Cette demande était attendue, l'EMA ayant déjà indiqué qu'elle pourrait rendre son avis avant la fin du mois, si tout se passe bien. L'EMA va désormais évaluer les données dont elle dispose et son Comité des médicaments à usage humain (CHMP) pourrait prendre sa décision dès sa réunion du 29 janvier, si aucun grain de sable ne vient gripper le processus, communique l'Agence. C'est ensuite la Commission européenne qui, sur la base de l'avis de l'EMA, autorise ou non la mise sur le marché européen du produit.

S'il y a autorisation conditionnelle de mise sur le marché, il s'agirait du troisième vaccin contre le coronavirus à être utilisable au sein de l'Union européenne. Précédemment, les vaccins BioNTech-Pfizer et Moderna ont été autorisés, le premier le 21 décembre et le second le 6 janvier. Dans les deux cas, la Commission européenne avait donné son feu vert dans la journée, quasi immédiatement après l'avis positif de l'EMA.

Les premières livraisons du vaccin de Moderna au sein de l'UE ont eu lieu cette semaine, tandis que le vaccin de BioNTech-Pfizer est déjà utilisé depuis plusieurs jours dans les campagnes de vaccination qui ont débuté dans les 27 États membres.

La Belgique attend, dans le cadre de l'accord européen d'achat anticipé (négocié par la Commission), plus de 7,5 millions de doses du vaccin AstraZeneca pour son propre territoire.

La Britannique AstraZeneca et l'Université d'Oxford ont développé un vaccin fonctionnant différemment de ceux de BioNTech-Pfizer et Moderna. Ces derniers utilisent tous deux la technique de l'ARN messager. Celui d'AstraZeneca est un vaccin à adénovirus: le produit utilise un autre virus que le SARS-CoV-2, après l'avoir modifié pour qu'il comporte le gène responsable de la "couronne" du coronavirus (cette couronne est formée par une protéine spécifique, la "protéine S" ou "spike protein"). L'adénovirus utilisé comme vecteur ne se reproduit pas dans l'organisme. Il s'agit donc de ce qu'on appelle un vaccin à vecteur viral non répliquant.

Le Royaume-Uni a temporairement autorisé des livraisons de ce produit sur son territoire dans le cadre de mesures d'urgence.

Contrairement aux vaccins à ARN messager de BioNTech-Pfizer et Moderna, le produit d'AstraZeneca-Oxford ne nécessite pas d'être conservé à très basses températures. Les températures d'un frigo normal sont suffisantes pour le stocker. Comme les deux précédents, il doit être administré en deux injections, espacées de plusieurs semaines.