Une petite lueur d’espoir ? Dimanche, 290 personnes supplémentaires ont été admises à l’hôpital pour une infection au coronavirus, ce qui porte le total à 1643 patients hospitalisés à travers le pays. Trente-deux personnes de plus ont été hospitalisées en soins intensifs. La veille, 335 personnes étaient rentrées à l’hôpital et 59 s’étaient retrouvées en soins intensifs. Vingt-quatre heures auparavant, les chiffres respectifs étaient de 299 et 74.

Treize personnes ont en outre perdu la vie, portant le total à 88 décès en Belgique depuis le début de la crise. Sur ces 88 décès, la très grande majorité a plus de 65 ans, mais quatre étaient âgées entre 45 et 64 ans, et une avait moins de 44 ans. "Le taux de mortalité est plus élevé chez les plus âgés et les plus fragiles. Mais des patients plus jeunes peuvent être infectés et développer des formes sévères de la maladie. C’est une maladie qui touche tout le monde", a à nouveau averti le Dr André, porte-parole interfédéral.

"Un bon signe pour le reste de la semaine"

Du côté des cas, les autorités sanitaires ont dénombré 342 nouvelles contaminations au coronavirus, contre une hausse de 586 la veille. En tout, la Belgique compte 3743 cas confirmés. "Une sous-estimation du nombre total de cas en Belgique, puisque nous testons les patients les plus malades. Un grand nombre de personnes infectées n’ont pas de test diagnostic", a rappelé Emmanuel André, précisant qu’une mobilisation est en cours pour élargir les capacités de test (lire pages 6-7). Selon une nouvelle étude internationale, la Belgique ne détecte que de 8,8 à 17 % du total des cas réels de Covid-19.

Néanmoins, dans les chiffres, "on voit pour la première fois une évolution qui va dans le bon sens en ce qui concerne le nombre de personnes sévèrement malades, mais nous n’avons pas assez de recul pour confirmer que c’est une tendance qui va se consolider", indique-t-il. "C’est la première fois depuis le début de l’épidémie que l’on voit une baisse - très légère - dans certains chiffres : le nombre de cas confirmés (un fléchissement de la courbe en fait, puisqu’il y a un recul des nouvelles contaminations, NdlR) et le nombre de nouvelles hospitalisations, complète son collègue Steven Van Gucht. C’est encourageant pour le reste de la semaine, mais il faut être très prudent : on ignore si cette tendance va tenir les jours suivants. Les semaines prochaines vont être sûrement difficiles, certainement pour notre personnel hospitalier qui est exposé au virus et peut tomber malade. On n’est pas sorti de la zone de danger."

Les chiffres sont une bonne nouvelle, a réagi de son côté l’épidémiologiste Marius Gilbert (ULB), "le nombre de nouvelles hospitalisations décroît, et le nombre de nouveaux patients en soins intensifs diminue pour le deuxième jour consécutif. Nous entrons dans la période où l’effet des mesures est attendu. On y croit et on ne relâche rien".

À ce jour, "nous ne pouvons pas relâcher nos efforts, pour plusieurs raisons, confirme le Dr André. La première, c’est que si nous relâchons les efforts de ces derniers jours, nous allons créer une deuxième vague très importante (de contaminations). La deuxième, c’est que le personnel soignant actif pour le moment a été particulièrement exposé et certains sont actuellement malades. Donc, il faut maintenir l’effort que chacun fait."

Manque de matériel

Actuellement, selon les chiffres des autorités sanitaires, il y a dans les hôpitaux 943 lits en soins intensifs avec respirateurs pour les patients Covid-19, dont 322 sont déjà occupés par des malades touchés par le virus ; 621 sont donc libres. "Mais la capacité peut encore augmenter, souligne le virologue Steven Van Gucht. On a une capacité totale (créée) de plus de 2 800 lits, avec tous les moyens à notre disposition. Et il n’y a pas de pénurie dans les respirateurs actuellement. En revanche, le gros manque, c’est dans le matériel de protection pour les médecins et certains produits jetables pour traiter les patients."

Outre les masques, la fédération Santhea fait en effet part d’une pénurie de surblouses, de salopettes ou combinaisons intégrales, de lunettes de protection, de bonnets ou charlottes, de tabliers stériles, de solutions hydroalcooliques ou encore de désinfectants de sol et de surface. "L’arrivée de masques annoncée par les autorités constitue une bouffée d’oxygène, mais ça ne met pas fin aux problèmes de stocks. Les besoins concernant d’autres types de matériel doivent aussi être anticipés", avertit la coupole des établissements de soins, qui ajoute que beaucoup d’hôpitaux lui signalent aussi un besoin de respirateurs soins intensifs et anesthésie.