La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 1.160.768 morts dans le monde depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles mardi à 11H00 GMT.

Colère en Italie

La colère gronde en Italie, où une nouvelle vague de restrictions anti-pandémie se heurte à l'exaspération d'une partie de la population.

Une nouvelle salve de mesures destinées à freiner une épidémie qui apparaît hors de contrôle dans certaines parties du vieux continent a été mal accueillie en particulier en Italie, pays laissé meurtri par la crise sanitaire au printemps.

Des milliers de personnes ont manifesté lundi soir dans plusieurs villes du pays contre la fermeture des restaurants et des bars à partir de 18 heures et de tous les théâtres, cinémas et salles de sport pendant un mois.

Des incidents violents se sont notamment produits à Milan et Turin, les deux grandes villes du nord du pays, où la police anti-émeute a été déployée et a riposté à coups de tirs de lacrymogènes.

Des tramways ont été vandalisés, des poubelles incendiées, des deux-roues renversés et quelques vitrines caillassées, selon les images diffusées en direct par des médias italiens.

Le Premier ministre Giuseppe Conte doit présenter mardi des mesures de soutien aux secteurs d'activité et professions les plus touchés par les mesures de restriction.

Mais certains n'y croient plus: dans la petite ville portuaire de Pesaro, non loin de San Marin (est), la police est intervenue dans un restaurant dont le propriétaire avait convié 90 personnes à dîner pour exprimer son refus de fermer à 18h. "Vous pouvez m'arrêter, je ne fermerai plus", a-t-il lancé.


Inquiétudes en France

La France se penche mardi et mercredi sur un possible durcissement des mesures sanitaires, voire à un reconfinement, face à une deuxième vague qualifiée de "brutale".

Le président Emmanuel Macron réunit mardi un Conseil de défense consacré au Covid-19, puis son Premier ministre Jean Castex reçoit les forces politiques et les organisations patronales et syndicales, avant un deuxième conseil de défense également consacré à l'épidémie.

"La deuxième vague va probablement être plus forte que la première" et "beaucoup de nos concitoyens n'ont pas encore pris conscience de ce qui nous attend", a mis en garde lundi Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique qui guide le gouvernement.

"Nous sommes nous-mêmes surpris par la brutalité de ce qui est en train de se passer depuis 10 jours".

"On savait qu'une deuxième vague arriverait. Elle est là. On s'y prépare doucement depuis début septembre. Nous y sommes. Prêts mais déjà usés", a déclaré à l'AFP un anesthésiste-réanimateur de la région parisienne sous couvert d'anonymat.

"On ne pense plus à l'après-Covid, mais on se demande comment nous allons intégrer cela dans notre quotidien. On se demande, parfois, si on a toujours le courage d'être médecin pour affronter cela", fait-il valoir.

Du durcissement ailleurs en Europe

Les autres pays européens sont sur la même trajectoire comme la République tchèque, qui va imposer à partir de mercredi un couvre-feu de 21H00 à 04H59, jusqu'au 3 novembre.

"Nous n'assistons pas à la baisse que nous espérions ces derniers jours", a déclaré le ministre de la Santé Roman Prymula à la presse, ajoutant que les récentes restrictions avaient eu "un effet négligeable".

Même tendance en Espagne, où la Catalogne a indiqué lundi réfléchir à un éventuel confinement de la population à domicile le week-end. D'autres régions espagnoles ont également durci les restrictions suite à la proclamation dimanche pour 15 jours de l'état d'urgence sanitaire.

Le gouvernement de Pedro Sanchez a en revanche écarté pour le moment un confinement à domicile comme au printemps.

Record de contaminations en Pologne, avec plus de 16.000 cas détectés en un jour

La Pologne a enregistré plus de 16.000 nouvelles contaminations au coronavirus en un jour mardi, ont indiqué les autorités sanitaires. Il s'agit d'un record, qui dépasse de près de 3.000 unités le précédent, datant de février. Le pays a détecté 16.300 infections en 24 heures, a précisé le ministère de la Santé.

La capitale Varsovie concentre la plus large proportion de cas, avec 3.529 nouvelles contaminations.

En 24 heures, 132 patients ont également perdu la vie des suites du Covid-19. Depuis le début de la pandémie, 4.615 personnes sont mortes en Pologne à cause du coronavirus.

Depuis samedi, les restaurants et bars du pays ont fermé leurs portes. Les rassemblements de plus de cinq personnes sont également interdits.

La Russie renforce les restrictions face à l'aggravation de la pandémie

Les autorités russes ont annoncé mardi un renforcement des restrictions liées au coronavirus, avec l'obligation de porter un masque dans les lieux publics et des recommandations visant à limiter la vie nocturne, sur fond d'aggravation de la pandémie. Selon un document publié par l'autorité sanitaire russe Rospotrebnadzor, les Russes devront désormais porter un masque "dans les endroits bondés, les transports publics, les taxis, les parkings et les ascenseurs".

Il est également recommandé qu'entre 23h00 et 06h00 du matin, les événements publics soient interdits et les lieux de restauration fermés. Sur Instagram, Rospotrebnadzor a précisé que l'application de ces recommandations relèvera des autorités régionales.


Ces nouvelles mesures, qui entreront en vigueur dès mercredi, interviennent alors que la Russie connaît, comme d'autres pays dans le monde, une forte hausse des nouveaux cas d'infection quotidiens au Covid-19.

Et en Amérique?

Les mesures restrictives ont aussi été prolongées au Québec, province canadienne la plus touchée par l'épidémie avec plus de 100.000 cas et de 6.150 morts (pour 217.000 cas et environ 10.000 morts au niveau fédéral).

Les Etats-Unis, pays le plus touché au monde, déplorent à présent 225.689 décès, et le Brésil 157.397.

En déplacement dans l'Etat-clé de Pennsylvanie, le président américain Donald Trump, sur la défensive, a dû jurer lundi qu'il "n'avait pas" capitulé face au virus, après des propos ambigus d'un de ses proches. "Nous sommes définitivement en train de tourner la page", a-t-il encore assuré.

La veille, des déclarations du chef de cabinet de la Maison Blanche avaient renforcé le sentiment d'une administration impuissante, voire dépassée par la situation. "Nous n'allons pas contrôler la pandémie, nous allons contrôler le fait qu'on puisse avoir des vaccins", avait déclaré Mark Meadows sur CNN.

"Nous avons faim"

Au Nigeria, des centaines d'habitants de la capitale Abuja ont pris part au pillage d'un entrepôt de nourriture destinée aux ménages pauvres affectés par la crise sanitaire.

"Nous avons faim, vous devez comprendre", a raconté à l'AFP un des pillards, d'une voix désespérée. "Il y a plein de nourriture dans ce pays, mais ses habitants souffrent. Le gouvernement se fout de nous en laissant ces vivres dans des entrepôts".

Iran: plus de 33.000 décès et deux records enregistrés

Le nombre de décès dus au nouveau coronavirus enregistré en Iran a passé la barre des 33.000 tandis que les records de mortalité quotidienne et de nouvelles infections ont été battus, a indiqué mardi le ministère de la Santé. La République islamique a enregistré 346 décès supplémentaires au cours des dernières 24 heures, portant le bilan total à 33.299, a déclaré la porte-parole du ministère Sima Sadat Lari.

Le précédent record de mortalité (337 décès) avait été atteint la semaine dernière. L'Iran, pays le plus touché au Moyen-Orient, fait face depuis septembre à une recrudescence de la pandémie.

Selon Mme Lari, 6.968 nouveaux cas ont été détectés en 24 heures, soit presque 800 de plus que le dernier record enregistré il y a deux jours.

Depuis février, l'Iran a enregistré 581.824 cas sur son sol.

Deuxième journée sans aucun cas de coronavirus à Melbourne

Melbourne n'a enregistré mardi aucun nouveau cas de coronavirus, pour la deuxième journée consécutive, alors que la deuxième plus grande ville d'Australie s'apprête à mettre fin à trois mois de confinement.

Il s'agit de la première fois depuis début mars qu'aucun nouveau cas n'est confirmé en 48 heures dans cette ville de 5 millions d'habitants frappée cet été par une deuxième vague épidémique.

A partir de minuit, dans la nuit de mardi à mercredi, les habitants pourront à nouveau se rendre chez d'autres personnes, dans un rayon de 25 kilomètres autour de chez eux, a annoncé mardi le Premier ministre de l'Etat Daniel Andrews.

Les restaurants, salons de beauté et commerces pourront de nouveau accueillir des clients mais les salles de gym devront attendre le 8 novembre pour pouvoir rouvrir.

C'est également à cette date que les habitants pourront se déplacer au-delà de 25 kilomètres au sein de l'Etat de Victoria, dont Melbourne est la capitale.

Ces levées des restrictions font suite à des mois de mesures drastiques, notamment un couvre-feu nocturne, l'obligation pour les habitants de rester chez eux et la fermeture des commerces non essentiels.

Elles avaient été prises en juillet afin de contenir l'épidémie qui a atteint en août dans cet Etat plus de 700 cas quotidiens.