Des années de recherches seront encore nécessaires pour déterminer l'origine du coronavirus, a indiqué un membre de l'équipe de chercheurs de l'Organisation mondiale de la Santé arrivés dans la ville chinoise de Wuhan le mois dernier pour enquêter sur l'apparition du Covid-19. Le micro-biologiste et spécialiste des maladies infectieuses australien Dominic Dwyer s'est déclaré surpris, selon l'agence Reuters, par la difficulté de déterminer l'origine de la pandémie. Les experts tentent notamment de comprendre les prémices de l'épidémie de coronavirus dont les premiers cas ont été détectés sur un marché de Wuhan mais la question-clé est de savoir ce qu'il s'est passé à cette époque et avant cela, explique Dominic Dwyer.

La question de l'origine du coronavirus est devenue par ailleurs un enjeu politique après les accusations formulées à l'encontre de la Chine concernant son manque de transparence sur les débuts de l'épidémie. Le régime communiste de Pékin ayant affirmé de son côté que le virus pouvait avoir une origine étrangère.

Le spécialiste australien reconnaît qu'il serait naïf de penser qu'ils réussiront à identifier le patient zéro. Les premiers cas ont été diagnostiqués au mois de novembre "mais c'est le moment juste avant qui est très intéressant, la partie la plus ingrate et la plus difficile aussi". Comme c'est le cas avec ebola ou le sida, ajoute l'intéressé. Là aussi les scientifiques tâtonnent encore.

La délégation de l'OMS dispose encore d'une semaine environ avant de voir les visas de ses membres expirer.

LES AUTRES INFOS DANS LE MONDE

En Europe

Premier cas de variant brésilien détecté dans la région de Madrid

Un premier cas de variant brésilien du coronavirus a été détecté dans la région de la capitale espagnole Madrid, ont annoncé vendredi les autorités régionales.

En Espagne, où les régions sont compétentes en matière de santé, c'est la première fois qu'un cas de variant brésilien est ainsi confirmé officiellement par une région.

Au moins deux cas de variant sud-africain ont en revanche déjà été notifiés récemment.

Cette annonce intervient alors que le gouvernement espagnol a strictement limité depuis mercredi les arrivées en provenance d'Afrique du sud ou du Brésil. Seuls les passagers provenant de ces deux pays et disposant de la nationalité espagnole ou andorrane, ou résidant en Espagne ou en Andorre peuvent entrer en Espagne.

Le premier cas de variant brésilien détecté dans la région de Madrid concerne un homme de 44 ans arrivé du Brésil le 29 janvier à l'aéroport de Madrid, ont indiqué les autorités régionales dans un communiqué.

Ayant pris l'avion avec un test PCR négatif, il avait été testé positif à son arrivée avant que des analyses plus poussées ne permettent de détecter le variant brésilien.

Plusieurs variants détectés au Royaume-Uni, en Afrique du Sud et au Brésil inquiètent depuis quelques semaines la communauté internationale qui s'interroge notamment sur leur contagiosité et l'efficacité des vaccins à leur encontre.

Les interrogations sont particulièrement prononcées pour une mutation dite E484K, commune aux variants sud-africain et brésilien.

Le variant britannique est déjà largement répandu en Espagne où, selon le ministère de la Santé, 449 cas confirmés ont déjà été détectés. Un chiffre sous-évalué, selon les autorités sanitaires qui jugent que ce variant pourrait être majoritaire en Espagne au mois de mars.

La Hongrie va utiliser le vaccin chinois dès ce mois-ci

La Hongrie prévoit de commencer à administrer à ses habitants le vaccin contre le coronavirus Sinopharm, fabriqué en Chine, dans le courant du mois de février, a annoncé le gouvernement vendredi. En janvier, Budapest était devenu le premier pays de l'Union européenne (UE) à passer des contrats de livraison du vaccin Sinopharm (5 millions de doses), mais aussi du vaccin Spoutnik V (2 millions de doses), développé en Russie.

La livraison chinoise "est suffisante pour 2,5 millions de personnes", a déclaré Gergely Gulyas, le chef de cabinet du Premier ministre Viktor Orban, devant des journalistes à Budapest.

"C'est suffisant pour 250.000 personnes en février, mars et avril, puis pour le reste après le mois d'avril", a-t-il déclaré.

M. Orban avait précédemment déclaré qu'il choisirait pour lui-même le vaccin chinois et a dit vendredi que ce dernier était "en route". Mais il a ajouté que des tests supplémentaires devraient être effectués par les autorités hongroises.

Au cours d'un entretien à la radio, il a estimé que l'expérience avec les vaccins russe et chinois de la Serbie, pays non membre de l'UE et voisin de la Hongrie, était "rassurante".

Le premier lot de vaccins russes pourrait être administré aux Hongrois "peut-être la semaine prochaine" en attendant l'approbation finale par l'autorité locale de santé publique, a détaillé M. Orban.

Les responsables hongrois ont critiqué la lenteur de l'approbation et de l'achat des vaccins occidentaux par les autorités européennes.

La première livraison du vaccin AstraZeneca arrivera en Hongrie ce week-end en quantité suffisante pour 20.400 personnes et sera administrée à des malades chroniques âgés de moins de 60 ans, a précisé vendredi Agnes Galgoczi, responsable épidémiologique au Centre national de santé publique.

Depuis le mois de novembre, la Hongrie est soumise à un couvre-feu qui commence en soirée et à une interdiction de rassemblement. Les restaurants, les universités et les écoles sont fermés.

S'il n'y a pas de troisième vague, M. Gulyas a affirmé que le gouvernement hongrois envisagerait une levée progressive des restrictions liées à la pandémie en deux phases, d'abord à partir du 1er mars, puis à partir du 1er avril.

Vendredi, la Hongrie qui compte 9,8 millions d'habitants, a enregistré 12.930 décès imputés au coronavirus.

L'Espagne limite aussi le vaccin AstraZeneca aux moins de 55 ans

Le ministère espagnol de la Santé a annoncé vendredi qu'il limiterait l'usage du vaccin AstraZeneca/Oxford aux moins de 55 ans, après que d'autres pays européens ont indiqué appliquer des restrictions comparables.

La France, l'Allemagne, la Belgique, le Danemark, la Suède et d'autres pays ont fixé des limites d'âge pour ce vaccin, développé par la société anglo-suédoise AstraZeneca et l'Université d'Oxford, en raison du manque d'évaluation des risques chez les populations les plus âgées.

"La commission de la santé publique, lors d'une réunion vendredi et à la suite de preuves scientifiques, a approuvé la fixation à 55 ans l'âge maximum pour la vaccination avec vaccin AstraZeneca", a déclaré le ministère de la Santé dans un communiqué.

La semaine dernière, l'autorité allemande des vaccins a déconseillé l'utilisation de ce vaccin pour les plus de 65 ans, jugeant qu'il n'y avait "pas assez de données" sur son efficacité dans ce groupe d'âge.

Cette décision est intervenue quelques heures après que l'organisme régulateur européen a donné à ce vaccin son feu vert pour une utilisation chez les adultes de tous âges.

La France a emboîté le pas mardi et l'Autriche, la Belgique, la Pologne et la Suède ont pris des mesures similaires, tandis que la Suisse a demandé des "études supplémentaires". L'Italie a approuvé ce vaccin mais a recommandé d'en utiliser un autre pour les plus de 55 ans.

Le vaccin AstraZeneca n'est que le troisième à être approuvé par l'UE après ceux développés par Pfizer/BioNTech et Moderna. Toutefois, son efficacité n'est que de 60%, contre plus de 90% pour les autres.

L'Espagne a jusqu'à présent vacciné près de 1,7 million de personnes et prévoit d'avoir couvert 70% de sa population d'ici la fin de l'été, un objectif réaffirmé mercredi par le gouvernement malgré les pénuries et les retards dans l'approvisionnement en vaccins.

La ministre de la Santé Carolina Darias a déclaré mercredi que l'Espagne était "ouverte" à l'idée d'utiliser le vaccin russe Spoutnik V s'il était approuvé par l'UE.

"Passeports vaccinaux" en Suède et au Danemark

La Suède et le Danemark ont annoncé jeudi qu'ils allaient développer des "passeports vaccinaux" électroniques pour faciliter les voyages à l'étranger, mais aussi pour accéder à des évènements sportifs ou culturels, voire à des restaurants dans le cas danois.

"Avec un certificat de vaccination numérique il sera rapide et facile de prouver une vaccination complète", a plaidé le ministre suédois du numérique Anders Ygeman.

La Suède compte lancer son passeport en juin, et le Danemark "d'ici trois ou quatre mois", selon son gouvermement.

"Il est absolument crucial pour nous de pouvoir redémarrer la société danoise, que les entreprises reviennent sur les rails", a souligné le ministre danois de la Fiscalité Morten Bødskov.

En Asie

Spoutnik V en Iran

L'Iran, où le coronavirus a fait plus de 58.000 morts, a reçu jeudi ses premières doses du vaccin russe Spoutnik V. Le même vaccin russe, commandé par l'Autorité palestinienne, est arrivé jeudi en Cisjordanie. Le Pérou, un des pays d'Amérique latine les plus endeuillés (plus de 41.500 morts) a commandé 20 millions de doses du vaccin de Pfizer.

La Corée du Nord passe commande

Bien qu'elle affirme être exempte du virus, la Corée du Nord a fait une demande de vaccins contre le Covid-19, dont elle devrait recevoir près de deux millions de doses. Il s'agit de la première confirmation officielle que Pyongyang a demandé une aide internationale.

Israël assouplit légèrement son confinement dès dimanche

En Israël, le confinement sera prolongé jusqu'à dimanche matin. Par la suite, malgré le nombre encore élevé d'infections corona, les mesures seront progressivement assouplies, a indiqué l'entourage du Premier ministre Benjamin Netanyahu, dans la nuit de jeudi à vendredi après des heures de pourparlers avec le gouvernement. Dimanche, l'interdiction de se déplacer à plus d'un kilomètre du domicile sera levée. M. Netanyahu a appelé la population à adhérer aux autres restrictions, toujours en vigueur, et à se faire vacciner.

Le confinement - le troisième dans ce pays de neuf millions d'habitants - est en vigueur depuis le 8 janvier. Malgré les restrictions strictes et la vaste campagne de vaccination, le nombre d'infections et le nombre de personnes gravement malades en Israël restent très élevés. Le système de santé se fissure et approche de sa limite.

Jeudi soir, le ministère de la Santé a rapporté que plus de 5.000 personnes étaient déjà mortes du Covid-19 en Israël.

Le gouvernement attribue l'augmentation significative du nombre d'infections principalement aux mutations du virus. La population violerait également régulièrement les mesures corona.

En Amérique

Johnson & Johnson demande l'autorisation de son vaccin aux USA

Le laboratoire américain Johnson & Johnson a demandé jeudi aux Etats-Unis d'autoriser en urgence son vaccin en une seule dose contre le Covid-19.

S'il obtient le feu vert de l'Agence américaine du médicament (FDA), le vaccin de Johnson & Johnson serait le troisième autorisé aux Etats-Unis, après ceux de Pfizer/BioNTech et de Moderna.

Ce vaccin est particulièrement attendu car il présente deux avantages non négligeables: il peut être stocké à des températures de réfrigérateur plutôt que de congélateur, et il ne s'administre qu'en une seule dose.

Johnson & Johnson s'est engagé à acheminer 100 millions de doses aux Etats-Unis avant fin juin. Selon les premiers résultats des essais cliniques qu'il a communiqués, son vaccin est efficace à 66% dans l'ensemble, et à 85% pour prévenir les formes graves de la maladie.

Mais ces résultats ont aussi soulevé une inquiétude: le remède était plus efficace aux Etats-Unis (72%) qu'en Afrique du Sud (57%), où un variant apparu dans ce pays y est devenu largement majoritaire.

Les experts y voient l'indication que de futurs variants pourraient finir par totalement contourner les défenses immunitaires développées par les vaccins actuels. Une raison supplémentaire, selon eux, pour accélérer les campagnes d'immunisation.