L'Allemagne, frappée de plein fouet par la deuxième vague de l'épidémie de coronavirus, a franchi vendredi le seuil du million de personnes testées positives au Covid-19, dans une Europe qui assouplit avec précaution ses restrictions. A l'échelle mondiale, plus de 60 millions de cas de Covid-19 ont été officiellement dénombrés depuis le début de la pandémie, et près de 1,4 million de personnes y ont succombé.

L'Allemagne a longtemps été considérée comme un des bons élèves européens de la gestion de l'épidémie. Mais la deuxième vague s'y abat de telle sorte en cette fin d'année, avec vendredi matin 1.006.394 cas déclarés (+22.806 en 24H) et 15.586 décès (+426), que le pays va prolonger jusqu'à début janvier ses restrictions, entre fermeture des bars et restaurants et limitations de participants à des réunions privées.

"Nous devons encore faire des efforts (...) le nombre d'infections quotidiennes se situe encore à un niveau beaucoup trop élevé", avait déclaré la chancelière Angela Merkel mercredi soir à l'issue de plus de sept heures de discussions avec les dirigeants des 16 Etats régionaux allemands.

Les restrictions décidées lors d'une précédente séance en novembre vont donc continuer à s'appliquer "jusqu'au début du mois de janvier, à moins que nous ayons une diminution inattendue du taux d'infection mais cela est à ce stade improbable", avait expliqué Mme Merkel.

Bars, restaurants, lieux culturels ou encore clubs de sports devraient ainsi rester fermés pendant encore plus d'un mois. Les stations de ski resteront fermées et l'accès aux magasins sera également restreint, avec un nombre limité de clients en fonction de leur superficie.

La pandémie a fait au moins 1.422.951 morts dans le monde depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles jeudi.

Plus de 60.427.590 cas de contamination ont été officiellement diagnostiqués depuis le début de l'épidémie.

Les Etats-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas recensés, respectivement 263.413 et 12.879.762. Suivent le Brésil (171.460 morts décès), l'Inde (135.223), le Mexique (103.597) et le Royaume-Uni (56.533).


Un Thanksgiving à haut risque aux USA

Les Etats-Unis ont de leur côté fêté Thanksgiving jeudi dans une ambiance contrastée, avant le Black Friday prévu vendredi. La célèbre parade aux ballons géants qui réunit habituellement des millions de personnes dans les rues de New York s'est tenue sans public. Elle a été diffusée en ligne, une grande partie de l'animation ayant été filmée en avance.

Les Américains, qui ont l'habitude de se réunir en famille autour d'une dinde en ce jour férié, ont reçu deux sons de cloche. Du côté du président élu Joe Biden, il s'agissait de "sacrifice" en évitant de se déplacer. Le président sortant Donald Trump, lui, avait encouragé dès mercredi "tous les Américains à se rassembler, chez eux et dans des lieux de culte".

Face à ces injonctions contradictoires, près de sept millions de personnes ont tout de même pris l'avion aux Etats-Unis sur les sept derniers jours, d'après les données de l'agence TSA, chargée des contrôles de sécurité dans les aéroports, soit une hausse de 22% par rapport à la semaine précédente.


Mais les retrouvailles familiales, autour de la traditionnelle dinde farcie, accompagnée de patates douces et de sauce aux canneberges, n'ont pas eu la même saveur cette année, dans un pays encalminé dans la crise sanitaire, qui a enregistré jeudi 1.333 décès supplémentaires en 24 heures, pour un total de plus de 263.400, le pire bilan du monde.

Les Etats-Unis pourraient voir le nombre de morts augmenter jusqu'à atteindre 321.000 d'ici le 19 décembre, selon la dernière projection des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC).

L'Europe atténue les restrictions

La Grèce aussi restera confinée, au moins jusqu'au 7 décembre.

Ayant invité sa population à ne pas partir à l'étranger durant les vacances de Noël, en particulier au ski, Berlin va demander à l'Union européenne d'interdire jusqu'au 10 janvier les séjours en stations de sports d'hiver, propices à la propagation du virus.

Mais l'Autriche voisine est sur une autre ligne et prévoit l'ouverture de ses pistes. Et en France, les stations pourront rouvrir pendant les fêtes mais les remontées mécaniques resteront fermées.

Amélioration en France

En France justement, la situation s'améliore légèrement. Si cela se confirme, le confinement sera levé le 15 décembre pour être remplacé par un couvre-feu national, avec une exception pour les soirées du 24 et du 31 décembre.

Les petits commerces pourront rouvrir dès samedi, et les déplacements seront permis dans un rayon de 20 km et pendant trois heures. En revanche bars, restaurants et salles de sport garderont portes closes, au moins jusqu'au 20 janvier.

Après quatre semaines de confinement, l'Angleterre va aussi rouvrir début décembre les magasins non essentiels et mener un programme de dépistage massif, mais la grande majorité des habitants continueront de vivre sous de sévères restrictions.

Ailleurs dans le monde, la Russie a battu jeudi un nouveau record de contaminations et de décès quotidiens, et la Corée du Sud a fait état le même jour du nombre le plus élevé de nouveaux cas depuis mars.

En Colombie, la justice a ordonné au gouvernement de réimposer "immédiatement" un test négatif au coronavirus pour pour pouvoir entrer dans le pays, une décision saluée par le secteur médical.

Vaccins

Le monde entier attend l'arrivée des vaccins fin décembre ou début janvier, avec une nette accélération des délais depuis quelques jours.

Mais des incertitudes demeurent: le vaccin développé par le laboratoire britannique AstraZeneca et l'université d'Oxford nécessite "une étude supplémentaire", a déclaré jeudi le directeur général du groupe, après des critiques concernant les résultats annoncés. Le gouvernement britannique a annoncé vendredi avoir demandé à l'Autorité de réglementation sanitaire des médicaments (MHRA) d'évaluer le vaccin.

Japon : les vœux de l'Empereur annulés

Cette année, l'empereur du Japon Naruhito ne prononcera pas de vœux pour la nouvelle année au palais impérial en raison de la crise sanitaire, a annoncé vendredi l'agence de la maison impériale.

Traditionnellement, l'empereur japonais adresse ses bons vœux à la population le 2 janvier. Mais en 2021, l'événement n'aura pas lieu, alors que le Japon fait face à des pics de nouveaux cas de contamination au coronavirus.

Quatre grandes villes, dont Tokyo, demandent désormais aux bars et restaurants de réduire leurs heures d'ouverture.

Le 2 janvier dernier, l'empereur Naruhito avait adressé ses vœux du Nouvel An pour la première fois, ayant accédé au trône en mai 2019. L'impératrice Masako et d'autres membres de la famille impériale avaient également pris part à cet événement, qui avait rassemblé des dizaines de milliers de personnes devant le palais impérial.

C'est la première fois que cet événement traditionnel est annulé depuis 1990, lorsque le Japon était en deuil à la suite de la mort de l'empereur Hirohito, le grand-père de Naruhito.