique (218.657) et le Royaume-Uni (127.598).

EUROPE

Vent de liberté en Espagne

Un vent de liberté s'est levé dimanche en Espagne, où les habitants sont enfin autorisés à sortir de leur région pour changer d'air ou retrouver des proches qu'ils n'avaient pas vus depuis des mois.

Dans la plupart des régions, la fin de ce régime d'exception à 00H00 dimanche, c'està-dire en toute fin de soirée samedi, a signifié également la levée du couvre-feu comme à Barcelone (nord-est) où cris, applaudissements et musique ont marqué cette liberté retrouvée.

A part à Noël où les restrictions avaient été assouplies durant quelques jours pour permettre les réunions familiales, les Espagnols n'ont pas pu quitter leur région depuis le début de l'état d'urgence fin octobre.

Dissuadées par l'explosion des cas ayant suivi Noël, les autorités avaient maintenu les bouclages de régions pour la Semaine sainte, fête familiale fondamentale en Espagne.

Ces bouclages ont été particulièrement mal vécus par les Espagnols, empêchés d'aller voir leur famille dans une autre région alors que le pays restait ouvert aux touristes étrangers.

Vent de liberté pour les Espagnols, la levée de l'état d'urgence est en revanche un véritable casse-tête pour les régions, compétentes en matière de gestion de la crise sanitaire.

Car, depuis octobre, elles avaient pu imposer des couvre-feux et bloquer l'entrée ou la sortie de leur territoire sans avoir besoin de l'autorisation de la justice, grâce à la limitation des libertés fondamentales permise par ce régime d'exception.

Si elle est synonyme de levée du couvre-feu et d'ouverture des régions, la fin de l'état d'urgence ne signifie toutefois pas la fin des restrictions dans l'un des pays les plus touchés en Europe par la pandémie avec près de 79.000 morts et 3,5 millions de cas.

Madrid © Reporters

Italie

L'Italie espère pouvoir lever d'ici à la mi-mai la quarantaine qu'elle impose aux visiteurs des autres pays de l'UE, du Royaume-Uni et d'Israël à cause de la pandémie de Covid-19, a annoncé samedi le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio.

Les restrictions actuelles concernant les arrivées du reste de l'UE arrivent à expiration le 15 mai.

L'UE sceptique sur la levée des brevets

Pour accélérer la diffusion des vaccins aux pays pauvres, le pape François a apporté samedi son soutien à la levée des brevets, condamnant "le nationalisme étroit qui empêche, par exemple, l'internationalisation des vaccins".

Saluée par l'ONU, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ou encore l'Union africaine, l'annonce surprise mercredi du soutien des Etats-Unis à la levée des brevets a suscité le scepticisme parmi les 27 Etats membres de l'UE, réunis en sommet à Porto (Portugal).

Charles Michel, le président du Conseil européen, est "prêt à débattre de ce sujet-là dès lors que des propositions concrètes seraient mises sur la table", mais, "sur la question de la propriété intellectuelle, nous ne pensons pas que, à court terme, cela puisse être une solution magique".

Le président français Emmanuel Macron a appelé "les Etats-Unis à mettre fin aux interdictions à l'exportation non seulement de vaccins mais de composants de ces vaccins qui empêchent la production".

Par ailleurs, l'UE a annoncé un nouveau contrat pour acheter jusqu'à 1,8 milliard de doses de vaccins contre le Covid à BioNTech-Pfizer, dont les livraisons sont prévues dès cette année et jusqu'en 2023.

ASIE

Record de morts en Inde

Pour la première fois depuis le début de l'épidémie, l'Inde a enregistré plus de 4.000 morts (4.197) en une journée. Le bilan total est de 238.270 morts.

Selon les spécialistes, le pire est encore à venir, avec un pic épidémique attendu dans les prochaines semaines.

Au Pakistan, les autorités, craignant une dégradation à l'indienne et la "propagation de mutations virulentes du virus", ont imposé de strictes restrictions pour neuf jours à partir de samedi : écoles, commerces, restaurants et parcs fermés, transports en commun arrêtés, vols internationaux réduits, frontières closes avec l'Iran et l'Afghanistan.

A Singapour, de nouvelles restrictions sont également entrées en vigueur samedi.

AFRIQUE

La flambée record de coronavirus en Inde inquiète les pays africains qui, outre l'arrivée du variant indien sur le continent, redoutent qu'elle ne limite durablement son approvisionnement en vaccins, jusqu'à présent largement assuré par le géant asiatique. Avec plus de 4,5 millions de cas et plus de 123.000 morts officiellement recensés, l'Afrique a jusqu'à présent été relativement épargnée. "Mais ce qui se passe dans d'autres parties du monde peut se produire en Afrique si nous baissons la garde", a prévenu le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, à l'ouverture de la réunion.

Le Centre de contrôle et de prévention des maladies en Afrique (Africa CDC), qui dépend de l'Union africaine, espère une "ouverture" pour l'approvisionnement du continent en vaccins anti-Covid au début du troisième trimestre, a déclaré samedi son directeur John Nkengasong.

Quatre cas du variant dit indien du coronavirus ont été recensés en Afrique du Sud, dont deux dans la province de Gauteng et deux autres dans celle de KwaZulu-Natal. Tous sont récemment arrivés d'Inde, a annoncé samedi le ministère de la Santé.

AMERIQUE

Guatemala

Des dizaines de personnes ont manifesté samedi au Guatemala pour réclamer la démission du président Alejandro Giammattei, accusé d'être responsable de la pénurie de vaccins.

Honduras

Sept maires d'opposition du Honduras ont exhorté le président du Salvador voisin, Nayib Bukele, à leur fournir des doses de vaccins contre le Covid, faisant valoir que les populations de leurs villes "son en train de mourir". "Nous vous le demandons, président, aidez-nous en nous fournissant des vaccins, les habitants de nos villes meurent du Covid-19, notre gouvernement ne répond pas", lance dans une vidéo l'un d'eux, Amable de Jesus Hernandez, le maire de San José de las Colinas, Santa Barbara, dans le nord-est du Honduras.

"Le gouvernement (du Honduras) est incompétent, n'a aucun respect pour l'être humain", a expliqué ce maire à l'AFP, parlant du président du Honduras, Juan Orlando Hernández.

Pour lui, "c'est le désespoir et l'impuissance" qui ont décidé ce groupe de maires du Parti Libéral (PL, droite) et Liberté et Refondation (Libre, gauche) à enregistrer ce message en appelant au président du voisin Salvador, Nayib Bukele, qui l'a diffusé à son tour sur les réseaux sociaux.

"Faites-nous don de vaccins pour que nos populations puissent être immunisées", déclare de son côté David Castro, le maire de Cedros, dans le département de Francisco Morazán.

Le Honduras, qui compte près de 10 millions d'habitants, n'a reçu à ce jour que 248.600 doses. Le 25 février ce pays avait reçu 6.000 doses Moderna, un don d'Israël. Puis le 16 mars 48.000 d'AstraZeneca via le système Covax.

L'OMS lui a fait parvenir 189.600 doses le 4 mai. La Russie, en revanche, ne lui a livré que 6.000 doses de son vaccin Spoutnik V sur un achat de 4,2 millions de doses au total.

Le Salvador, au contraire, avec 6,5 millions d'habitants, est le pays d'Amérique centrale qui semble gérer le mieux l'épidémie avec des vaccinations massives suivant un rythme soutenu.

Il a déjà vacciné, depuis février, près d'un million de personnes.

Depuis l'arrivée de l'épidémie, le Honduras a enregistré plus de 218.000 cas de Covid-19 dont près de 5.600 ont été mortels.

Océanie : reprise de la "bulle" aérienne entre la Nouvelle-Zélande et Sydney

Les autorités sanitaires néo-zélandaises ont annoncé dimanche la reprise des vols sans quarantaine depuis Sydney, estimant la situation épidémique désormais jugulée en Nouvelle-Galles du Sud.

Les vols avaient été suspendus jeudi après l'apparition de deux cas de Covid-19 à Sydney.

Cette interruption était la troisième depuis le lancement le 18 avril de la "bulle" aérienne entre la Nouvelle-Zélande et l'Australie, près de 400 jours après la fermeture de leurs frontières internationales en raison de la pandémie.

Les précédentes interruptions de vols, qui n'avaient duré que quelques jours, avaient concerné l'Australie occidentale.

"Les responsables néo-zélandais en charge de la santé publique estiment que le risque que représentent (les voyageurs) de la Nouvelle-Galles du Sud en Nouvelle-Zélande reste faible", a déclaré le ministère de la Santé dans un communiqué.

"Il n'existe aucune preuve laissant penser qu'il y a une importante et indétectable transmission (du virus) au sein de la population".

Les autorités sanitaires de Nouvelle-Galles du Sud ont reconnu que, malgré des enquêtes approfondies, la manière dont les récents cas ont été contaminés n'a pas été identifiée.

La bulle aérienne entre ces deux pays voisins, qui n'enregistrent que de rares cas de coronavirus, a été saluée comme étant une étape importante pour la reprise mondiale du secteur du tourisme, durement frappé par la pandémie de Covid-19.