Les experts sont revenus sur les chiffres de ce lundi 27 avril.

Comme chaque jour, les dernières données relatives à l'évolution de l'épidémie de coronavirus ont été communiquées à 11 heures. Au cours de leur traditionnel point presse, le Centre national de crise et le SPF Santé publique nous ont appris le décès de 113 personnes dû au covid-19 ces dernières 24 heures. 127 Belges ont, quant à eux, dû être hospitalisés et 93 ont pu quitter l'hôpital. Steven Van Gucht, Benoît Ramacker et Yves Stevens seront rejoints dès ce mardi 28 avril par l'infectiologue Yves Van Laethem, remplaçant Emmanuel André comme porte-parole interfédéral. Les trois experts ont tenu à clarifier certains points concernant l'épidémie dans notre pays. 


Steven Van Gucht est d'abord revenu sur cinq principes de base qui sont essentiels et qui devront être respectés pour éviter une nouvelle propagation du virus. "Restez chez vous surtout si vous êtes malades, lavez-vous régulièrement les mains, gardez une distance suffisante d'un mètre et demi lorsque vous êtes à l'extérieur, limitez le plus possible vos contacts sociaux physiques et portez un masque buccal dans les transports en commun et les espaces publics", a expliqué le porte-parole interfédéral de la lutte contre le covid-19. 

Le virus n'est pas encore vaincu 

Le déconfinement va commencer dès le début du mois de mai en Belgique. "Si l'évolution de la pandémie reste favorable, la semaine prochaine, de nombreuses entreprises pourront relancer leurs activités, a détaillé Benoît Ramacker, porte-parole du Centre national de crise. Le télétravail restera cependant la norme." 


Toutefois, si les perspectives de déconfinement ont été largement évoquées ces derniers jours, il ne faut pas pour autant oublier les mesures actuelles. "Il est indispensable que cette semaine-ci nous continuions à suivre les règles qui restent d'application, a mis en garde Benoît Ramacker. N'allons pas trop vite. Rien n'est certain, rien n'est acquis. Le virus n'est pas encore définitivement vaincu et malheureusement, il pourrait toujours revenir de plus belle". 

Le nombre d'hospitalisations stagne, pourquoi ?

Le nombre d'hospitalisations quotidiennes a stagné la semaine dernière autour des 200 admissions par jour. Un indicateur qui inquiète les observateurs et qui pourrait avoir un impact sur le déconfinement. "Aujourd'hui, certes, c'était beaucoup moins mais il s'agit des chiffres d'un dimanche, donc il faudra voir si ça continue comme ça", a estimé Steven Van Gucht. "J'espère quand même que les chiffres vont diminuer dans les jours à venir. 

Steven Van Gucht a quoi qu'il en soit une explication probable à cette stagnation. "Il faut faire une distinction entre deux épidémies ou du moins, deux dynamiques qui se font en parallèle: il y a ce qui se passe en général et ce qui se passe dans les maisons de repos. On pense que ce qu'on voit dans les chiffres est une augmentation des hospitalisations au niveau des personnes âgées. Cela reflète probablement la situation dans les maisons de repos." 

Plusieurs indicateurs pour évaluer l'évolution de la propagation du virus

Le nombre d'hospitalisations par jour est scruté à la loupe par les autorités mais ce n'est pas le seul indicateur qui intéresse les experts. "Notre indicateur le plus important, c'est l'occupation dans le service des soins intensifs, a admis Steven Van Gucht. C'est quelque chose qu'on suit de très près. C'est très important que, dans un futur proche, le fonctionnement des soins intensifs puisse retrouver un modus operandi normal pour garantir que les autres départements des hôpitaux puissent revenir à la normale également". Toutefois, l'indicateur des soins intensifs est un indicateur sur le long terme. Selon le porte-parole interfédéral, les experts ont également besoin d'indicateurs sur le court terme. "Parmi ceux-ci, il y a notamment les consultations chez les généralistes pour des symptômes grippaux, le nombre total de cas confirmés dans la population et l'absentéisme à cause de maladie", a conclu Steven Van Gucht.