"Ceci pourrait être le début d'une troisième vague", a estimé Alexander De Croo, ce vendredi à l'entame de la conférence de presse du Comité de concertation. Mais, selon le Premier ministre, ce scénario peut encore être évité. C'est pourquoi il a demandé aux Belges de ne pas relâcher leurs efforts et de redoubler de vigilance, y compris durant les fêtes de fin d'année. Des propos auxquels ont fait écho de nombreux experts, soulignant à quel point la situation était encore compliquée dans les hôpitaux où de nombreux lits sont toujours occupés par des patients Covid, vestiges d'une seconde vague qui a mené à un nombre d'hospitalisations plus important que lors du pic du mois d'avril. Cet engorgement des établissements de soin de santé a des conséquences que les spécialistes observent au quotidien. " Dans un certain nombre de départements, on le remarque de façon assez spectaculaire, a détaillé Marc Noppen, CEO de l'UZ Brussel lors du débat organisé à l'initiative de Medische Wereld, en collaboration avec la VUB, Ethias et l'UZ Brussel. Des collègues me racontent qu’ils ont dû procéder à des amputations qu’ils n’avaient pas vues depuis 20 ans en raison du report des soins et des opérations."

Il a également donné l'exemple des cancers dont la détection plus tardive peut s'avérer catastrophique pour les patients. "Certaines personnes ont le malheur de voir les retards s'accumuler, nous allons devoir y remédier", a-t-il estimé. 


"Nous sommes inquiets"

Si M. Noppen a salué la décision des autorités de ne pas assouplir les règles, il s'est toutefois dit surpris que le Comité de concertation n'ait pas procédé à un durcissement des mesures Covid-19. " Nous sommes inquiets", a-t-il insisté. Une préoccupation que partage Margot Cloet, directrice générale de la coupole néerlandophone Zorgnet-Icuro: " J'avais espéré qu'un certain nombre de mesures soient renforcées temporairement, car nous avons pu voir pendant l'été qu'elles fonctionnent à court terme. Tout le secteur des soins de santé est un peu perplexe. Nous ne comprenons pas pourquoi certaines choses n'ont pas été actées. L'accent a été mis sur le respect des règles actuelles, mais il aurait été possible de prendre de petites mesures telles qu'un couvre-feu plus strict comme celui actuellement en vigueur à Bruxelles (la Flandre a refusé d'adapter son couvre-feu qui court actuellement de minuit à 5 heures du matin, ndlr.)."

Marc Van Ranst a également fait part de son incompréhension, à l'issue du Comité de concertation de ce vendredi, quant au maintien du couvre-feu moins strict en Flandre. "C'est une occasion manquée", a-t-il affirmé sur le plateau de VTM.